LE CREPUSCULE
La nuit descend sur la terre.
Un bandeau de pourpre et d'or À l'horizon flotte encor.
Heure pleine de mystère!
La lune au disque argenté Déroule sur chaque chose, Comme un voile de beauté.
Un souffle, aux cieux emprunté, Plus parfumé que la rose,
Fait tout frémir de plaisir.
Quelle splendeur éclatante!
“At Tout semble ici dans l'attente:
Qui donc va venir?
L'étoile dans le silence Pleure ses larm2s d'amour.
Au loin de l'hymne du jour
Meurt la pieuse cadence.
L'oiseau, par le frais zéphyr
Bercé, dort dsns la rosée:
Et la vague de saphyr
Etouffe son doux soupir
Sur la rive caressée.
Pas un bruit ne vient troubler Cette solennelle veille,
La terre prête l'oreille:
Qui donc va parler ?
Partout quels suprêmes charmes!
Incomparable douceur
Qui pénètre jusqu'au cœur
Et met dans les yeux des larmes!
L'âme goûte le repos,
Baume de sa lassitude,
Vrai songe du ciel, éclos
Sur la terre des tombeaux!
Dieu! n'est-ce pas le prélude
Qui m'invite à me mêler
À vos fêtes éternelles ?
Anges, prêtez-moi vos ailes,
Je veux m'envoler!