LE 19 MAY
Ce sont les dates de réparations plus récentes. Elles sont dues à Simon-Pierre de Lacorée, successeur, en 1730, de Léon de Beaumont. Ce prélat, qui avait été abbé de Masdion et vicaire-général de Saintes, mourut d'apoplexie à son château du Douhet, le 12 septembre 1763, et fut inhumé dans le sanctuaire de sa cathédrale, achevée, mais hélas ! avec quel goût I Enfin le millésime inscrit au-dessus du maitre-autel : 1843, rappelle les réparations, les embellissements que doit l'église, souillée par les excès révolutionnaires, à M. Reveillaud , curé de Saint- Pierre. C'est lui qui fit placer dans le sanctuaire, pour supporter l'élégant baldaquin que nous y voyons, ces magnifiques colonnes de marbre provenant de l'église abbatiale de Sainte-Marie, qui servaient sur la place de bornes où les marchands venaient attacher et chevaux et charrettes.
Dans la première chapelle latérale de droite sont deux consoles fort endommagées. Des anges semblent les orner, tenant en mains des banderoUes où l'on distingue quelques lettres. C'est un beau spécimen de lettres gothiques fleuries, le seul que nous ayons rencontré en Saintonge avec celui de Saint-Jean-d'Angély.
La chapelle devait être celle de la Visitation ou de rAnnonciation de la sainte Vierge. Est-ce dans une allusion à la patronne qu'il faudrait chercher l'interprétation
de ces syllabes? J'y verrais plus volontiers un fragment de devise ou cri de guerre : car le personnage id repré* sente tient un écusson , reproduit dans l'église de Cher* mignac, où figure une fasce accompagnée de trois fers à cheval posés deux et un. Le nom du propriétaire de ce blason nous révélerait peut-être le sens de ces lettres.
Cette même chapelle, devenue aujourd'hui magasin de chaises, donnait accès, par une porte maintenant murée, dans les cloîtres , dont une partie devint l'église paroissiale, quand les chanoines, chassés de leur église ruinée, y célébrèrent les offices. Cette porte s'appelait Pax œtema. En effet, sur le cintre, on avait gravé, en saillie, des lettres gothiques reproduisant l'antienne :
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Cette porte, ornée de dessins et de figurines, fiat mutilée par les huguenots. Il y a quelques années, un bâtiment adossé à l'église masqua les dernières lettres de l'antienne échappées aux ravages des protestants.
On peut voir encore, sur le mur extérieur, au-dessous d'un cadran solaire, ce vers qui a le tort d'être faux d'abord, et ensuite d'être peu intelligible :
UmjfOT^ cnncia $ux$ visIImUs bisctfi wt\$
Vous qui veneif visiter ee monummi , ou mieux peut-être : fous qui venez chercher l'heure , apprenez que chaque chose a son temps.
XUX
J'ai dit que dans cette chapelle de la Visitation on voit, en outre, le blason des Rochechouart. C'est, avec leur souvenir, tout ce qui reste d'eux dans la cathédrale qu'ils ont bâtie. Ils avaient une chapelle magnifique dont on aperçoit quelques débris élégants à la porte qui s'ou-
vre sur la place Saint-Pièrre. Mais les cinq membres de cette famille qni appartinrent , en ce temp»-A , à Téglise gantone, trois comme évéques, deux comme archidiacres, n'eurent pas tous là leur sépulture , conmie le dit Briant, II, 196. Deux, Guy et Louis, furent enterrés dans l'église des cordeliers de Poitiers , ainsi que le constate cette inscription extraite de dom Fonteneau par M. de Longuemar, qui la reproduit, page 318 de son Epigrmpkie poUmn$. L'original, qui date de 1620, a disparu; je n*ai pas besoin de le dire.