‹ Épigraphie santone & aunisienneChapitre 73 sur 96 · KAROLVS A FONSECA BARO SVR · texte numérisé non relu

KAROLVS A FONSECA BARO SVR

GERARCIS MVROS SOLO iEQVA

TOS ET VETVSTATE COLAPSOS

INSTAVRAVIT ANNO PIET 1576 K F

Le château de Surgères avait été déjà démoli par ordre de Louis XL Charles VIII, son fils, avait, par lettres patentes du 4 avril 1483, donné à Henri de Le vis et à Antoinette de Clermont, sa femme, la permission de faire, sans payer aucun droit, pendant dix ans, sortir du royaume mille tonneaux de blé , afin de les aider à reconstruire le château. On voit qu'en 1576 il n'était guère

en meilleur état. Les deux K et les deux F qui cantonnent l'inscription sont les initiales de Carolus et de Fon-^ seca. La quatrième guerre civile se rapporte bien à Tannée 1576; la première est de 1562, marquée par la bataille de Dreux et l'assassinat du duc de Guise ; la seconde de 1565, signalée par la bataille de Saint-Denis et la mort du connétable de Montmorency; la troisième, de 1 569, par la bataille de Jamac, comme nous l'avons vu. La maison de Surgères, dont Louis Vialart, prieur de Montournois en Poitou, a donné, en 1717, l'histoire généalogique, portait de gueules fretii de vair de six pièces, avec cette devise :

POST TENEBRÀS SPERO LVCEM

Une pièce importante relative au siège de La Rochelle, en 1573, nous a été conservée par Ârcère, I, 641. C'est une inscription sur cuivre donnée par Richard des Herbiers à la ville de La Rochelle, et où sont rappelées les principales circonstances de ce mémorable événement.

Vartie âes metveiUts de Vhewmue dilwranee ii Vigliu de JHeu, recmUi «n la BockeUe, kn^eUe fut affligée Van 1678, pour mifmre à la po$tirité.

Lu ettn€mts tâchèrent à la surprendre par une arm^e de mer dressée à Bnmge woubê fritexte d'un toiage Mngtain et secret , 8<mbi la conduite de M, Strotzi; Vexécution s'en devoir faire ou lemps du moiMcre des chefe et eeigneun de la teUgicUm

Pba, <m l'employa de t^emparer de ceste ville par le mot'en du Seignenr de Biron, en i emipUria austi des Seigneur» de Ut relligion pour te servir d'eux.

Enfin, fut assiégée de teUe fason que rien ne défaiUoict de tout ce qui étoit nécessaire à la furie d'un siège, la grandeur, la puissance et force n't man^uoiY. le Boi ammist la conduite de l'armée au Aot de Pouloigne son frère, assisté du Roi de Navarre, du Prince de Condè et autres Princes du Sang et autres Princes et Seigneurs, avec Vélite des plus vaillants capitaines de la franee, avec grosse et puissante armée tant par mer que par terre, composée tant de Français que d'étran* gers, 6a<tren( de suite cette ville de furie, tant de cinquante à soixante canons d'une partie desquels le boulet étoit de pesanteur de trente dnq à quarante livres de baUes, donnèrent plusieurs et divers assaux, de rage furieuse saisirent les foussés^ sapèrent les murailles, firent voler en l'air plusieurs mines au moien de quoi se préparent urandes Mckes, montèrent s» l'un des qunàUiers^ des muroUks esckalUrent en

èhm enénitif mufMnMi «ttoenet tnkbfmtf erthtfNs ne Inr âifaiMni Mon

Owiif à tnls de U viUe oyonl e$U abanâonnét d'une jartU de 2c ie6te ktektmenî el m^rne det pnncipavT itoieni en pefi< nom6re et gau «is grande mitkoriti, «att Je Sef^nenr les arma de eonetanœ et rnirt jus^ma ftmmu et ftUti en/'anlj; les vwm dé/otUotenl nr la /in, mais le Setgneir enMfa eomme mu moMM à mt enfante eztraordtnairement e( en grande atendance evr Je 6ord et enifée de (a mer «né espace de cogviJkge qu'on nomme sonrdons (t'en oMtf ocooHiliané de trvin»er*Jd et fvi défaillirent antt on lempi de la paix, la yendrt •met wwf d^fatJJant, iHen prépara paeioje par 2e mt'Jtev d'une Aoû de nowis di guerre é {veJfues peJils goJ/ions, ponr noue aporfer Ued et poudre.

