‹ ÉpilepsieChapitre 72 sur 111 · ALBUMINURIE · texte numérisé non relu

ALBUMINURIE

convulsions se montrent avec un cortège d'autres svrnplùmes cérébraux qui Iracluisent un état inflmnmatoire des méninges ou du cerveaw. Elles peuvent alors entraîner à leur suite une paralysie hémiplégique incurable, ou bien l'idiotie ; sans compter que l'épilepsie peut persi^=terpendantlereste del'existencedecesmalades.

Chez la femme, la pî<erperaZt/p présente une condition favorable au développement de l'épilepsie aiguë ou éclampsie. C'est surtout dans les derniers mois de la grossesse et au moment de l'accouchement que l'éclampsie puerpérale se manifeste ; mais elle peut apparaître beaucoup plus tôt: dans les premiers mois de la gestation. La cause demande alors à être recherchée ; et il est de règle, chaque fois que l'épilepsie aiguë apparaît chez une femme en âge d'être enceinte, de rechercher les signes de la grossesse. D'autres fois, au contraire, l'éclampsie ne se montre qu'après l'accouchement. \J albuminurie accompagne ordinairement l'épilepsie aiguë puerpérale; miis elle n'est pas indispensable et elle manque assez souvent. On doit la rechercher en tous cas, non-seulement dans la puerpéralité, mais dans toutes les épilepsies aiguës, car les lésions rénales jouent un rôle considérable dans leur développement.

SATORNISXrE

Il convient de faire remarquer en passant que toutes les convulsions sérielles, qui peuvent s'observer au cours de la puerpéralité n'appartiennent pas forcément à l'épilepsie, comme on a tendance à l'admettre. Il y a lieu de distinguer des états de mal échimptiques et des états de mal lij'Stériques ou hystéro-éclamptiques. Le diagnostic peut être fort délicat ; mais, on s'aidera de la connaissance des antécédents, on recherchera les stigmates de l'hystérie.

En dehors de la grossesse, l'épilepsie aiguë peut se montrer chez l'adulte sous l'influence de maladies générales ou d'intoxications. Nous citerons en première ligne la scarlatine et le saturnisme. Parmi les c omplications rénales des maladies aiguës, c'est certainement la néphrite scarlatineuse qui détermine le plus souvent l'invasion de l'éclampsie. L'albuminurie devra être recherchée avec soin chez les scarlatineux et chez les convalescents de cette maladie. Le diagnostic est parfois fort difficile dans les formes frustes de cette Qèvre éruptive.

Chez les saturnins, l'épilepsie aiguë s'accompagne des signes spéciaux à l'intoxication saturnine, liseré, coliques, paralysies elc, ainsi que de troubles encéphaliques tels que céphalalgie, assoupissement, hébétude, délire. Les mnnifes-

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talions convulsives n'ont d'ailleurs rien de spécial ; et c'est seulement dans ces caractères propres à l'intoxication, faciles à reconnaître, qu'on trouvera un élément de dilTérenciation.

Il en est de même dans les épilepsies aiguOs des néphrites chroniques. L'œdème, l'hypertrophie du cœur avec hruit de galop, les caractères des urines feront reconnaître le mal de Bright et l'urémie. Il est à remarquer toutefois que, lorsque l'épilepsie se montre sous forme d'état de mal, au cours de l'urémie, la température peut ne pas s'élever, et même s'abaisser au-dessous de la normale.

L'épilepsie aiguë qui résulte d'un traumatisme crânien est facile à reconnaître : elle se produit, le plus souvent, aussitôt après le choc, son mécanisme n'est pas toujours le môme : tantôt c'est un fragment osseux, tantôt c'est un cpanchement sanguin qui comprime le cerveau. D'autres fois elle résulte d'une méningo-encéphalite consécutive au traumatisme, et s'acfompagne de fièvre, délire, nausées, vomisspmcnts.

