Oo prétend que Ouglitch avait autrefois 30,000 habitants
9. Karamzine, X, note 137. — Tai rapporté aussi exacte* ment quMl ni*a été possible toutes les circonstances de la catastrophe d'Ouglitch, choisissant dans Tenquète les faits qut m*ont paru avérés, et, dans Tincertitude , les plus vraisennblables Plusieurs annalistes russes, écrivant assez longtemps après la mort de Démétrios , en ont fait des récits fort difTérents et très-circonstanciés , mais sans nous faire connaître lés autorités qu*ils ont suivies. Karamzine lui-même parait s'être appliqué plutôt à reproduire la couleur dramatique de leurs
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Un seul homme avait un intérêt évident à la mort du tsarévitch y et cet homme étmt Boris. Pourtant, telle était la terreur qu*il inspirait, que son nom ne fut pas prononcé une seule fois dans Tenquéte. Hais
traditions qa*à en apprécier la valeur historique Do doit les croire dictées par un génie invisible , qui tantôt pénètre dans le cabinet de Boris pour y surprendre ses plus secrètes confi dences , tantôt écoule les dernières paroles de Tinnocente vio- Ume seule avec ses assassins. — Selon le roman populaire, car je ne puis lui donner un autre nom, la tsarine aurait pénétré de bonne heure les sinistres projets du Régent. Attentive à vdlter sur les jours de son fils, elle déjoue plusieurs tentatives d*empoisonnemeDt, où, comme le conte pieusement l*aniialiste Nikon, le poison demeure sans effet contre le jeune martyr (Nikon, vni, 16). Bons alors se détermine à employer le fer, moyen plus décisif, et cherche partout des meurtriers. En vain il s'adresse à ses créatures les plus dévouées et même k un de ses parents. Knfin Kletchine, menin du tsar Fêdor, moins scrupuleux que les autres, lui trouve un homme prêt à tout faire sMl est bien payé. Gel assassin, c'est Biliagofski. Il promet de tuer le tsarévitch avec Taide de son fils et d'un certain Katchalof son neveu. Maiscen*est pas assez de trois scélérats pour dépécher un enfant de dix ans ; ils s*associent encore le fils de la gouvernante, Osip ou Joseph Yolokhof, un gentilhomme nommé Tretiakof , enfin un assez bon nombre de subalternes, car on ne veut pas qu*U y ait eu d'erreurs dans la juslice populaire, et tous les gens massacrés, le 15 mai 1591, ont mérité leur sort. Toute cette bande d*assassins est encore soutenue par la gouvernante Vassilissa , qui se charge d'écarter la tsarine. Elle y parvient malgré les pressentiments et les avertissements secrets ^ qui ne manquent jamais, comme on sait,
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malgré sa profcnde hypocnsie, son ambilioii n'était depuis longtemps m» secret pour personne , et peo de gens dootèrent qu'il n'eût commandé et payé l'assassinat de Démétrius. La rigueur inouïe dédias de telles occasions. Osip Volokbor abordé Feiilsait sur le perrcm do polaîs , ci , mettant b maîn è son collier poor lai découvrir Is gorfe et choisir Fendroit où il enfoncera fe couteau : « Cest OB «rtlier aeif que rtms avez là, monseigneur? « lui demande-MK — IfoR , c^est Tancien,)» répond Démé* trivs. yolokhor te frappe et le blesse Mégèienent; tons ces seétémls sont des apprentis. Cependant , chacun donnant son €0op, ils achèyent Fenfkat et le précipitent en bas du perron. Par bonhenr, le sonnenr de la catbédrate a tout nr (et font entendu , comme il semble). Il sonne le tocsin, et ?on sane le reste. ( Karamsiw, X, 176 et soir.) Ihulrte de relefer tontes les invraisemblances de ce récit. Comment supposer que le rosé Boris eût confié son secret à tant de subalternes, à moins qve, par on nonvel eflbrt d'imag'matfon , on n'ajoute que le sonneur de la cathédrale était aposté exprès par Ini pour fiiire massacrer tous ses autres agents? De feit, une supposition non moins inrraîsemblable i^était répandue dans te public. Baer, chroniqueur assex éclalvé pour son temps , Pavait recnerlKe i Moscou , neuf ans seolement après la mort de Démétrius , c*est-à«dire en fSOO, époque de son arrivée en Russie, «rloris» « (Kt-il , pour prévenir Tindlscrétiott des meurtriers, les fit ex- <f pédîer tons à leur retour i Moscou. » ( Baer, p. i. } Cette fable prouve combien il avait falln pen de temps pour que les •circonstances de Pévénement dXhiglitch eussent été oubliées en Russie. Le bon pasteir rtlemand semble avoir ignoré le massacre de Biiiago^ki et de ses compagnons auKi bien que 4e terrlMe châtiment qui en fiit la suite.
