‹ Epines et fleurs ou Passe-Temps poétiques [microforme]Chapitre 30 sur 47 · MES PORTES · texte numérisé non relu

MES PORTES

Que je vous aime, Ô mes poètes, Et vos chants dérobés à la lyre des cieux!

Ah! comme vos bonheurs et vos peines secrètes

Risonnent dans mon âme, échos harmonieux!

Combien de fois j'ai fui la foule Afin de me trouver seul à seul avec vous!

Pour entendre longtemps votre voix qui roucoule,

Mieux que l'oiseau, des chants si pénétrants et doux!

Vainement le monde frivole

Cherche à me captiver: toujours vers vous j'accours .

O doux consolateurs, plus vite que s'envole

L'hirondelle légère au nid de ses amours.

coule.

et doux!

AUGCOUTS ,

Di —

C'omme se balance l'abeille Sur le velours des fleurs en s'enivrant de miel. Je herce mes ennuis, quand votre voix s'éveille,

Sur des flots d'harmonie et crois ouïr le ciel!

Il fait si bon de vous relire

Dansquelque retraite où rien ne peut nous troubler,

Si ce n'est que le vent qui se plaint et soupire,

ît, sous l'ombre des bois, semble vous appeler!

Au monde vous prêtez une âme.

Tout vit quand vous parlez: la nuit verse ses pleurs, L'étoile au ciel bleu ceint sa couronne de flamme,

Et la terre s'en lorb sous s25 berceaux en fleurs.

Au gui réveil de Ia nature, La brise épand sa joie en suaves accords, L'ioseau bénit le jour sous la verte ramure

Et la vague des mers vient caresser ses bords.

Oui! toute chose prend une aile Par votre doux génie, étincelle des cieux:

De l’homme vous rendez la pensée immortelle

Quand vous la cadencez en sons mélodieux.

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Vous touchez à peine lu terre.

Aux célestes concerts, vous mêlez votre chant, Comme l'aigle emportunt sa victime en son aire,

Vous m'enlevez aux cieux, épe:uu, triomphant.

Prêtez-moi votre voix sacrée Pour exhaler mon âme en éternels soupirs.

Comment rendrai-je sans votre langue inspirée

Tout ce quidans mon cœur n'est que vagues désirs ?

Mais vos glorieuses phalanges Nous conservent encore un reste de ce feu Dont la flamme là-haut embrase les archanges

Et qui faisait frémir le barde devant Dieu!

Vous ravissez notre pensée Dans le monde enchanté des songes et des ris; Mon âme que de fois par vos hymnes bercée

S'endormit en rêvant à ses rêves chéris!

La colombe mystérieuse Des célestes hauteurs semblait descendre encor Et socouer sur moi son aile harmonieuse,

Plus douce que l'écho lointain des harpes d'or.

De l'Esprit la flamme divine Sur mon front s'inprimait en lumineux sillon Et, Moïse nouveau que le ciel prédestine,

Comme lui me marquait d’un immortel rayon.

Songes dont je suis encore ivre, Que vos riunts espoirs à mon âme sont doux!

O poëtes aimés, que je voudrais vous suivre,

Ne füt-ce que de loin et chanter comme vous!

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