Brief ezaniant Jet requite» et prières des etene, usa de Jokle fateur poar dUarer ion ^tfie. A M senJ en «nt la gkrire éremeUemenJ par ion /Ui /. C.

Le Seigffear sanva son peuple contre Teffori

De renoemi poissant et fort ;

Sur nos kuineai les flots tooMieaty

Si pen en fast ezanté.

Lors les siens bénirent, loaèrent Son secourt expérimenté.

C'est lui qni trébucher a faict

Tous ces maux sur nos adversaires Et est Tenu pour les deffaire.

Sa ftiTeur de pans Ton a fM; Alors de franche volonté Fismes sacrifices louables, Louant son ssinct nom vénérable 9ai Mt Umt rempli de hooti.

Noa yen Tont ve«

Bt nos mains l'ont touché ;

Il lOf cottrs renplis d'adaiftli0B.

L'inacripkioii qui suit est encore un souvenir des guerres de la Réforme ; elle est relative à Charles Goi- Urd, seigneurdes Brousses, conseiller du roi et lieutenant gtoôral de la sénéchaussée de Saintonge.

La famille des Guitard, originaire du midi, s'établit en Angoumois et en Saintonge à la fin du xiir siècle. Dès t459, QOttS trouvoiifi Guillaume Guitard, prieur de Saint- ▼ivien, chargé par son évèque, Guy de Rochechouart,

de porter à Rouen des reliques de saint Vivien pour Téglise qui venait d'y être érigée en l'honneur du pontife saintongeais. Louis Gui tard, frère de Charles, prés de qui il repose dans la chapelle Saint-Michel , doyen du chapitre de Saintes en 1553, avait deux fois représenté le dergé de Saintonge auprès du roi, et plaidé.les intérêts de la religion catholique. Le zèle qu'il montra dans ces missions lui valut la haine des huguenots qui plusieurs fois tentèrent de le faire périr. Palissy l'accuse fortement. Voir Bernard Palisêy, Didier, 1968, p. i97>t suivantes. Au contraire les registres du chapitre brûlés en 1793, dit Briand, faisaient le plus grand éloge de ce doyen. Charles Gui tard, né en 1519, sénéchal de robe longue, fut d'abord lieutenant criminel, puis en 1572 devint lieutenant général. Dans ces fonctions, il rendit d'importants services à la province troublée par les,dissensions religieuses. Après le sac et le pillage de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, Guitard fit une enquête; et, [en 1563, il condamna par défaut Arnaud Rolland, maire et capitaine de la ville, et Louis Charpentier àja faire amande honorable... estans en chemise, teste nuhe, à genoulx, la corde au col , ayant chascun d'eulx ung sierge au poing ardent... être aussi trainés sur ladite claye par ladite ville et conduits au quanton des Forges]' d'icelle, et là avoir ledit Rolland la teste tranchée sur un échaOault... et son corps ars et brusle comme aussi celui du dit Charpentier, vif. > La sentence ne fut pas exécutée ; l'édit d'Amboise (19 mars 1563) vint fort à propos pour Rolland et ses complices. Le prince de Condé, renlréen grâce auprès de son souverain, lui donjoa^ au bois de Vincennes (22 et 24 juin) attestations pour prouver qu'il n'avait agi que par son ordre. Des lettres-patentes de Charles IX datées d'Aiguillon (10 juillet) enjoignirent au sénéchal de Saintonge de révoquer sa sentence, et Pierre de liaspaimtBt, commissaire du roi pour rexécubon de Fédit ds pacîr ficatioD en Saintonge, Aunis et Poitou, par arrêt deaaé à Sain k-Maixent, le 23 octobre, réhabilita les contwBaee^

et ordonna que les tableaux préparés pour les exécutions en eflSgie fussent détruits.

