‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 40 sur 96 · LAQUELLE MOURUT LE 16* JOUR DE NOVEMBRE A MINUIT ET · texte numérisé non relu

LAQUELLE MOURUT LE 16* JOUR DE NOVEMBRE A MINUIT ET

QUE l'on DISAIT MDLvm. > Ou a douc en prose et en langage vulgaire : Sous le régne de Louis^ roi très puissant^ et grâce à lui, moi, pilier, j'ai été tout entier refait sous tadmnistration de Jean Grani, prieur de cette église, lorsque l'on comptait Fan 1477 accompli et achevé, au mois d'avril, je fus terminé dans la forme où vous me voyez id, » La date est ainsi précise : avril 1478; car alors l'année commençait à Pâques.

D'autres travaux furent exécutés à Saint-Eutrope. En 1602, le prieur Pierre Potentier de la Place (1576-1611) reconstruisit sur un plan plus vaste le chevet de son église, fort endommagé pendant les guerres de religion. Un écusson à la clef de voûte du chœur, et que je crois être celui des Guinot de Monconseil , d'azur à trois pals d'argent, au pied fiché et alésé, au chef d'azur soutenu d'ar-gent, chargé de trois étoiles aussi d'argent, pro^uverait qu'un membre de cette ancienne et riche famille saintongeaise, éteinte aujourd'hui, a contribué de ses libéralités à cette

MOOBitraetionL Plas tardi «i 1808, M. Goillamardet, pré* fet do la Gharente-Iafôrieure (1801-1806), pour ne pas réparer un des piliers» un seul, qui menaçait ruine, fit détruire toute la nef de Fégliae qui s'étendait jusqu'à l'extrémité de la place, (te ferma la chœur par un mur ouvert de trois portes^ avec une ornementation qui, dit M. Ckarles Des Moulins, — ouvrage cité, page 341, — € peut être considéré comme le bilan de l'ignorance et de l'impuiasanoe en matière de constructions religieuses^ » Sur l'emplacement, on planta des arbres; « ils voilent la façade de 1839; c'est une manière de feuille de vigne. • Un escalier qui se trouvait dans cette partie de l'édifloe, qui ne servait plus que d'espèce de porclte grandiose, et donnait accès dans la crypte, église paroissiale, fut anéanti, et l'on ouvrit une ignoble porte sous le clocher, à l'extrémité nord du transept.

Quelques lignes^ tracées en noir à la coupole octogone de la première travée de la grande nef, marquent les derniers travaux , je n'ose écrire reffauraiidttf , comme l'écrit pompeusemwt ria6cr4)tion ;

£€CÏMIA 9i EVTKÔPf

BEMDmCATA ÂMO DOUBUl

KDGGGXXXI

LA. I** BRIQUB DE GBITB

VOUTB A STB POSEE PAR

M. ANnUÉ GJBÈ DE S'

EUinOPB LE H"* MAI 183k

<3ua Dieu fasse paix à l'auteur des nmtilations dont l'église haute de SainfrEutrope portera irop longtemps «nooro la marque 1 fiofin, en 1843, la crypte construite en 1096, dit^n communément, et qui doit être de beaucoup satérieure, fut entièrement restaurée sous la direction de M. Lacurie. Depuis cette époque, on a entrepris

de rétablir Tescalier primitif qui y doBStit accès, projet qui , prés d'être achevé, a été complètemeot abandonné.

un

L'église » remarquable de Ghadenae, canton de Pon^ nons offire une inscription probablement tumul^Wt encore plus difficile à lire que celles de Saintr>Butrope, Ls pierre est bien usée j il y a des «bré^iatioqa. Ifis lettres sont romanes et appartienncoit au w* siéc)^»

QVILLELMVS ! DICTVS î

lA.. VE MI : CL : VS 5

SERV : NON l FI...

La première ligne est facile; le i" mot de la seconde a l'air d'être un nom propre au génitif; je lis ensuite CLXRicvs, et laisse à de plus savant, le soin de déchiffrer le reste sur le mur extérieur de l'église, puis de compreudre le tout.

Ces mots lus à Ghadenac me fournissent l'ooeaaîoQ d'ajouter quelques lettres à Tinscription de la borne milliaire qui s'y trouve près de l'église, et dont j'ai donné la gravure à la page 4 de cet ouvrage. Voici tout ce qu'avec le plus grand soin on y peut voir :

m CD

DIPERATORXI

GOS m DL IGN

Puisque j'en suis aux rectifications, j'ajoute que, page 73, il faut lire que le nom bvtropivs est gravé en caractère de iO centimètres, et non /. Je ne cite que les coquilles les plus graves. Et cet erratum aura sans doute besoin d'un supplément. Qu'il soit le moins considérable possible I

N'oublions pas une pierre lombale, probablement du xn* siècle, qui sert de linteau à une très belle porte ornée de l'église de Talmont-sur-Gironde.

