‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 44 sur 96 · NE NEGLIGE VS PASSANT DE ME DIRE VN AVE · texte numérisé non relu

NE NEGLIGE VS PASSANT DE ME DIRE VN AVE

On trouve assez fréquemment ces pieuses invocations. Au village de la Bergerie, sur la route de Saint-Genis à Mirambeau, à 4 kilomètres de Plassac, une porte montre le monogramme du Christ et de la Vierge : i^ m qu'on peut encore, à Ghaunac, écrit jadis Chaumay et Chômai,, aujourd'hui annexe de Léoville, canton de Jonzac, voir sur la cloche avec une croix artistement ouvragée, de 22 centimètres de hauteur :

. La croix du cimetière a le millésime de 1694.

La cloche de l'église de Pouillac, canton de Montieu, porte comme celle de Saint-Sulpice-de-Ghaunac, la date de 1546 et les mêmes sigles :

ik» m ian m v^ xivi ii gtoU»v ti$nB m» mi0 i^0t SiftUt ^»w» H fcti» a

k îûnitnvtv î

Jisui. Marie. Van 4 546 y H. Grokau céans m'a rnUpaur ap~ pder grandi et petiit à Saini^Hilairê de PouiUae. A. BouhyeTf euri. H. Fonieneau, fabriqùeur. Ne seraient-ce pas des vers?

1 546 est aussi la date qu'on lit en belles gothiques fleuries sur la fontaine du Pilori à Saint-Jean-d'Ângély :

lE PVS EDIFIE ET ASSIZ LAN M VG XLVI

vm

A Tonnay-Boutonne, ce chef-lieu de canton de l'orroxidissement de SaintJean-d'Angély, qui montre encore une des trois portes de Tille, très belle et bien restaurée, mais dont le château-fort a complètement disparu, la cloche, du xvi^ siècle, à peu près indéchiffrs^lé, laisse cependant encore voir le nom de Marie :

mil tïtuf xxxï ^ïtii mmttM $tu mutïiVn

4B9t. — Marie répondit : Toiei la servante du Seigneur.

Un blason montre quelque chose comme trois merlettes posées 2 et 1 ; il est aussi indéchiffrable que le reste des lettres.

On voit très bien, près de Breuillet, au logis de la Simondière, les lettres suivantes :

âOMB

Mais il n'est pas aussi facile d'en indiquer le sens. La seconde lettre, après l'A, est un traversé par une barre verticale. Si l'on avait voulu mettre un â I car, en ce siècle, le grec n'est pas rare. On en voit notamment un exemple à 1 kilomètre 1/2 de Jonzac, au Fossé, chez M. Morandière, juge d'instruction à Jonzac, dans un mur du jardin :

XPISTOZ EKOI TO ZHN KAl

TO AnoSANsm

KEPAOZ

C'est le verset 21, ch. I, de l'épitre de saint Paul aux Philippiens, que saint Jérôme a traduit : mihi vivehb CHRISTUS EST. Dom Galmet commente de cette façon : « Jésus-Christ est le maître de ma vie; je l'emploie toute à son service; ei la mort m* est un gain. Ainsi, il m'est avantageux de vivre, et il m'est avantageux de mourir. » Audessus de ces quatre lignes grecques est un chiffre où l'on voit un n, un c, un V entrelacés, et au bas un fi.

M. Emon, ancien membre de l'Université et auteur d'une Histoire du collège Louis-U'Grand, mort à Jonzac en 1855, avait, dit M. Rainguet, entre autres objets rares et curieux, un bénitier de cuivre doré avec cette inscription qui présente le même sens lue à droite ou à gauche :

Nl70NANOMinCATAMHMONONOVlN

et en séparant les mots :

NI70N ANOMHMATÂ BIH MONON OTIN

Lave ks piehés, non pas seulement le visage,

conseil adressé à celui qui prend seulement de l'eau bénite pour s'en inonder la face, et qui ne songe pas à purifier son âme. L'idée, fort chrétienne du reste, ressemble à la réponse faite par saint Jean à Jésus : non

TÂNTUM PEDES, SED ET MÂNUS ET CÂPUT, XIII, 9; Non-

seulement les pieds j mais aussi les mains et la tête.

Cette inscription bicéphale se lisait à Gonstantinople, dans l'église de Sainte-Sophie sur des urnes de marbre où , entrant , les chrétiens se lavaient le visage , au moins les yeux, « pour montrer, ditMoréri» qu'ils devaient être purifiés pour se présenter devant la majesté de Dieu : Nettoyé tes péchés, et non ta seule vue. »

Sur l'ancienne fontaine qui décorait la place d'Armes, à La Rochelle, se lisait encore ce vers rétrogade :

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