Charles Guitard, après avoir pendant quarante-deux ans exercé la magistrature, fut élu, comme son frère, doyen du chapitre. Â sa mort (10 novembre 1598), le chapitre décida qu'il serait enterré près de Louis Guitard, et que la chapelle de Saint-Thomas, aujourd'hui de Saint-Michel , servirait désormais de sépulture à sa famille. Une table de marbre noir richement encadrée redit les vertus du défunt. C'est un sculpteur anglais, Epiphane Evesham, qui fut chargé de l'exécuter. Les armes des Guitard, iazur au mouton d'argerU passaiU, y étaient vraisemblablement gravées. On lit en lettres d'or:

KAROLVS GVTTÂRD NOBIUT • ACriB • Q - AD • EXElfPL • PRiEGIPWS • PER • ANN • XLU • SANTON PROVINC • SENESCAL • DIFFICILLIM - TEaCPORIB • SINGVLARI • PRVDENT • VIGmANTIA • Q • STATVll OPT • PROVINCLE • REDDmrr DE EA OKNIB - EXEMPL • RENEBfERTr : OPERAMQ • FORT • AG STREN * m EA CVRA ET ADlflNISTRAT - NAVATAM • VI REGIR • XRIANISS • FRANCISCO • J • HENR • n • FRAN • U • KAR • IX • HENRI m • HENRI mj • APPBO

BAvrr : sapientia • honorie • o pro a micis

CniGVUFLVENS, POST AN ifiTAT - LXVm MVNDI CVRIS, QVIH • FESSVS ERAT, VALERE IVSSIS, TOTVM SE DEO DIGAVIT, HONORISQ • ERGÔ DEGAK • mSIGN • EGCL • GATHEDR SANT FAC TVS, SVMBiA SANCTIT • ANN • XJ QVOS VTTiE RELIQ • HAEVrr, El MVN • PILEF • DONEG AN • M • D XGVm • X • NOVEMRR • FELICTTER OBDORM - IN DN • VIXIT ANN • LXXIX •

Les armes ont été, avec l'ornementation si délicate qui encadrait le marbre noir, mutilées pendant la Révolution, et ce n'est qu'en 1843 que M. Réveillaud, curé de Saint- Pierre, fit replacer la plaque qui avait été enlevée.

CharUs Guitard, illustre par 8 a naisianee H exemplaire dam sa conduite, pendant quarante-deux ans sénéchal de Saintonge, malgré les difficultés du temps, par sa prudence et sa vigilance rares, rendit très florissant l'état de la province. Tous ses actes lui méritèrent sa reconnaissance, et les services qu'il lui rendit en la gouvernant et C administrant avec courage et fermeté, lui valurent l'approbation des six rois très chrétiens François /•% Henri //, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV. Sage, comblé d'honneurs, riche, aimé de ses nombreux amis, à soixante-huit ans disant adieu aux soucis et aux fatigues du monde, il se consacra tout entier à Dieu, et élu doyen honoraire de t illustre église cathédrale de Saintes, il en remplit avec la plus grande piété les fonctions pendant les onze dernières années de sa vie, jusqu'à ce que, fan quinze cent quatrevingt-dix-huit, le 40 novembre, il s'endormit heureusement dans le Seigneur, après avoir vécu soixante-dix-neuf ans.

Cette inscription a été déjà relevée par le Gallia ehristiana, II, 1092, par Massiou, IV, 507, enfin par Briand, n, 92. Aucun ne Ta cité d'une façon complète; tous ils ont omis le trait particulier de ce morceau : deux dis* tiques grecs. Ont-ils dit comme au moyen-âge : « Grœcum est non legitur; c'est de l'hébreu, passons ?» On le pourrait croire, en voyant la formule banale qu'ils y ont substituée :

REQVIESGAT IN PAGE

« Qu'il repose en paix 1 > murmurent le Gallia, VHistoire de la Saintonge et l'Histoire de l'Eglise santone.

OGGA UÈS EN BIOTQ RTEATQN EGXON TOATOABOC TANTA ÀEAEITTAI EMOÎG XPHBIATA GTTrENÉGl

TOYTO AÈ GHHA MONON MOT CQMATOG ÉCTi AO... ON ... TI ETÛ TANTÛN MOl AABON EK RTEANÛN

EPIPHANTVS EVESHAM ANQLVS SCVLPSFT

Nous sommes moins dédaigneux; et dût quelqu'un s'écrier : « Il sait du grec, ma sœur! » Volontiers nous citons ce fragment de la langue d'Homère.