IT : CORPVS : VENERABIUS : IST

Ces quelques lettres, ict repose le corps de vénérabU..,, est tout ce qui reste de cette inscription. La pierre a été mutilée , afin de gâter cette intéressante porte de la très intéressante église de Talmont.

La cloche datait de 1433. On Ta refaite en 1640, comme l'indiquent ces lignes :

ANNO DNI 1433 AB HING FRAGTA ET RESTITVTA GÂBRIELA SVM DIGATA SACRARIO SANCTAE ïlADEGVNDIS TALAJONENSIS

1640 BOVAN (m'a) fectb.

C'est-à-dire : L'an du Seigneur 1433, j'ai été brisée puis refondue. Sous le nom de Gabrielle, j'ai été bénite pour l'église de Sainte-Radégonde-de-Talmont.

Talmont est une des rares églises dédiées à la sainte si populaire en Poitou. Hélas 1 la mer la mine chaque jour; elle fouille le rocher qui la porte. Saluons-la. Qui sait combien elle doit encore durer !

XVr SIÈCLE

LA Sagesse de ce monde est de govngnoistre

DIEV

Par cette maxime inscrite, avec quelques autres que le badigeon dérobe complètement, sur une maison de Taillebourg, on peut commencer la série du xvi* siècle.

Ce siècle est essentiellement sentencieux. La Bible fournit beaucoup. On mêle, du reste, le profane au sacré. Le grec y coudoie le français; le latin y rencontre Tespagnot; l'hébreu même s'y trouve.

Le plus souvent, difficiles à classer chronologiquement sont ces phrases générales qui ne portent avec elles qu'une date approximative. Nous ne nous tromperons cependant guère en attribuant les suivantes au milieu du xvr siècle, d'après le fond et aussi un peu la forme.

Dans la commune de Goivert, à 16 kilomètres de Saint- Jean, canton de Loulay, au village de la Roche, sur le portail d'une maison appartenant à M. Boileau, on lit en capitales grecques :

TQ GEfi MONfi AOSA

Cest une pieuse invocation tirée de la première épttre de Saint-Paul à Timothée, chapitre I, verset 17 : Sou Deo honor et GLORIA. À Dieu êeul honneur et gloire»

Précisément cette traduction latine du grec se trouve en la commune de Mosnac, canton de Saint-Genis, audessus du portail de U oow du Petit-Logis , manoir qui appartenait autrefois à une famille Garraud :

SOLIDEO

HONOR BT GLORIA

Au-dessus de la porte d'entrée, le propriétaire qui a fait construire la maison sans doute, a gravé cette parole du vieillard Siméon : MuùUenatU voue pouvez Urieeer utter votre eerviêfur en jmûp, Se^fnemr^ eelom voire promee^e*

NVNG DIMrmS SERWM

TWM DOMINE

SBCVNDVM VERS VM TWM IN PAGE

Ce verset 29 de saint Luc, chapitre n, est surmonté d'une Sainte Famille en voyage. Ce propriétaire ainsi résigné ne ressemble pas à celui de La Fontaine :

Soofffes qal mon logif j'^oate encore vne ailo.

AMwKlly, tO kilomètres de La Kochelle, AwMtf P«fn i« Mareiteto, la même idée, cette fois avec la date de 1566, •e voit sur «ne porte d'une architeotare étégante :

eoup^o

IH

Dans le même bourg, la maison Gherbonneau, dit M. L. de RichemoBi, la IMieHoei me enoirofu, page 327,

porte dans des cartouches au-dessus des fenêtres, dans la cour et à l'intérieur, plusieurs versets de l'évangile. D'abord celui-ci tiré de l'Apocalypse, ch. II, f. 10.

ESTO . FIDELIS • VSQVE • AD • MORTEM • ET •• DABO • "n BI • CORONAM • VITAE • APOG •

Sm fidèle jusqu'à la tnort, H je te donnerai la couronne de vie» — Apoealypee.

Puis les versets 8 et 9, ch. II, de l'épltre de saint Paul aux Ephésiens, avec une faute, salevati pour ealvati, et une abréviation p pour per.

Page 1