Peyerle, p. 9 et suiv
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munitions devenaient rares, et Ton annonçait qoe la grande armée de Boris marctiait an secoors de Nov-* gorod. Seal y Démétriiu ne partageait pas l'abattement général y et s'efforçait de ranimer le courage et Kespoir de sa troupe, lorsqu'un succès inattendu vint lui fournir de nouvelles ressources. Ses coureurs s'emparèrent d'un convoi de 80,000 ducats que Boris envoyait à son armée, ou, selon un récit assez vrai-* semblable ) le trésorier nommé Massalski, s'alla volontairement rendre au camp de Démétrius\ En même temps Poutivle, une des principales villes de la Sévérie, se déclara en sa faveur. En moins de trois jours, Rylsk, Sievsk, Voroneje et une quarantaine de villes ou de bourgs fortifiés suivirent cet exemple '• La défection si opportune de Poutivle était due au moine Otrepief , qui , depuis plusieurs mois, parcourait la Sévérie, ob son éloquence paraît avoir exercé une grande influence sur la multitude.
A Poutivle, ce moine et le prétendant se trouvèrent réunis; moins d'une année auparavant, ils s'é-
1. Cfr. Nikon, p. 61. — PetreîDS, p. 800.— Karamzine, XI, p. 200 et suiv.— Niemcewicz, IV, p. 253, rapporte que Targent était caché dans des tonneaux de miel, et que Déniétiiot ea envoya une parue en Pologne aa prinee Wisniowiecki pour avoir de nouvelles recrues.
a. Peyerle, p. 11; Baer, p. ii.
A.KS FAUX DÂMÂTRIUS. t07
taîent quittés, disait-on, sur la frontière de Lithuanie, Tun pour soulever les Cosaques, Vmtxe pour séduire la noblesse polonaise ^ Chacun avait réussi de son c6té, chacun pouvait s'attribuer le succès et en revendiquer le mérite pour lui seul. Quelles étaient leurs relations auparavant, c'est ce que tout le monde ignorait liais Déraétrius prenait déjà au sMeux son r61e de souverain. Otrepief, qu'il fût ou non sa dupe, s'attendait à retrouver un compagnon , ce fut un maître qui s'offrit à lui. Ses habitudes basses , son penchant à l'ivrognerie , son insolence, dégoûtaient Démétrius, qui loin de récompenser ses services, parait avoir cherché à l'éloigner de lui. Dès ce moment le moine cesse d'occuper une place dans l'histoire. Quelques mois plus tard on le retrouve exilé à laroslavl, lieu de sa naissance, puis il retombe dans l'obscurité*.
Cependant Démétrius épuisait inutilement ses boulets contre les palissades de Novgorod. Enfin Basmanof envoya demander une trêve de quinze jours. Il attendait, disait-il, des nouvelles de Moscou, et s'il n'était pas secouru avant le terme fixé, il pro^mettait de rendre la place'. Dans la situation où se