Deux pitons destinés à fixer le marbre an mur ont été précisément placés sur deux mots grecs qu'il est maintenant impossible de lire; on pourrait, je crois, voir dans le premier aoxeion, réservoir, ume^ et dans le second Tom, forme dorienne de toyto. Avec ces restitutions le sens est suffisamment clair.

Le$ timi dofU a jotit mon heureuse exisienee, Jfaicnml, à mes parents je les ai tous laissés; Si cette tombe^ abri de mes membres §laeés^ Après Umt de riehessci est ma seule opulence.

D'après cette épitaphe , Charles Guitard a rempli quarante-deux ans les fonctions de sénéchal ; il a donc été pourvu de cette charge importante à vingt-six ans. En cette qualité il signa, le 10 juin 1553, le procès-verbal du ban de Saintonge. Le sénéchal, il s'agit ici d^un sénéchal de robe longue, rendait la justice au nom du roi ou des seigneurs dans une certaine étendue de pays qui formait alors une sénéchaussée. De militaire et judiciaire à l'origine, cette charge était devenue purement judiciaire; la sénéchaussée de Saintonge ressortissait au parlement de Bordeaux. Mais il y avait le sénéchal de Saintonge, titre purement honorifique à cette époque.

Massiou a dit que Charles Guitard avait été sénéchal sous Henri IV. Henri IV fut proclamé roi le 2 août 1589, jour de la mort de Henri III. Guitard avait résigné ses fonctions en 1587. J'ai traduit que son administration lui avait mérité l'approbation de Henri IV, pensant qu'il aura pu, n'étant plus en fonctions, recevoir de ce roi un témoignage de satisfaction pour ses services passés. Il n'est pas probable qu'il ait cumulé les fonctions de sénéchal et celles de doyen. Peut-être ne fiiut-il voir là qu^me amplification laudative. Après tout,le décanat ne fut pour lui qu'honoraire, honoris ergo. Rien ne prouve qu'il soit entré dans les ordres.

A l'appui des éloges décernés par la pierre, transcrivons les deux quatrains qu'un contemporain, André

Ifofe ^ FMkaelm, dams ses iptgmmmêê méêles âê la Pofymnie, adressait < à monsieur Guy tard, s' des Brousses, Gons. et lieutenant général pour le R. au siég. Présld. de S. >

Comme Torfieiire expert enchâsse proprement La pierre précieuse en Tor que pins il prise, in hommes de renom s^attache mon emplis»

Pour se faire Taloir en son ravissement.

l'exalte encore en vers le nom des grands et graves Ponr m 'abaisser sonbs enx, lenr grandeur honorant, Pnis qu*eDtre les peureux paroissent les phis braves Et pansy las petits est mieux veu le plus grand.

Charles Guitard eut pour successeur au siège prôsidial en 1588 son fils Jacques Guitard, seigneur des Brousses et du Vivier, conseiller du roi en ses conseils. C'est lui qui, en exécution des dernières volontés de son père, fonda en 1603 le collège de Saintes qui, en 1789, possédait encore trente mille livres de revenus.

Un des derniers Guitard est enterré dans l'église de Bestaud^ canton de Gemozac.

or • GIT • BBPQ3E •

LE • CORPS DE • HAVT • 8T • PVISSANT - SEIGNEVIi • FONDATEVB • DE • BESTAVD • BIOVX • KT AVTBÉS • UEVX - V^SSORS - ISAN • LOVIS * GOICTB • DE GVITABI> • CHEVALIER • NE • RF • CHEVALIER - DE • LORDRE • ROTAL • ET • mLITAIRB - DE • SAINT • LOVIS • CAPITAINE - DES • VAISSEAVX - DV • ROT • ET • BRIGADIER • DES • ARMEES • NAVAI^ES • DECEDE • A • SON • GHATBAV - DE • RESTAVD • LE • 3 - JANVIER • INHVKE • DANS • CETTE • EGLISE • LE • 4 • lANVIER 1788 • AGE • DE • 47* ANS- PRIE • DIEV • POVR - LE • REPOS • DE • SON * AM^ •

Cette épitaphe est tracée en lettres jaunes sur un tableau noir que j'ai vu dans un coin de la sacristie.

