I. Margeret, p
LKS FAUX DÉHÉTRIUS. 344
de Déinétrius. Il lui domia pour ssnccesseor Hermogène, métropolitain de Kazaa , qui ^ par son grand âge ^ ses mœurs irréprochables et sa piété sincère, avait mérité Festime générale. Trop simple pour distinguer l'hypoerisie de la foi véritable^Hermogène devint^ entre les mains de Chouiski ^ un instroo^nt utile.
J'ai parlé des bruits répandus k Moscou sur Tévasion du tsar, dont le cadavre défiguré avait donné lieu àbien des commentaires. Quelques-uns n'avaient pas voulu reconnaître ce cadavre; et d'ailleurs, on exploitât déjà la vieille fable d'un Sosie de l'empereur assassiné à sa place. Quatre chevaux turcs que Démétrius avait dans ses écuries avaient disparu sans qu'on pût les découvrir dans Moscou \ et les gens crédules disaient, qu'à l'aide de ces chevaux rapides, Démétrius avait quitté la ville au milieu du désordre. Enfin, de plusieurs côtés arrivaient des rapports alarmants. C'était un batelier qui avait fait passer l'Oka è trois inconnus habillés à la russe , mais parlant polonais. Un d'eux lui avait donné six ducats en lui disant : a Tu viens de passer le tsar; quand il reviendra à Moscou avec une armée polonaise , il n*oo-
i. Margeret, p. 143. ~ Grevenbrouch, p. 5#.
bliera pas ce service.!) Un peu plus loin, sur le chemin de Pôutivle , les mêmes hommes s'étaient an^êtés dans une auberge allemande et avaient tenu le même langage*. On sut depuis que Tun de ces inconnus était le prince Chakhofsko!, qui, par une prévoyance singulière , dès le lendemain de la mort de l'imposteur, songeait à le remplacer. Il était important de faire taire ces bruits menaçants, et Basile, pour y parvenir, se servit d'Hermogène , de même que Boris s'était servi du patriarche Job. Le parti qui lui parut le plus sûr pour étouffer toutes ces rumeurs à leur origine , ce fut de faire un saint du véritable Démétrius mort à Ouglitch, afin d'ôter à tout imposteur l'envie et les moyens de reprendre un rôle si brillant. Par ordre du nouveau tsar, et sur le récit de miracles opérés à Ouglitch, on exhuma le corps du jeune prince , qui fut trouvé frais et vermeil , tenant encore entre ses mains des noisettes , non moins miraculeusement conservées que son cadavre'.