Scoperto et in piedi, tuuo tremaDte.» Cillii p
IiBS FAUX DBHÉTfilUS* 94
iNteant la tête et joignant les mains sur la poitrine selon la manière de saluer ites Moscovites, mais sans prononcer une parole. Alors Sigismond avec un sourire gracieux , lui dit : a Dieu te garde , Démétrius, « prince deMoscovie ! Ta naissance nous est connue « et attestée par des témoignages sincères , nous « t'assignons une pen«on de 40,000 florins, et comme c notre ami et notre hôte, nous te permettons d'ac- «t cepter les conseils et les services de nos sujets. » Â ces paroles la joie et l'émotion de Démétrius furent si fortes qu'il ne put trouver un mot à répondre. 11 s'inclina profondément et sortit aussitôt, laissant la cour un peu surprise de son manque d'assurance ainsi que de ses manières humbles et embarrassées, qu*on n*attendait guère du fils d'Ivan le Terrible. Au reste, le sort du proscrit venait de se décider, et en ce moment suprême il lui étaît permis de laisser paraître quelque trouble dans sa contenance, n fallut que le nonce Texcusât auprès du roi et fit de grands efforts pour vanter le mérite de son protégé. Au fond, peut-être, Sigismond ne lui savait pas mauvais gré de son manque d'assurance , mais Timpression qu'il garda de cette entrevue ne fut pas favorable à Démétrius, et il ne cacha pas l'intention de se borner à lui donner les secours dus à ses mal-
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heurs, sans l'aider lui-même de ses armes, a Quant « au palatin de Sendomir , ajouta-tril , quHl consulte a ses intérêts. Ce sont affaires personnelles et qui a ne regardent que lui ' . »
Ces termes un peu obscurs ne laissaient pas de donner libre carrière aux projets de Démétrius et de Mniszek. La pension que Sigismond venait d'accorder était un secours bien illusoire , car elle devait être payée par Mniszek y débiteur de Sigismond 3 et débiteur à peu près insolvable^; mais c'était beaucoup que le roi de Pologne eût reconnu Texîlé pour Théritier du trône de Moscovie, et qu'il lui eût permis d'accepter les conseiU '^t les services des Polonais. U l'autorisait ainsi à lever des troupes et à préparer une expédition contre Boris. Le nonce exhorta Démétrius à profiter au plus vite de la bonne volonté du roi, et à passer la frontière avant que Sigismond eût le temps de se rétracter.
Déjà, en effet, une grande agitation régnait dans toute la Sévérie. On y annonçait hautement Tarrivée prochaine du tsarévitch. Dès le commencement de
1. Cilli, p. 19 et suiv. Gilli assistait à cette scène. Il ne dit pas dans quelle langue s^exprimait Démétiius; vraisemblablement en polonais.
i. Got, Gramoty, II, p. 2115.
Tannée 1604 ^ des partis de Cosaques et de Zaporogues s'étaient montrés dans cette province^ et avaient commencé les hostilités contre les agents de Boris. Au mois de janvier, une de ces bandes qui s'était jetée dans la Russie Blanche , rencontra près de Poutivle Stéphane Godounof, un parent de Boris, et faillit l'enlever. Les Cosaques avaient tué ou pris la plupart des gens de sa suite et pillé ses bagages. Puis ils avaient relâché leurs prisonniers en les chargeant d'annoncer à Boris quMls allaient sous peu ramener à Moscou le tsarévitch Démétrius leur légitime souverain *.
Ces brigandages de Cosaques n'avaient rien de bien inquiétant, et leurs hordes indisciplinées étaient coutumières de pareils excès; mais le nouveau cri de guerre qui s'élevait dans leurs steppes donnait une importance extraordinaire à cette prise d'armes. Boris, sans perdre un moment, envoya des troupes sur la frontière de Lithuanie, changea les gouver» neurs des villes dont il soupçonnait la fidélité , et disposa partout des postes d'observation qu'il confia à ses plus fidèles officiers. En même temps , il se hftta d'écrire à Sigismond pour se plaindre de l'ac*