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ployée contre les habitants d'Ongiiteb acheva de convaincre les phis mcrédoles. On se disait tout bas qu'il avatt fait disparattre des témoins qo^il n^a?»l po sabcMmer, e/i qu'il avait détroit une irille toiil es» tière afin d'effacer jusqu'à la trace de son forbit DéscNnnais le peufAe moscovite ne vouhit plus voir en hn qu'un meurtrier^ et dans fontes les aetions de sa vie cftt'one suite de crimes airoces.
Malbearenx celui quepoursoit la haine de Faveugie multitode! Spécieuse ou absurde^ il n'y a point d'accusation qui ne trouve créance auprès d'eDe. Ingénieuse à ealoinni^y elle attribue aux actions les plus innocentes un but criminel; die transforme les accidents fortnits en combinaisons perfides; souvent même les services rendus à la patrie passent pour des trahisons aux yeux du vulgaire» Boris en fit la triste expérience. Peu q»ès l'horrible tragédie d'Ou>glitcb^ on inoenAe dévasta plnsieora quartiers de Moscou, et réduisit à la misère un grand nombre de ses habitants. Boris fit reconstruire à ses frais des rues entières, distribua des secours aux\ictimes du désastre, et leur accorda des dispenses d'impôt. On accepta ses bienfaits, mais on l'accusait tout bas d'avoir allumé l'incendie pour l'attribuer aux partisans des Nagoïs et confirmer par une calomnie nouvelle
le crime quMI venait de leur imputer faussement*. La même année, Kassim Gherei, khan de Crimée^ pénétra tout à coup en Russie à la tête d'une armée formidable 9 el parut inopinément aux portes de Moscou. Les généraux perdaient la tête, l'ftrmée était sans organisation ; le peuple s'abandonnait à un désespoir stupide. Apathique à son ordinaire, Fëdor répondait à ceux qui venaient lui demander des ordres, « que les saints, protecteurs de laAussie, combattraient pour elle ^. d Dans cette extrémité, Boris seul conserva sa présence d'esprit. Quelques jours lui suffirent pour élever devant Moscou des palissades et des redoutes, derrière lesquelles il réunit des milices nombreuses et une artillerie formidable. 11 ranima le courage des troupes, et par sa prodigieuse activité suppléa à toutes les ressources qui manquaient en ce moment suprême. Repoussés d'abord dans leur attaque contre ce camp improvisé,
1. Palitsyne, 4. — Baer, 4. — Margeret, p. 19, dit qu*il fii mettre le feu aux boutiques des marchands « pour leur tailler de la besongne, jusques à ce que la rumeur fût un peu apaisée et les esprits rassis. » — Karamzlne, X, 194, parait croire que rincendie Tut allumé par Boris. Mais, selon Palitsyne, le feo commença au milieu âujottr^ ce qui suftirait pour montrer t ote l'invraisemblance de Taccusation.
a. Nikon, VII, 341.
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les Tartares voulurent regagner leur pays au bout de quelques jours; mais vivement poursuivis par les Russes y leur retraite se changea bientôt en une déroute affreuse , et un tiers à peine de leur immense armée parvint à regagner la Tauride. Le pays était sauvé par Boris, mais Fëdor seul se montra reconnaissant. Le peuple accusa le Régent d'avoir appelé les Tartares, a afin, disait-il, que le danger delà patrie fit oublier la mort de Démétrius ^ d
L'année suivante, 1592, on annonça la grossesse inespérée de la tsarine Irène. Elle accoucha d'une fille. Aussitôt le peuple murmura que Boris avait substitué un enfant à celui que sa sœur venait de mettre au monde. Cette fille mourut au bout de quelques jours; on dit qu'il l'avait empoisonnée. Enfin, en 1598, Fëdor, miné depuis longtemps par une maladie de langueur, s'éteignit dans les bras de sa femme et du Régent. La mort du tsar était depuis longtemps prédite par ceux qui dénonçaient Boris comme l'assassin de Démétrius. Après avoir écarté les obstacles qui l'éloignaient du trône , après avoir exterminé tous les rejetons de la famille impériale, il couronnait son œuvre en ôtant la vie au faible