‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 114 sur 150 · Baer, p · texte numérisé non relu

Baer, p

338 LES FAUX DélléTRIUS.

effet, la capitale , complice du massacre des Polonais et menacée de terribles représailles, était la seule ville de ses États qn'il pût croire à Tabri des séductions de f imposteur. Il avait donc fait ramener à Moscou Mniszek , Marine et les autres seigneurs polonais ses prisonniers. Bientôt après, dans Tespoir d'obtenir de Sigismond le rappel des volontaires au service de Démétrius, il essaya de désarmer le ressentiment de ses captifs , et même de s'en faire des protecteurs en ce besoin pressant. Avec leur liberté, il leur offrit des dédommagements pour les pertes éprouvées par eux * , se bornant à exiger la promesse de ne pas porter les armes contre la Russie et de ne favoriser en rien le nouvel imposteur. Ainsi, après s'être joué des serments les plus solennels, Basile croyait trouver chez des hommes si gravement offensés par lui des scrupules qu'il n'avait jamais connus lui-même. Cependant par surcroit de précautions , après avoir reçu le serment de Mniszek et de sa famille , il lui donna une escorte et traça lui-même l'itinéraire qu'ils devaient suivre pour se rendre en Pologne, s'appliquant à les éloigner le

1. Gos. Crramoty, II, p. 335. Les pertes éprouvées par Mniszek sont évaluées dans le mémoire qu*il produisit à 154,604 florins polonais.

plus possible des postes occupés par les rebelles *. Mais quelque étroitement gardés que fussent les prisonniers, ils n'avaient janoais cessé de recevoir des rapports plus ou moins exacts sur les événements qui se passaient en Russie ^. Parmi les gens de la suite de Marine , on ne doutait pas que Démétrius ne fût encore vivant. Les jésuites polonais accréditaient ce bruit dans toute TËurope, et il est possible que Mniszek lui-même ait cru quelque temps que y pour la seconde fois , son gendre avait échappé au fer des assassins. Pendant les pourparlers qui précé* dèrent son élargissement y la surveillance devenant moins rigoureuse, il obtint des renseignements plus précis, et reçut môme une lettre de Timposteur qui le conjurait de se rendre avec sa fille au camp de Toucbino. Chose étrange ! non-seulement le nouvel imposteur ne prenait pas la peine d'imiter dans cette lettre la signature du premier Démétrius, mais il semble avoir ignoré jusqu*anx formules habituelles à son prédécesseur dans S8 correspondance avec son beau*père'. Il est inconcevable que Miecha-

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