‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 130 sur 150 · Ms. de Zolkiewskiy p · texte numérisé non relu

Ms. de Zolkiewskiy p

S. Maskiewicz, p. 40. « Nous surprimes les Russes» dlt-U, au moment où le soldat , perdant la lète , dit à soq camarade :' Selle-moi ma ehabraquef apporte^moi mon cheval, Sedlat porthy, davat konia, »

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de près de 40,000 hommes , Tautre de 8,000 soldats étrangers soasles ordres de LaGardie et de de Hom. Des bois et des marécages rétrécissaient le* champ de bataille. Sur le front des deux camps des terrains cultivés enclos de haies, de fossés et de palissades, laissaient entre eux des espaces vides , sur lesquels la cavalerie pouvait manœuvrer. Dans ces espaces assez étroits , les hussards, malgré leur petit nombre, opposaient à la cavalerie ennemie un front égal au sien; bien montés et bardés de fer, ils renversaient sans peine devant eux les reitres allemands et les chevaux légers moscovites, iflais les arquebusiers qui bordaient les haies et les clôtures arrêtaient les charges impétueuses des Polon^ds , leur tuaient des chevaux et harcelaient sans danger leur troupe qui diminuait à chaque engagement. Ce combat inégal dura près de cinq heures, pendant lesquelles il n'y eut pas un escadron polonais qui ne chargeât huit ou dix fois*. Enfin l'infanterie du Hetman arriva. Malgré son petit nombre , elle aborda résolument les enclos et les emporta. En même temps les hussards 8*animant par leur désespoir, culbutèrent les reitres par une charge furieuse et percèrent le centre de

1» Maskiewicz, p. il, ii.

TennemL Aussitôt la déroute devint générale. Une partie des étrangers se dispersa, entraînant La Gardie et de Horn qui faisaient de vains efforts pour les rallier. Démétrius Qiouiski y renversé dans un marais, y perdit son cheval et ses bottes , et à grand'peine s'enfuit nu-pieds du champ de bataille*. Un grand nombre de Moscovites se jeta dans les bois, ne songeant qu'à échapper aux lances des Polonais qui s'acharnaient après les fuyards. Cependant le gros des Russes, fidèle à son drapeau, quoique frappé de terreur, se serra en une masse confuse, mais difficile à entamer, et assez nombreuse encore pour exterminer les vainqueurs si elle eût osé reprendre l'offensive. De leur côté, les étrangers se retranchèrent à la hâte, avec un peu plus d'ordre, mais encore moins disposés à renouveler le combat. Entre ces deux armées, les Polonais , harassés de fatigue, mais maîtres du champ de bataille et exaltés par la victoire, empêchaient les deux camps de communiquer entre eux*. Quelques-uns commençaient à piller les chariots des Moscovites'; la plu-

t. Ms. de Zolkiewskiy p. 103.

S. Maskiewicz, p. 48 et suiv

3. Zolkiewski dit que Démétrius Ghoaiski avait ordonné de jeter dans son camp tout ce qa*il y avait de précieux dans set

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part y mettant pied à terre y ne pensaient qu'à respirer après une si rude journée. Zolkiewski seul croyait n*avoirrien fait tant qu'une troupe ennemie demeurerait encore en armes. Il s'approcha des étrangers et leur fit offrir des conditions honorables. On commença à parlementer. Les affaires de Chouiski semblaient désespérées, et, pour ces mercenaires^ il ne s'agissait plus que de savoir si le roi de Pologne accepterait et paierait leurs services. Bientôt on vit des soldats étrangers sortir de Penceinte de chariots derrière laquelle ils s'étaient retranchés, s'avancer deux à deux , trois à trois ^ et se mêler aux Polonais. Des compagnies entières désertèrent avec leurs en- . seignes. En vain La Gardie et de Horn accoururent au milieu de leurs soldats pour s'opposer à cette honteuse négociation *. Abandonnés successivement par la plupart de leurs capitaines , ils furent réduits à souscrire aux conditions offertes par le vainqueur. La défection des auxiliaires étrangers acheva de décourager les Moscovites. A leur tour ils demandèrent à capituler. Le soir même Zolkiewski rentrait

bagages, espérant que pour recueillir ce ricfae butin, les Polonais cesseraient de poursu.'vre les fuyards. —- Ms. de Zoii » p 109.

t. Id., md.

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dans son camp, et Valouief apprit tout à la fois l'absence momentanée, la victoire et le retour de son ennemi. D n'avait plus de vivres , nul espoir d*étre secouru y il mit bas les armes*. Telle fut la bataille de Klouchino si glorieuse pour les armes polonaises 9 et surtout pour le général qui, en moins de vingt-quatre heures , réduisit deux armées bien supérieures à la sienne. Dana ce court espace de temps, Zotkiewski montra tour à tour le stoïcisme du vieux soldat se dévouant à une mort certaine , l'habileté du tacticien profitant des fautes de son ennemi et trouvant des ressources inattendues sur le champ de bataille, enfin la prudence d'un profond politique toujours sage, toujours maître de lui, même après le succès le plus inespéré. La bataille de Klouchino semblait devoir être décisive, et assurer pour jamais la prépondérance de la Pologne dans le Nord^ grâce aux fautes inconcevables de Sigismond, elle ne devait avoir d'autre résultat que d'ajouter une page glorieuse à l'histoire militaire de son pays*.

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