Entre gi-git et repose qui forment pléonasn^, sont dessinés deux écus accolés sous un cercle d'or surmonté de neuf rayons pyramidaux terminés par de grosses perles, et enrichis de pierreries, qui est la couronne de comte. Ils sont entourés d'un ruban qui doit être rouge couleur de feu et qui soutient une croix à huit pointes pommetées, émaillée de blanc et bordée d'or; dans chaque angle est une fleur de lys d'or; au milieu l'image de saint Louis cuirassé d'or, couvert de son manteau royal, tenant dans sa main droite une couronne de laurier et de la gauche une couronne d'épine ; le fond du médaillon est rouge et parsemé des clous de la passion ; il est entouré d'un cercle d'azur sur lequel est la légende de LVDOvrcvs biagnvs instttvit 1696. Au revers est un autre médaillon de gueules à une épée flamboyante , la pointe passée dans une couronne de lauriers, liée de l'écharpe blanche; sur une bordure d'azur est la devise écrite en lettres d'or : BelUeae virtuOs proemium. Tout cela, dessiné en intention plutôt qu'en réalité sur notre tableau, nous rappelle l'institution (avril 1696) par Louis XIV, en l'honneur de saint Louis, de l'ordre réformé par Louis XVI ^ en 1779, aboli avec les autres ordres par la Révolution, rétabli en 1814 par Louis XVIQ et supprimé en 1830. Les épines et les clous de la passion font allusion à la couronne du Sauveur que Louis IX rapporta de la eroisade et pour laquelle il bâtit la Sainte- Chapelle, ce type de l'architecture ogivique. L'épée et les lauriers indiquent, avec la devise , que la croix de Saint^Louis récompensait le courage guerrier. Pour l'obtenir il fallait être catholique , avoir servi vingt ans et être encore en activité de service , ou bien s'être distingué par quelque exploit extraordinaire.

Gë cordon de Saint-Louis et celui de Saint-Lazare, qu'on aurait pu faire aussi figurer ici, expliquent l'expression : Chevalier né et chevalier de tordre royal ei miUttUre, Chevalier, comme écuyer, c'est un titre de noblesse héréditaire , tandis qu*on acquérait par son mérite per-

sonnel celui de chevalier d'un des ordres du roi. Ils prouvent ensuite le mérite de celui qui l'obtint. Jean-Louis de Guitard de la Borie, dit le comte de Gui tard, baron de Rioux, seigneur de Boisbemard, etc., né à Rochefort, le 8 février 1739, entra dans la marine à Tâge de quinze ans, et le 14 mars 1779, fut nommé capitaine de vaisseau. Trois ans avant sa mort, 23 avril 1785, il reçut le titre de brigadier des armées navales.

L'écusson de gauche, autant qu'on peut le deviner quand on connaît déjà ces armes, est d'azur au mouton passant émargent, qui est de GurrARD, et celui de droite : de sablé à trois hures de sanglier d'argent posées i et /, tel qu'on le voit gravé à la Grange-Bellegarde, en la commune de Saint- Georges-des-Goteaux, habitation de M. Théophile de Bretinauld de Méré.

En effet, le 12 janvier 1773, le comte de Guitard avait épousé Marie-Pélagie de Bretinauld de Saint-Seurin, sa cousine germaine. Les deux écussons ainsi accolés sont aussi dessinés sur la litre qui entoure extérieurement la magnifique église de Restaud. A la mort d'un important personnage , on peignait sur les murs de l'église, dont il avait été le bienfaiteur, une large bande noire sur laquelle on traçait ses armoiries; c'est ce qui explique et confirme l'expression de l'épitaphe : fondateur de Restaud^ Rioux et autres lieux. Le comte de Guitard avait fait des fondations, donations ou legs à ces différentes églises. Tout cela n'est pas du goût de René-Primevère Lesson : c Sous la Restauration, dit-il. Lettres historiques, archéologiques et littéraires sur la Saintonge, page 69, des écussons fleurdelysés furent peints sur les murs de l'église de distance en distance; mais après les journées de juillet, les fleurs de lys disparurent sous des couches de peintures noires. > Et il part de là pour faire une belle sortie contre les niveleurs. Pauvre litre 1 et pauvres niveleurs 1

A côté de l'acte de décès transcrivons l'acte de baptême de la cloche. Contraste l C'est encore un Guitard ; mais quelle différence! On y voit, outre le nom de Guitard,

eelui de Million, qui s'est gravé sur pierre, à son portail, un blason : un épi de mtï et un Um, armes parlantes.

