‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 125 sur 150 · Baer^ p. 172 et suW · texte numérisé non relu

Baer^ p. 172 et suW

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Au printemps de Tannée 1610, la Russie présentait le plus déplorable spectacle. Trois grandes armées, ennemies entre elles, la dévastaient comme à Tenvi. A. l'ouest , Sigismond pressait Smolensk; au midi , le faux Démétrius occupait Kalouga, Toula et quelques autres villes. Une partie des Polonais qui avaient quitté le service de l'imposteur étaient allés s'établir sur les bords de TOugra , dans un pays fertile et qui n'avait pas encore éprouvé les malheurs de la guerre. Là, sous le commandement de leur nouveau chef, Jean Sapiéha, ils marchandaient leur alliance tantôt à Sigismond , tantôt au faux Démétrius. Ce n'est pas tout : un prince , Procope Kapounof , profitait de la confusion générale pour élever une bannière nouvelle. A la tête d'une bande assez considérable, il s'était proclamé le défenseur de la Foi; on l'appelait le Têar Blanc ^ titre que portaient, je crois, les anciens grands-princes de Moscovie. Il faisait une guerre à mort aux Polonais et aux Russes qui reconnaissaient ou Démétrius ou Basile, i^ là où son cheval avait passéy dit un chroniqueur, Pherbe ne poussait plus *.» Enfin , comme si ce n'était pas assez de toutes ces armées pour ruiner le pays , les Tartares de Crimée

1. Baer, p. 150. Ttar Blane , me parait èlre synonyme do Prince naUonal, vraiment russe.

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avaient passé TOka sous prétexte de porter secours à Basile leur allié, mais, en effet, leurs bandes agiles saccageaient les villages et emmenaient en captivité une multitude d'hommes et de femmes ^

Tel était Tétat de la Russie au moment de la mort de Skopine. Basile , conservant quelque espoir dans la division de ses ennemis, tourna toute son attention vers le danger qui lui semblait le plus pressant. Après avoir inutilement tenté de désarmer Sigismond par des humiliations et des promesses, il se résolut à le combattre, et annonçant Tintention de délivrer Smolensk , il fit partir de Moscou une armée de près de soixante mille hommes, dont faisait partie un corps considérable de mercenaires , Allemands, Anglais et Français ^, commandés par Jacques de La Gardie. L'expérience et Thabileté de ce capitaine qui avait partagé la gloire de Skopine, semblaient lui présager de nouveaux succès ; mais comme il fallait un Russe pour général en chef, Basile fit la faute de meltre à la tête de toute l'armée son frère Démétrius

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