‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 51 sur 96 · RE MOINE DE FLEAG · texte numérisé non relu

RE MOINE DE FLEAG

Ent^e les deux lignes sont tracés le bœuf et l'étoile, puis ce millésime, 17 — 62, séparé par l'épaisseur de la tète. A cette époque, la branche de l'Espineuil n'existait , plus. François Moyne, maire en 1649, lieutenant criminel en 1681, le dernier, perdit son fils unique qui se noya. La branche de Fléac subsista seule. On la trouve représentée, en 1789, à l'Assemblée pour les Etats-Généraux.

(1) n devint tellement répandu qoe, soni Henri m, le collier s'appelait U coOkr à lovtei 5^ , an rapport de TEstoile. Anisi Montaigne qni, après l'avoir longtemps désiré, Tairait enfin obtenu de Charles IX, alors qne la profusion des distributions Ini avait dté tont son prix, disait-il : « Je ne saurais trop admirer la profonde bonté de la Providence qni, voulant déférer à mes vœux et ne pouvant élever mon mérite k la hauteur de cet ordre illustre. Ta abaissé jusqu'à mon niveau, i» Plaisanterie qni a été renouvelée ; car, en 1881, le musicien Mendelsonh écrivait de Paris en Allemagne : « La Chambre va discuter prochainement la proposition suivante : Tous les Français du sexe masculin ont, dès la naissance, le droit de porter Tordre de la Légion d'honneur, et il n'y aura qne les services signalés qui pourront ftire obtenir la permission de se montrer en public sans cette décoration. »

Le premier Moyne que nous connaissions à Téchevinage est « honorable homme et sage maistre Naudin Moyne » (1412); puis Oddet Moyne (1489), à l'époque où deux jurés étaient à la tête du corps de ville. En 1538 pour « mayre et cappithaine de la ville et cité > on a maître Henry Moyne, sieur de l'Espineuil, qui fut probablement élu successivement par les échevins jusqu'à Charles Fameux, sieur de la Glochetterie, nommé en 1548. Moyne fit reconstruire les portes du pont. Outre sa qualité de maire, il était encore conseiller au siège de la sénéchaussée, juge bailli de monseigneur Tévêque et de SaintrEutrope. En 1554 et 1555 c'est « noble et sage maistre Arnaud Moyne, seigneur des Gonds; > en 1570, « Monseigneur Henry Moyne, seigneur de TEspineuil» conseiller du roy, lieutenant-général criminel de la sénéchaussée de Saintonge, et siège présidial de Saintes, » de 1577 à 1598, fils probablement du précédent seigneur de l'Espineuil. Il lutta énergiquement contre les gouverneurs de la cité qui voulaient empiéter sur l'autorité de l'échevinage, et sut, par sa fermeté, faire respecter les privilèges, ft'anchises et immunités de la cité.

Les Moyne continuent à occuper de temps en temps la première magistrature de la cité. En 1626, Jehan Moyne, seigneur de Fontauzanne; 1635 et 1636, André Moyne, conseiller du roi au siège présidial; en 1649, François Moyne, seigneur de l'Espineuil, fils d'Henry Moyne, disent les registres, qui eut comme lui la charge de lieutenant-général, 1654-1681. Jl épousa, le 25 juillet 1650, Anne Aymar, d'une ancienne famille, qui avait aussi fourni à la ville des officiers municipaux très recommandables, notamment des maires : en 1573, Jehan Aymar, écuyer, seigneur de Matha; en 1600, 1610, 1611, Jacques Aymar, écuyer, seigneur de Matha ; en 1629, Jean Aymar, conseiller, garde des sceaux au présidial. De 1696 à 1702, nous avons encore pour lieutenant criminel Jean Moyne, seigneur de l'Espineuil, de Ghampclou et de Bruignac.