DEDIE A S^ TROIAN DE RETAVD PÂREIN S" HENBI LQYIS FREDERIC GVITABD PROPRIETAIRE DE RETAVD ET CHATENEf MAREINE DAME LOVISE HRETINAVD DE S* SEVRIN SON EPOVSE, MAIRE DE LA GOMMVNS 6' LOVIS BREION DE LA MARTINIERE PROPRIETAIRE ADIOINT S* lEAN MIIXION PROPRIETAIRE DE VAI4ADE S* lEAN PELLVGHON FABRIŒEN 1803 AN 13

Plus de haut et puissant seigneur 1 plus de ti^e nobiliaire I La commune a remplacé la paroisse; le maire, la seigneur du lieu ; le comie s'est transformé en «tmr, et le fils du c fondateur de Restaud, Rioux et autres lieux 9 n'est plus qu'un simple propriétaire ; une ère nouvelle a commencé. Il n'y a pas jusqu'à ce millésime « 1803, an 13 » qui n'ait sa couleur locale. La Révolution n'est pas bien finie, «n 43; l'Empire n'est pas commencé, 4SÙS.

Frédéric-Jean-Louis, comte de Guitard de la Borie de Rioux, seigneur de Restaud, fils du précédent, avait épousé, le 2 janvier 1797, sa cousine germaine Henriette de Bretinauld de Saint-Seurin , née le 23 juin 1781, et décédée en 1820. Il est mort le 29 mai 185i, laissant un fils, de six qu'il avait eus. Son frère Jean-François-Armand de Ouilard de la Borie de Rioux, cbevalier de Guitard, né à Rochefort, le 17 avril 1779, mort au Cormier, près de Saintes, le 4 mars 1839, eut d'Anne-Julie-Juditb Paillot de Beauregard déeédée le 9 avril 1806, une fille, qui a éqpousé, le S9 juin 1821,Théophile*GbarIes, comte de Bremond d'Ars, général de brigade, inspecteur général de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, commandeur de la Légion d'honneur.

Une branche des Guitard, celle de Ribérolle séparée de la Borie-Rioux depuis le commencement du xvni* siècle, est représentée aujourd'hui par deux frères, dont l'un habite le château de Ribérolle, commune d'Agris, près de la Rochefoucauld (Charente) ; l'autre le château des Granges, près de PouiUy, en Nivernais.

Puisqu'à propos des Guitard, j*ai cité Fiefmelin, il. ne sera pas hors de propos de dire un mot d'un manoir qui le rappelle : c'est le château de Disconche, qui s'élève à mi-côte, sur les bords de la Charente, à deux kilomètres de Saintes en amont, dans une fort riante position. Je l'ai déjà décrit ailleurs. Cependant il faut citer ici les inscri* ptions qui décorent un élégant portail de la Renaissance^ seul reste de la construction primitive. La clef du cintre avait un écusson aujourd'hui martelé. On y distingua cependant encore la forme d'une croix, blason de la famille Mage qui portait : de êahU à la croix ancrée d'or. De chaque côté de ce riche cartouche se montrent deux tablettes; chacune renferme une inâcription en creux; celle de gauche :

âstba

DVXERVNt MAGEOS AD GHIUSTVM

Lêi ûitnê ùfU eonduU lei Mages vote le Cbriet. Celle de droite:

CHRISTI CRVX DVCBt HÂ60S AU ÂSTRÂ

La eroim du ChrîA conduira leê Mages vers les astres.

On voit là un de ces exemples nombreux d'armoiries parlantes ou de devises reproduisant le nom . Ainsi les Senecey, en Champagne, avaient pour devise : In Hrtuie et honore senesce. Jacques Cœur, l'argentier de Charles VU : A grand cœur rien impossible, comme on le lit

encore à Bourges ; les Dixie en Angleterre ; Quod dixi, jmu; Rocbefort: Bien fondé noGHEFan ; lesde Vaoçay att

Maine : La vertu m nou9 Tàgt ▲ devancé ; les Toustain en Normandie, Lorraine, Bretagne et Orléans : tous teints de leur sang; les Grandson : A petite cloche grand son; les du Fay en Normandie et en Auvergne : Fais bien ef laUn dure.

