‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 133 sur 150 · Gfr. Ms. de Zolkiewski, p. 118. — Baer, p · texte numérisé non relu

Gfr. Ms. de Zolkiewski, p. 118. — Baer, p

a. Il me parait probable que 2U>lkiewski a'avait jamais eu «dMostructions précises à cet égard, bien qu'il assure qu'à son départ du camp de Smolensk, la candidature de Wladislas fut en quelque sorte reconnue et autorisée par le consdl. Je crois que Sigismond ne s'était jamais expliqué francbemeut avec le Hetman. Il semble qu'il avait été plus confiant avec les en- "voyés du Saint-Siège; au moins on peut le supposer par le

LES FAUX DÉHÉTRIUS. 383

il n*y en avait pas de plus illustre que te roi de Po^ logne. Slave lui-même, il était plus digne qu'un Allemand de commander à des Slaves. En l'appelant au trAne on obtiendrait la paix et un protecteur puissant qui saurait bien vite délivrer la Russie du bandit de Touchino.

Cette proposition blessait l'orgueil national, mais dans la situation des affaires il semblait impossible de la rejeter, lorsque par une espèce de compromis on proposa de déférer la couronne à Wladislas, Le Hetman de la couronne l'avait en quelque sorte désigné sur le champ de bataille de Klouchino. De la sorte on évitait que la Russlt5 ne devint la vassale de la Pologne. Le prince n'avait que seize ans; il était assez jeune pour adopter les mœurs et peut^tre la religion du peuple qui se donnait à lui ; enfin , ce que tous les boyards comprirent , et ce que personne n'exprima , c'est qu'avec un jeune homme sans expé-

passage suivant d'une lettre du nonce Simonetta au cardinal Borgbese, datée de Vilna le 33 avril 1610, c'est-à-dire plus de deux mois avant la bataille de Klouchino.

« Mi ba poi conferito, corne da se, il sudetto Mgr. Firlei, che Sua Maestà risoluta (impadronita cbe si sera di Smolensco) di proseguir il restante delV impresa di tutta la Moscovia^ e di trasferirsi percib in persona col suo campo alla voila deila MetropoU di Mosca. Tourghanief, Hon» Hi$t. pat,, IL

384 LES FAUX DÂMÊTRIUS.

nence la carrière demeurait ouverte à toutes les arabitions. Le conseil de l'empire, rassemblé au Kremlin, décida tout d'une voix que Wladislas serait reconnu pour tsar de toutes les Russies , pourvu qu'il promît de respecter la refigion et les coutumes nationales. Il n'était point ordinaire aux boyards de prendre si rapidement une résolution de cette importance; mais leur délibération fut pressée y dii-on y par l'annonce d*un danger plus redoutable que l'approche de la petite troupe de Zolkiewski . Le faux Démétrius avait appris à Kalouga la déposition de Basile et la victoire des Polonais. D'abord il s'était empressé d'écrire à Zolkiewski y offrant de se reconnaître vassal de Sigismond et de lui céder la province de Smolensk. Ses envoyés avaient ordre d'essayer do gagner le Hetman par des promesses ou des présents ; mais le ^ieux guerrier était incorruptible* Il reçut ces ouvertures avec mépris, et permit seulement que les agents de l'imposteur allassent les porter au roi à son camp devant Smolensk. Il n'y avait pas d'apparence que Sigismond y enorgueilli par sa victoire y se montrât plus traitable ; aussi , sans attendre sa réponse, l'imposteur prit un parti désespéré. Dans le

Page 1