Baer, p. 55. — Petreïiis, p
450 LB8 FAUX DÉMÉTRIVS.
sortit du fourreau pour défendre le jeune prince auquel moins d'un mois auparavant tous les Moscovites avaient prêté serment de fidélité.
A cette manifestation populaire succéda une orgie. Personne ne commandait plus à Moscou y car des boyards du conseil, les uns attendaient l'événement cachés dans leurs maisons , les autres s^étaient empressés d'aller à Kromy saluer le nouveau souverain. Le patriarche Job pleurait prosterné aux pieds des autels*. Libre pour un jour, la populace envahit le Kremlin et se mit en devoir d'enfoncer les caves du palais. Boris vaincu , le pillage de ses biens semblait un droit légitime. Cependant, sur les représentations de quelques notables, la multitude renonça à son projet; mais, pour se dédommager, elle se répandit dans le quartier des Allemands, força les boutiques et se livra à mille désordres- Si Ton en croit le pasteur luthérien Martin Baer, qui alors habitait Moscou , un boyard nommé Bielski, autrefois favori d'Ivan, puis disgracié par Boris , et revenu depuis peu de son exil , ameuta la canaille et Texcita à boire le vin des Allemands. Il agissait ainsi par esprit de vengeance , et voici le motif de sa haine :