‹ Epines et fleurs ou Passe-Temps poétiques [microforme]Chapitre 31 sur 47 · LE CREPUSCULE · texte numérisé non relu

LE CREPUSCULE

La nuit descend sur la terre.

Un bandeau de pourpre et d'or À l'horizon flotte encor.

Heure pleine de mystère!

La lune au disque argenté Déroule sur chaque chose, Comme un voile de beauté.

Un souffle, aux cieux emprunté, Plus parfumé que la rose,

Fait tout frémir de plaisir.

Quelle splendeur éclatante!

“At Tout semble ici dans l'attente:

Qui donc va venir?

L'étoile dans le silence Pleure ses larm2s d'amour.

Au loin de l'hymne du jour

Meurt la pieuse cadence.

L'oiseau, par le frais zéphyr

Bercé, dort dsns la rosée:

Et la vague de saphyr

Etouffe son doux soupir

Sur la rive caressée.

Pas un bruit ne vient troubler Cette solennelle veille,

La terre prête l'oreille:

Qui donc va parler ?

Partout quels suprêmes charmes!

Incomparable douceur

Qui pénètre jusqu'au cœur

Et met dans les yeux des larmes!

L'âme goûte le repos,

Baume de sa lassitude,

Vrai songe du ciel, éclos

Sur la terre des tombeaux!

Dieu! n'est-ce pas le prélude

Qui m'invite à me mêler

À vos fêtes éternelles ?

Anges, prêtez-moi vos ailes,

Je veux m'envoler!

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