Kanonzine, XI, p
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lerie du tsar, mérite d'être exposée au lecteur, comme faisant connaître les antécédents du faux Démétrius, selon Topinion que la cour de Moscou voulait accréditer. On verra bientôt qu'ils ne peuvent se rapporter au personnage qui se donnait pour le fils d'Ivan.
«Le tsar a été informé qu'en Lithuanie , un certain coquin se faisait appeler le tsarévitch Démétrius , prince d'Ouglitch, fils divan. Ledit coquin n'est autre qu'un certain moine défroqué nommé Grichka Otrepief, fils du capitaine de strelitz Bogdan Otrepief. Après avoir été tonsuré au monastère de Tchoudof, l'année 7711 (1603), il passa la frontière, vint en Lithuanie , et entra au monastère de Petcbera en compagnie d'un autre moine nommé Michel Povadine. Là, par une ruse diabolique, il feignit d'être malade, et, suppliant l'abbé de le confesser, lui dit qu'il était Démétrius d'Ouglitch, fils du tsar Ivan; qu'il avait pris des habits de moine pour se cacher du tsar Boris , mais qu'il n^avait pas fait profession. Puis il pria Tabbé de publier sa confession s'il mourait. Après quoi, il se leva, parla et se trouva mieux. L'abbé, déçu par cet imposteur, écrivit au roi de Pologne et aux sénateurs; sur quoi cet apostat,, jetant son froc , s*en vint à Sendomir prenant le nom du tsarévitch; et dans toute la Sévérie comme dan?
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les villes de Pologne ^ il se trouve des gens qui ajou-* tent foi à cette imposture. *]>
Cette pièce a son importance en ce qu'elle fixe la date de Tarrivée en Lithuanie du moine Otrepief , ou plutôt celle de son apostasie , car il n'est guère probable qu'il soit venu à Petchera pour gagner de là les bords du Don. C'est en 1603 qu'il s'enfuit ^ et c'est la même année que le faux Démétrius se révéla au prince Adam Yiszniowiecki. Jusqu'alors , dit-on , Otrepief avait erré de couvent en couvent dans le fond de la Russie , ou bien il avait résidé à Moscou'. Or, quelle apparence qu'un moine eût pu apprendre là à parler et à écrire le polonais avec autant de facilité que sa langue maternelle? Dans quel monastère serait-il devenu l'excellent écuyer, l'adroit escrimeur qu'on vit en Pologne? Comment expliquera-t-on la présence d'un moine du nom de Grégoire Otrepief parmi les Cosaques du Don et dii Dnieper, lorsque, dans le même temps , le véritable Otrepief y sous le nom de Démétrius, se serait montré à Sambor ou à Cracovie? '
Au reste, ni les proclamations de Boris ni les