‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 57 sur 96 · FRUSTRA · texte numérisé non relu

FRUSTRA

En vain. Cela ne signifie pas grand chose, mais regardez au dessus : Des cornes flamboyantes I C'est en vain qu'on garde sa femme!...

Pour terminer, notons une foule d'autres caissons, chargés de divers ornements. Un dernier, dans un coin de la galerie porte :

DONBG ERVNT IGNES

Tant que le feu durera» Allusion à la longévité du château, à la constance des affections, etc.

Ce château de Dampierre-sur-Boutonne a donc son intérêt, considéré seulement au point de vue épîgraphique. Il fournira d'ailleurs d'amples motifs d'admiration

à rarcfaéologue et à Fartiate. Construit à 10 kilomàtres d'Aulnay, pour remplacer un plus ancien casiel, appelé le château Gaillard, dont on voit encore les douves sur la colline, il est agréablement baigné par la rivière, au pied du coteau qui porte et l'église et le couvenl et une pairtie du bourg. On raconte qu'il était plus considérable avant 1793, mais qu'à cette époque le propriétaire, M. de Galifet, ayant émigré , les habitants en démolirent une partie. L'église elle-même fut pillée et saccagée, les vases sacrés emportés par le curé. Le syndic fit boire ses che^ vaux dans le bénitier; mais il en fut bien puni, ajoute la chronique : car tout son bétail périt dans l'année. Dans le château, sur une planche, on lit :

FAGTORVM GLARirAS FORTIS ÂNDiVS SEGVNBVS FAMAE SINE VLLA FINE GVRSVS MQDIGÀB OPBS BKNE PAHTÂE INNOCENTER AMPLIFIGÂTAE SEMPER HABrTAB MVNERA DEI SVNT EXTRA INTVRUS POSITA AETERNVM ORNAIŒNTO ET EXEMPLO APVD SVOS FVTVRA.

D'tUustreê œHons, la grandmr (Tàme^ une heureuse renommée qui ne finUi pas^ une modeste aisance bien acquise, honnêtement accrue et toujours regardée comme un présent de Bieu, voilà ce que ne peuvent atteindra les injustices et qui est éternellement, pour la famille, une gloire et un exemple.

L'église de Dampierre a bien une inscription , mais si mutilée, si mutilée qu'il est impossible d'en tirer un mot. Quelques rares lettres gothiques apparaissent de distance en distance. On les a prises pour de l'hébreu.

Du haut du coteau où est bâti ce temple roman on admire une riante campagne arrosée par la Boutonne, les forêts de Ghizé et d'Essouvert, le tertre où fut assise la redoute des Ghateliers, le petit Tabarit, en la paroisse de Danjpierre, où a séjourné Delille; l'abbaye de Saint- Se vérin, ordre de Saint-Augustin, diocèse de Poitiers, fondée en 1068 par Guillaume, duc d'Aquitaine. Ruinée par les protestants, elle n'eut plus de moines, mais elle eut toujours un abbé qui touchait les 3,500 livres de

revenu. Jacques Delille, le dernier, en fut pourvu Tan 1781 par le comte d'Artois, patron de Tabbaye, comme récompense de sa traduction des Géorgiques, et de son poème des Jardins. Un reste de l'église est une étable à porcs. Le souvenir de Delille est resté, et la légende veut que ce soit au Tabarit qu'il ait composé ses Jardins.

Un autre beau château, celui d'Usson, à six kilomètres de Pons et 26 de Saintes, entre la Seugne et le Né, offre un étrange fouillis d'idées. Le sacré et le profane, le grave et le plaisant s'y mêlent. C'est une débauche d'esprit. Le château lui-même, un des plus curieux du pays, œuvre d'un jet, n'est cependant pas à l'abri de toute critique. Sans parler de la singulière idée qu'a eue un des derniers propriétaires de détruive une des ailes, il feut avouer que cette profusion d'ornements, de statues, de sculptures, ne laisse pas d'être fatigante à la fin. Ily a d'heureux détails, de fines ciselures, de gracieux sujets de bas relief. L'ensemble est défectueux surtout dans l'état actuel. Tel qu'il est cependant, ce monument veut être vu. La description en serait longue ; bornons-nous donc aux pierres parlantes ; elles sont déjà bien assez bavardes.

A la porte d'entrée on voit ce vers d'Horace, 39, l^ épitre, livre n : Ptrêtmne n'est assez fkrouche peur ne pas finir par s^ apaiser.

NEMO • ADEO • FERVS • EST • VT • NON • MITESGERE • POSSII •

Une longue ligne courant le long du bâtiment confient en gros caractères ime partie du 1 15, ch. X, de YEccU-

siastique: Le principe du péché, c'est l'orgueil; et une autre du 1 10, ch. XXXVI : Bê^ez le temps, et souvenez-vous de la fin.

INITIVM PEGGATI SVPERBU EGGE 10 M* FESTINA TEUPVS ET HElfENTO FINIS EGGE 36 M<

Il y a après chaque fragment de ces deux passages le sigle H*> finale de dixième et de trente-sixième.

Au milieu de la cour, un pigeonnier, le plus charmant morceau d'architecture qu'on puisse voir, construit tout en pierres de taille avec une lanterne admirablement sculptée, montre un cadran solaire postérieur à sa construction :

Page 1