Un épanchement sanguin spontané peut produire les mêmes phénomènes convulsifs ; l'héiriorrhagie s'accompagne alors des phénomènes propres à l'ictus apoplectique.

FIÈVRES ERUPTIVES

Lorsque l'épi lepsie se manifeste par des crises isolées et plus ou moins espacées, la recherche de la cause est souvent beaucoup plus difficile. Si l'attaque se produit au cours d'une maladie aiguë ou d'une intoxication chez un malade qui antérieurement n'avait pas présenté d'accidents convulsifs, la relation de cause à cet effet est évidente ; et il est permis d'espérer que l'épilepsie sera transitoire. On sait que la plupart des fièvres éruptives peuvent provoquer l'épilepsie : elle a été observée au cours du choléra, de la fièvre typhoïde, de la pneumonie, de la pleurésie, etc. Il en est de môme de Valcoolisme aigu : le retour des crises à l'occasion de chaque excès indique nettement l'influence néfaste de l'alcool. Dans Valcoolisme chronique la relation est moins évidente ; mais la constatation des signes ordinaires de l'intoxication, tremblement, troubles de la parole, insomnies, cauchemars, etc. chez un épileptique, doit y faire songer; et en pareil cas, la diminution ou la cessation des accès sous l'influence de l'abstinence sera une conflrmation du diagnostic.

Si le sujet est atteint de syphilis, il faut recourir à un traitement énergique, mercure et iodure, qui en pareil cas, sont véritablement la pierre de touche de l'origine de l'épilepsie. La

SYPHILIS

syphilis, héréditaire ou acquise, est en eiïct une des infections qui provoquent le plus souvent le mal comitial. Alors même que la vérole ne se traduit pas par des lésions objectives caractéristiques, que les douleurs ostéocopes, la céphalée nocturne font défaut, elle doit être soupçonnée chaque fois que l'épilepsie se développe en dehors de toute cause évidente, surtout chez un sujet indemne de prédisposition héréditaire accentuée; et le traitement doit être institué en conséquence. M. Fournier a montré, en effet, que la syphilis pouvait, pendant longtemps, ne se traduire que par des accès d'épilepsie, sans aucun autre symptf'ime. Les attaques qui surviennent sous l'influence de la syphilis n'ont d'ailleurs rien de spécial dans leur forme : on peut observer les vertiges, les grandes attaques, les formes psychiques.

Il convient cependant de faire une place à part à l'épilepsie qui apparaît au cours d'une syphilis ancienne, comme conséquence de lésions tertiaires du cerveau, de tumeurs gommeuses en particulier. D'abord l'âge du malade peut constituer une présomption. L'épilepsie syphilitique apparaît entre 2") et 4o ans, tandis que l'épilepsie dite spontanée se développe généralemetit avant cette époque. De plus, au lieu d'apparaître

SYPHILIS CKRÉBRALE

brusquement, nu milieu d'un parfait état de santé, elle est précédée d'une modification gêné* raie de l'organisme, d'un état de dépression portant aussi bien sur les fonctions psychiques que sur les autres. Cet état consiste en une diminution de la force musculaire, un afl'aiblissement do la mémoire, un affaiblissement intellectuel, une inaptitude à tout espèce de travail. Le malade éprouve un sentiment de découragement profond à sentir ses forces et son intelligence s'en aller de jour en jour. Los troubles dyspeptiques ne sont pas rares, et un amaigrissement notable peut se produire. Cependant, les malades éprouvent de temps en temps un léger embarras de la parole, un engourdissement, un affaiblissement passager dans les membres. Quelquesuns sont perpétuellement dans un état vertigineux ; d'autres éprouvent de temps à autre de véritables vertiges avec perte de connaissance. Un des symptômes les plus caractéristiques de cette période est la céphalée, occupant généralement la région frontopariétale, se manifestant, du moins au début, de préférence la nuit, commençant par un point limité et s'étendant graduellement en surface jusqu'à envahir toute la tête, et entraînant souvent une insomnie invincible. On peut observer, en môme temps que cette

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