Letopis miatejakhf p
LES FAUX DâMÉTRIUS. 105
lai décerna le titre à^élu de tout Pempire russe. Minine n'avait ni les talents ni l'expérience d*un général, mais il avait un sens droit, un tact sûr, un désintéressement presque unique à cette époque. Se réservant pour lui-même le soin d'organiser les forces nationales, de maintenir Tordre et Tunion parmi les confédérés de toutes les provinces, il fit choix pour conduire l'armée d'un homme aussi honnête, aussi patriote que lui-même. Tandis que le jugement et la fermeté de Minine présidaient aux conseils, répée du prince DémétriusPojarski* chassait les Polonais de ville en ville. Tout le peuple se ralliait autour de ces deux généreux citoyens. Après une campagne marquée par une suite de triomphes, Minine , loin de vouloir conserver le pouvoir quMl avait fait aimer et respecter, déclara qu'il fallait un 4sar au pays, et conseilla de prendre celui que Dieu donnerait et que proclamerait la terre russe. Le 3 mars 1613, Michel Romanof fut élu dans Moscou affranchie du joug polonais.
Aux premiers succès du prince Pojarski , le fantdme de Démétrius et tous les prétendants subal*
1. Selon Lubienski son extracUon était médiocre, bien qii*il portât le titre de prince. — Posarcins postremae not» bomo. Lubienski, op. post. IM.
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ternes disparurent comme par enehantement. Zanicki comprit qu^une force irrésistible allait l*écraser, et ne songea plus qa*à s^assurer un asile. Traînant à sa suite Marine et son fils, il essaya inutilement de soulever les Cosaques du Don. Après avoir essuyé une défaite près de Voroneje, il gagna le Volga et s'empara d'Astrakhan dans Tespoir de s'y fortifier, mais les généraux de Michel Romanof ne lui en laissèrent pas le temps. Chassé de cette ville et traqué par des forces supérieures , il projetait de gagner la côte orientale de la mer Caspienne, lorsqu'au commencement de juillet 4614, il fut surpris sur les bords du laik et livré aux généraux moscovites ainsi que Marine et le fils du second Démétrius*. On les conduisit aussitôt à Moscou. Là Zarucki fut condamné à mourir sur le pal , supplice des traîtres , et le jeune Ivan , âgé de trois ans à peine, fut étranglé, tant le nom de Démétrius inspirait encore de terreur. Marine, renfermée dans une prison, s'y éteignit dans l'obscurité, abandonnée comme il semble par son pays et par sa famille même *.