On voit — et nous oublions, comme échevins, Jehan

Moyne et André Moyne, sieur des Gouthiers, en 1565, — on voit qu'aucune famille n'a plus rendu de services à la ville de Saintes dans les difficiles et ingrates fonctions de maire. Le cordon de Saint-Michel qui fut accordé à un de ses membres était bien mérité. Il récompensait aussi l'aïeul et le père dans le fils. Nous avons pour les Pichon, autre illustre famille municipale, des lettres de noblesse accordées par Louis XIV, en septembre 1700, à Jacques Pichon, président d'honneur au siège présidial, et qui rappellent que, s'il a exercé 27 ans les fonctions de lieutenant général et président au siège de Saintes, il a eu un père, Jean Pichon, qui a été onze fois maire par élection, « son mérite personnel luy ayant attiré tous ces honneurs et avantages, et fait distinguer des autres habitants de ladite ville. »

Une autre famille municipale, les Tercinier, ne portait pas dans ses armes une tête de bœuf comme les Moyne, ou une guenon comme les Guenon des Mesnards, mais une araignée : D'argeru à Varaignie de «a6b, dit Y Armoriai de la généralilé de La Rochelle^ en 1668.

C'est un Tercinier, Jean Tercinier, marchand, qui obtient, pour 2,000 fr., l'adjudication au rabais des fêtes à faire pour l'entrée so lennelle de Louis XIII à Saintes, le 24 septembre 1620. A l'entrée du roi d'Espagne, Philippe V, le 23 décembre 1700, — Cf. nos Enlriet des rois à Saint e$, — on voit encore figurer un Tercinier parmi les échevins.

Les Guinanson^ dont la cloche de Saint-Christophe-de- Villexavier-des-Bois-d' Allas nous donne le nom, avaient : D'azur à trois renards effarés d'argetUf armés et lampassés de gueules. Guinanson ou Guignanson, autrefois fief de la paroisse d'Âgudelle, est aujourd'hui une simple habitation champêtre. On cite : Jean de Guinanson, écuyer, sieur de la Brousse, en 1553, probablement époux de Marie de Rabaine ; François, marié à Isabeau du Seudre ; Pierre , qui eut pour femmes Françoise Mestayer et Isabeau Morel ; Jean et Pierre, ses fils du premier lit ; Guinanson de Boisgaillard, en 1666; Angélique de Guinanson qui, en 1699, veuve de messire de Bonnaudin, lit un legs aux Carmes de Jonzac et de Gonsac. Ajoutons L. (Louis?) de Guinanson, en 1525, indiqué par la cloche de Villexavier.

mil v^ XXV ij^ttxtitt tichU kcmmt i ^^ guinanson ntamne i td>ovtga¥t f piton i

Cette cloche, qui pèse 300 kilogrammes, a échappé, avec sa sœur, celle que possède maintenant Saint-Simonde-Bordes, aux dévastations calvinistes (1574) que, dans les registres de Tugeras, a racontées, en 1617, un carme de la communauté de Jonzac, le P. Thouron, curé de Tugeras de 1600 à 1620. Les lettres de la fin signifient : Pierre? Piton a Fait ou Fabriqueur. La cloche invoque saint Jean; l'église, saint Christophe. Le même fait a lieu à Agudelle; Téglise est dédiée à saint Eutrope, et la cloche criô : t Saint Jacques, prie pour nous ! >

i556 boinc(|n< coffon me fit jf^w s tnivojft bajttb<ffe fe uÇatt BerfÇefoi f tact^tics iKHii^n fcnreni f<rn)tt5 |0nr m f tanrHe ro^eris 5 mcoBe ora fro

4556. Dominique Cotton me fit pour saiint Eutrope d^Âgudélie. Frère Jehan Berthelot^ frère Jacques Noavyn furent parraine. Pour marraine fut Janette Roberts. Saint Jacques, priez pour nous.