Les seigneurs de Disconche qui s'appelaient Mage ont suivi l'usage. De la croix qu'ils portaient dans leurs armes et de leur nom patronymique ils ont composé leur légende : une étoile a conduit les Mages à la croix; la croix conduira les Mages au ciel.

Nous savons peu de chose sur cette famille. Elle était sans doute originaire de File d'Oleron; du moins elle y possédait la terre de Fieïmelin qui relevait de la baronnie du Château et donnait un faible revenu de quatre cents livres. Isaac Mage, sieur de Fiefmelin est le premier seigneur de Disconche dont il soit fait mention. Il est celui qui probablement édiQa le château. Il était avocat à Saintes. Sa sœur Renée Mage épousa, en 1579, Louis le Breton, écuyer, seigneur de Bansanne, dont la famille occupa longtemps les charges de Téchevinage, du présidial et de l'élection de Saintes.

Isaac laissa deux flls dont l'un a continué la branche de Disconche, fondue dans les Michel de la Morinerie; et l'autre fut la tige des seigneurs de Pévirac éteinte en 1774. Le personnage le plus marquant, et non pas le plus connu de la famille, est bien le cousin d'Isaac nommé par tous les biographes Antoine Mage, parce qu'il s'appelait André. — André Mage a publié un livre fort curieux et fort rare : Les Œuvres du sieur de Fiefmelin,.. L'image d'un Mage ou le spirituel d*A. M. S* de Fiefmelin^ à Poietiers, à rim^ primerie du Pélican par Jean De Marne f imprimeur et libraire du roy. MDCl (1). Le titre seul donne une idée du livre et

(1) Les Marnef, famille d'imprimetira de Paris, fixée à Poitiers. En 1547 Enguilbert de Marnef publiait la première éditioa de VHistoire du saint Boy loys ÏX tt du tire de JoinviUe par Fiene Antoim di Bieux. Eo 1559, Jehan de Marnef imprimait c kt TtbUt de la déeHmaJêim ou ihig^emaU fin fdt k to-

de Tauteur. J'en ai parlé dans mon étude sur André Mage de Fiefmeiin. Paris, Aubry, 1864.

Un second portail reproduisait les mêmes inscriptions. Il a été récemment abattu, quand en 1861 le manoir fut réparé. Une pierre portant ce millésimé 1846 qui se trouvait dans un mur de soutènement a été conservée. C'est évidemment la date d'une reconstruction au moins partielle. Car au commencement du xvin* siècle, le château qui relevait de Féglise de Saint-Eutrope et de la seigneurie des Gonds, au devoir d'une paire de gants estimés quinze sols, et qui est mentionné pour la première fois dans un papier censif de l'hôpital de la Charité de Saintes en 1559, fut remplacé par le logis actuel auquel fut adjoint, un peu avant la Révolution, le pavillon central. En 1775, Disconche, nommé dans les anciens titres Port de Disconche, faillit être acheté par l'hôpital de Saint-Pierre-ès-liens de Saintes , vulgo la Charité, pour devenir une succursale. La translation des malades autorisée par Louis XV ne put avoir lieu par suite des événements politiques. La famille Michel de la Morinerie a\ possédé Disconche de 1680 à 1823.

A côté du château, l'auberge. Vers 16i6 aussi, quelque batelier sans doute bâtissant une maison à un quart de lieue de Saintes, sur le chemin vicinal de cette ville à Barbezieux et au bord de la Charente, a encastré dans la

kU.., B et en i(H)l, le même oa son fils éditait les trente-cinq mille Ters d'André de Fiefinelin. C'est probablement leur enseigne qni se trouve an mnsée de Poitiers :

AT PKLIQTAND MAT 1638

L'oisean symbolique y est scnlpté se déchirant les entrailles ponr nourrir ses enfants, symbole dn typographe qui se fatigue pour donner au monde la nourriture intellectuelle.

muraille, ft droite de la large porte d'entrée et mhé^êsous du chambranle, une pierre ou l'on voit en lettres niellées:

â • SAINGR

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