Ms. de Zolkiewski, p
LKS FAUX DÉMBTBIUS. 38(^
désordre général j il crut le moment favorable pour un coup de main sur Moscou ; en eJQTet, la ville étail dégarnie de troupes ; les Polonais n'avaient pas encore dépassé Mojaîsk; il savait que la populace de la capitale serait disposée à le seconder ^ . Rassemblant toutes ses forces , il quitta Kalouga , publiant qu'il allait venger les malheurs de la patrie et défendre l'indépendance nationale. Son armée venait de se renforcer du corps polonais de Sapiéha , qui y n'ayant pu s'accorder avec Sigismond ; n'avait pas tardé k reconnaître que pour subsister en Russie sa bande avait besoin d'un drapeau. Il s'était donc rallié au prétendant de Kalouga , qui, heureux d'un pareil appui y lui avait épargné les reproches sur sa défection quelques mois auparavant. Avec ces forces et comptant sur les intelligences qu'il entretenait dans, la capitale 9 l'imposteur s'avançait à marches forcées , ne respirant que menaces et vengeances.
Les boyards alarmés appelèrent aussitôt Zolkiewski à leur secours. Le traité fut signé sans discussion. Les Russes ne demandaient que l'intégrité de l'empire et la protection de la religion nationale,, oflrant d'ailleurs de payer tous les frais de la guerre.
t. Ms. de Zolkiewskî, p. 126, 137.
Zolkiewski se orovait autorisé à conseiitii h ces codditions y et il avait assez bien servi son maître pour espérer qu*it lui laisserait la gloire de régler les articles de la paix. Aussitôt , précipitant sa marche, il se porta an-devant de Fimposteur, et prit le com* mandement des troupes moscovites que le consdl des boyards mit à sa disposition. Ainsi, quelques jours après la bataille de Kloncbino , Zolkiewski se voyait à la tête d'une armée rosse qqi y réunie à la sienne y se croyait invincible.
En reconnaissant les drapeaux du Hetman, les. Polonais de Sapiéha, d'ailleurs inférieurs en nomtve «t assez mal organisés, s'arrêtèrent, et déclarèrent qu'ik ne combattraient pas contre leurs compatriotes. Les Russes, au contraire, supplièrent Zolkiewski de donner le signal de Tattaque pour en finir avec cette horde de pillards * ; mais Zolkiewski n'eut garde d'y consentir. Au lieu de se chaîner, les deux généraux se saluèrent , se dcmnèrent la main •et s'entretinrent amicalement. Sapiéha protesta de son dévouement au roi de Pologne; mais chef d^une ^rmée de volontaires, il avait dû songer avant tout à leurs intérêts ; il se considérait comme un négociant