Dominique GoUon est de cette dynastie de fondeurs à qui est dû la plupart de nos cloches en Saintonge à cette époque. La mention frire Jehan et fré'e Jacques atteste l'existence, à Agudelle, d'une communauté religieuse, dont la tradition locale fait une importante abbaye. H y a encore le champ de F abbaye^ où Ton a trouvé, au commencement de ce siècle, beaucoup de pierres sculptées. Ce nom s'explique peut-être parce qu'Agudelle, de 1402 à 1746, releva de l'abbaye de la Couronne, en Ângoumois. Du reste, voici ce que font les légendes. Saint Eutrope, premier évéque de Saintes et martyr, est parfois appelé le méhaingre — mehaigné, blessé^ estropié, dans le vieux français — c'est-àrdire le supplicié. Les paysans dirent : c saint Eutrope le maigre. » Par suite, il doit y avoir un saint Europe le gras. En effet, on a vite donné ce dernier nom à ime statue de saint Eutrope, plus forte, plus majestueuse; et le premier, à une statue de sainte Ro^e de Lima. Voilà comment la vierge du Pérou est devepup^ en Saintonge, saint Eutrope le malgré.

xvn

Une pierre tumulaire , trouvée en 1844 û9Sfa la cathédrale de La Rochelle, transportée au grand sémmaîr^, delà,«n 1861 , au futur mu^ée archéologiqjiie de laiirUlo^

n'a pas de date, mais est certainement de la première moitié du xvi* siècle. Elle représente un personnage qui porte une auir r>se sur le bras.

me lAGET VîsiNERÂfinJS ET DniEGTVS VIR MAGISTER NIGO- LAV8 BELAVOVSSEAY IN ÂRTIBVS BAGCAULVBEVS PRESBTTBR GONSOCrVS HVIVS EGGLESIAS.

Ici repaie vénénUfh et chère perêonne maitre Nicolcu Ddavouiseau, bachelier éi-ari$, prêtre oêsodè de cette église j ou bien compagnon Dieu servant de fégliie Saint-Barthélémy^

selon le titre que prenaient les chanoines de La Rochelle. C'est bien le nom, puisque ce n'est pas l'épitaphe, d'un autre chanoine, qui est gravé sur une pierre, dans la cour d'une maison de la rue des Chanoines, à Saintes.

FRANC • THEVENIN • TVRON . SVBDECAN • METROPOS • ANDREE • BVRDI . NEC . NON • CANONIC • EIVSD • METRO • ET • ECCLES^ • CATHEDR • S • PETRI • XANT .1-5.8.5.

François Thévenin, de Tours, sous-doyen de V église métropoUtainé de Samt-^André de Bordeaux, chanoime de la même égUsCj et de P église cathédrale de Saint-Pierre de Saintes. 4585.

A la même date, je trouve à Nieuil-le-Virouil, une maison, la dernière sur la route du côté de Jonzac, qui a une porte sur laquelle on voit ce millésime, fl66ir, et à côté, une autre porte, où on lit :

LA PAIX DE DIEV SOrP SEANS FAir LAN

L'ancien prieuré des Essarts, à 4 kilomètres de Saint- Porchaire, montre, au-dessus de la porte d'entrée, un blason : un chevron accompagné de quatre étoiles, une

en chef, trois en pointe posées 1 et 2, au chef chargé de trois croisettes. En légende, on lit ce verset 1, chap. III du prophète Habacuc : domine, opus tuum m medio ÂNNOBUM vrviFiGÂ illud; Seigneur f aeeompUsêez au milieu des temps votre grand ouvrage^ sous cette forme :

Contint 0f^ tw in vmVio viviiitvt

xvm

Ce n'est pas une, mais une foule de phrases semblables que nous donne la maison n® 6 de la rue du Minage, à La Rochelle, dont M. 0. de Rochebrune a reproduit la façade dans tme magnifique eau-forte. Voici celles que j'y ai recueillies au plafond du porche extérieur, dans des médaillons ovales alternant avec des médaillons rectangulaires. Tout cela est du xvi* siècle, et porte sa date :

LE SAGE EST GONTRÂOSnT BENDVRER LA CHOSE QVIL NE PEVLT CHANGER

ENDVBER ET NE SOZER PLAINDBB EST SERVITUDE BIEN A CRAINDRE

VERITE DE TOI TSSE FAISANT A TOVS IVSTIGB

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