‹ ÉpilepsieChapitre 78 sur 111 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Parmi les lésions que l'un peuL trouver à l'autopsie des épileptirjues, un certain nombre sont la conséquence de la maladie. Telles sont les cicatrices de plaies ou de brûlures que présente la peau, principalement dans les régions saillantes : à la face, sur les régions sourcilièrcs, au niveau des bosses frontales rt pariétales, de la protubérance occipitale externe, del'olécràne, de l'acromion. On Irouv somciit "es fractures consolidées, dr's luxations anciennes devenues irréductibles.

152 LÉSIONS ENCÉPHALIQUES

Quand la mort a été la conséquence d'un accès ou surtout d'un état de mal, on trouve une congestion intense de tous les viscères et en particulier du cerveau. Les sinus et les veines sont gorgés de sang noir, les méninges injectées. La substance blanche du cerveau présente un piqueté rouge, quelquefois avec hémorrhagies punctiformes ; la substance grise offre une coloration d'un rose hortensia plus ou moins foncé. Le plancher du quatrième ventricule est d'un rose gris, quelquefois ecchymosé ; la substance du cervelet présente une couleur vineuse.

D'autres lésions peuvent être considérées comme la cause de la maladie. Nous n'avons pas à décrire ici toutes celles qui peuvent jouer le rôle de causes déterminantes de l'épilepsie ; mais nous nous arrêterons seulement aux lésions encéphaliques des épilepliques.

On a noté de grandes différences dans le volume et le poids du cerveau des épilepliques : microcéphalie, ou volume exagérée du cerveau, différences de poids entre les deux hémisphères. Dans l'épilepsie dite essentielle on a signalé des indurations de différentes parties du cerveau et du bulbe : en i)articulier des olives bulbaires, des cornes d'Ammon, du cervelet. Ces indura-

SCLÉROSE XÉVROGLIQUE 1o3

tiuns ont été observées sur certaines régions des circonvolutions, dans la zone motrice, sur les circonvolutions temporo-sphénoïdales, l'insula, etc. Elles se présentent sous forme de plaques d'aspect chagriné, légèrement élastiques, comparables à du maroquin écrasé. Les méninges ne présentent aucune altération au niveau de ces lésions. Ces indurations ont été bien étudiées au point de vue bistologique par M. BuchhoUz et surtout par M. Chaslin. Ce dernier a montré qu'il s'agissait là d'une sclérose névroglique avec intégrité des vaisseaux et de la pie-mère ; il a émis l'hypothèse que c'était une lésion d'évolalion, vu l'absence d'inflammation bien nette dans les cas qu'il a observés.

A cùlé de ces plaques d'induration, Rilliet et liarlhez, et plus récemment MM. Bournevtlle et Brissaud ont décrit une sclérose tubéreuse et hijpertrophique du cerveau, dans laquelle les circonvolutions sont hérissées de saillies et de tubérosités qui peuvent atteindre le volume d'une grosse noix. Ces saillies sont constituées essentiellement par un tissu scléreux qui finit par élouiïer les éléments nerveux et les vaisseaux.

La paralysie générale des aliénés, qui comj)le l'épilepsie au nombre de ses symptômes les plus

154 TUMEURS, MIÎXINGITES, ETC.

importants, se caractérise, comme lésion cérébrale, par une dégénérescence rapide des cellules et des fibres de l'écorce grise.

Nous savons que des lésions encéphaliques très variées peuvent produire l'épi lepsie : tumeurs cérébrales de toute nature, méningites aiguës et chroniques, anévrysmes des grosses artères de l'encéphale, hémorrhagies méningées, hématomes de la dure-mère.

Les lésions de l'épiiepsie partielle de l'adulte atteignent le plus souvent l'écorce cérébrale. Elles siègent généralement dans la zône motrice corticale (Charcot et Pitres); mais elles peuvent siéger aussi en dehors de celte zône : elles agissent alors par irritation à distance. Il en résulte que le diagnostic topographique d'une lésion corticale qui produit l'épiiepsie jacksonnienne ne saurait être fait avec certitude, en ne considérant que les convulsions. Les paralysies sous forme de monoplégie ou d'hémiplégie ])ermanentes ont une bien autre valeur à ce point de vue. Elles signifient lésion destructive de la zône motrice corticale du côté opposé.

L'anatomie pathologique, aidée de la clinique, a montré que ces troubles moteurs limités étaient en rapport avec des lésions localisées de l'écorce,

LÉSIONS CORTICALES

suivant des règles assez fixes. Nous renvoyons à ce qui a été dit à cè sujet à propos du diagnostic topographique des lésions.

Quant aux localisations sensorielles, bien que certains faits anatomo-cliniques plaident en faveur de leur siège cortical également, nous manquons de données précises pour établir des lois à cet égard.

Page 1