‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 37 sur 150 · Peyerle, p · texte numérisé non relu

Peyerle, p

%. HerberslaîD, p. 51.

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peine rétabli de ses blessures , mais aussi peu habile et presque, autant désaffectionné. Telle était Tinexpérieuce ou la mauvaise volonté d )s généraux russes^ qu'après avoir pris toutes leurs dispositions pour bloquer Rylsk, ils laissèrent cinq mille Cosaques sortis de Poulivle surprendre, en plein jour, un de leurs quartiers, et ravitailler la place ^ Découragés par cet échec honteux , ils s'en vengèrent par ravager la Sévérie, brûler les villages, pendre ou fusiller les habitants, hommes ou femmes, soupçonnés d'avoir accueilli Fimposteur*. Puis, pour avoir à se vanter auprès de Boris d'un succès qu'ils croyaient facile, ils se jetèrent sur Kromy, petite ville fortifiée seulement par une enceinte de palissades, dans la persuasion qu'ils remporteraient au premier assaut. Mais il y avait dans Kromy un vieil ataman nommé Eorela , rusé partisan, venu des bords du Don avec la reputation d'un insigne sorcier^. Les chroniqueurs nous ont conservé quelques-uns de ses tours magiques, qui sans doute n'étonneront pas beaucoup nos ingénieurs modernes. La place investie, les Russes mi-

1. Peyerle, p. 23. — Il exagère fort, comme U semble, ce succès de Démétrius.

a. Baer, p. 49. i- Peyerle, p. 23.

a. Ein grosser Zauberer. Peireîus, p. 304.

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rent le feu avec des flèches incendiaires aux palis* sades et aux huttes de paille où logeait la petite garnison de Kromy qui ne consistait qu'en six cents Cosaques du Don. Derrière les palissades brûlées, on fut bien étonné de trouver un large fossé et un rempart en terre. Postés dans des trous au pied de ce rempart, les Cosaques tiraient à couvert et fusillaient l'ennemi à bout portant. Il fallut renoncer à une attaque de vive force. Mais alors, nouvelle invention diabolique : du grand fossé d'enceinte, Korela poussa de longues tranchées çà et là dans la campagne. Dès qu'un poste moscovite montrait quelque négligence, une bande de Cosaques, sortant de dessous terre, venait l'égorger, puis, à la vue des renforts, disparaissait plus rapidement qu'un renard dans son terrier souterrain. Sans cesse harcelés par un ennemi invisible, les généraux de Boris passèrent deux mois devant cette bicoque, plutôt assiégés qu'assiégeants * . Démétrius, qui se sentait hors d*état de reprendre la campagne, n'en faisait pas moins à son ennemi une guerre active et des plus dangereuses. De Pou-

t. Oa ne connaît pas la da^e exacte de rinvesiissement de Kromy. Je suppose qull eut lieu au commencement du printemps, car il serait difficile de comprendre toutes ces terres remuées pendant un hiver de Russie. Y. Baer, p. SI.

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livledontil avait fait son quartier général, il parvint à lier des intelligences secrètes avec quantité d'officiers du camp devant Kromy. Ses lettres et ses manifestes inondaient Farmée et pénétraient jusque dans Moscou. Il y racontait comment, échappé aux poignards de Boris, il avait dû cacher sa vie et sa retraite jusqu'au jour où la Providence lui avait per* mis de redemander, l'épée à la main, Théritage de ses pères. Il assurait que le roi de Pologne, son allié, ]ui envoyait une armée nombreuse, et qu'au printemps il marcherait sur Moscou avec des forces irrésistibles ^ Les ravages et les cruautés exercées dans la Sévérie par l'armée de Boris avaient exaspéré les habitants. De toutes parts des recrues arrivaient à Poutivle, ne respirant que vengeance, et prêtes à mourir pour leur tsarévitch. Dans toutes les bourgades de cette province, une des plus peuplées de la Russie, on exaltait la bravoure, la clémence, Taffitbilité de Démétrius. Dès qu'il rentrera dans Moscou, disait-on, il n'est chose qu'il ne fasse pour ses fidèles sujets, martyrs de la bonne cause. D'un autre cdté, des émissaires nombreux et habiles cherchaient à gagner les soldats étrangers, l'élite de l'armée de

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