d., ibid
3. n semble que ce fut alors une formule consacrée. Ou la voit employée à ravénemenl de Fëdor Ivanovitch, el les pie^
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duitsau silence. Qui eût osé déoM^ntir le témoignage de la tsarioe religieu$et Peu de joart après, Démétrius fut couronné en grande pompe dans Téglise cathédrale et avec le cérémonial déjà consacré par Fêdor et par Boris.
S'il observait en de telles circonstances rétiquette antique de ia cour moscovite , sa conduite et toutes ses habitudes contrastaient singulièrement avec celles de ses prédécesseurs. Il voulait régner par lui-miéme j tout connaître , tout voir par ses yeux« Basmanof, traité toujours par lui avec la plus grande distinction , et même avec amitié , s'aperçut promptement qu'il ne serait pas facile de gouverner ce jeune nomme de vingt-trois ans, dont il s'était flatté sans doute d'être le tuteur. Démétrius ne voulait ni favori ni maître. Il fallait que tout pliât sous
sa volonté y et pouriant , tout despote qu'il était , il
aimait la discussion et accordait à ses boyards la liberté la plus complète de le contredire. Tous les jours il présidait le conseil , et sa mémoire prodi<^ gieuse, sa facilité, sa pénétration confondaient ses ministres. On se demandait où il avait appris à con* naître si bien son empire, ses besoins et ses res^
miers oukases de Démétrius, datés de Toula, la reprodu;jeQt
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sources. Tolérant la contradiction et la recherchant méme^ il abusait trop souvent de sa supériorité pour railler sans mesure des adversaires qu'il avait con vaincus d'erreur, ou que le respect avait réduits au silence. Ses plaisanteries laissaient des blessures aussi profondes que les injures d'un tyran capricieux et sourd à la raison. En outre il montrait trop ouvertement une préférence partiale pour les coutumes étrangères, qui choquait les préjugés des Moscovites, n citait sans cesse la Pologne , cette antique ennemie de la Russie, vantant à tout propos la supériorité de ses lois et de sa civilisation. — « Voyagez, inslruisez-vous , disaii-41 à ses boyards; vous êtes des sauvages; il faut vous policer. » On ne lui pardonnait pas ses railleries sur l'ignorance de ses sujets, car cette ignorance , aux yeux de beaucoup de gens, avait quelque chose de saint, comme la vieille religion et les vieilles coutumes.
Lorsqu'il entra dans Moscou, la famine y exerçait encore ses ravages, et la misère y était générale. Il parvint à y porter promptement remède par de sages règlements qui , favorisant le commerce et la circulation des denrées, firent succéder l'abondance à la disette. 11 s'appliqua également, et dès les premiers jourt; de son règne, à réformer la justice et à mettre
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des bornes à la rapacité des juges, ainsi qu'à la lenteur de leurs procédures. A Texemple de plusieurs tsars dont la mémoire demeurait chère dans les traditions du peuple, il se montrait le mercredi et le dimanche sur le perron de son palais , et là , recevait lui-même toutes les suppliques. Il interrogeait avec bienveillance les pétitionnaires, les écoutait patiemment, et souvent d'un mot terminait une affaire qui durait depuis des années. S'il devait rejeter une demande , il le faisait avec tant de douceur, qu'on lui savait presque autant de gré de ses paroles obligeantes que d'une grâce reçue.
Son infatigable activité d'esprit et de corps étonnait toute sa cour, mais les Moscovites, habitués à l'étiquette solennelle de leurs tsars, trouvaient qu'il manquait parfois de dignité. Ainsi, au lieu d'aller à l'église en carrosse, selon Tusage, il s'y rendait à cheval , et souvent sur un cheval difficile qu'il se plaisait à réduire. Quand Ivan, Fêdor ou Boris montaient à cheval (et cela n'arrivait que rarement) on leur amenait une haquenée bien dressée; un dignitaire de Tempire approchait un escabeau, un autre tenait l'étrier; on soulevait le tsar, et tout se passait gravement et lentement. Les choses avaient bien
changé. Leste comme un enfant des steppes, De-
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métrius se faisait amener tm étalon rétif; d'une main il empoignait la crinière du cheval , et il était en selle avant que ses officiers eussent eu le tempe de s'acquitter de leur office. Autrefois les tsars ne passaient pas d'une chambre dans une autre , sans que plusieurs courtisans ne les soutinssent par dessous les bras« On les dirigeait, on les menait comme des enfimts en lisière. Tout ce cérémonial incommode fut mis de côté. Le nouveau tsar sortait de son palais sans prévenir personne, presque toujours sans garde y exécutant sur l'heure la pensée qui lui venait à l'esprit. H allait à pied par la ville, tantdl inspectant les travaux d'une fonderie de canons qu'il venait d'établir à Moscou , tantôt entrant dans lés bouticpies, causant avec les marchands, surtout avec les étrangers, et témoignant une grande curiosité de tout examiner et de connaître les instruments et les procédés de leur industrie. Souvent ses chambellans et ses gardes du corps le cherchaient de rue en me, et avaient beaucoup de peine à le retrouver. Toutes les fois qu'il entendait parler d'une industrie nouvelle, il voulait aussitôt l'introduire en Russie, et faisait faire des oflres avantageuses à des artisans habiles ou des commerçants éclairés pour quMis vinssent se fixer dans ses États. Il aimait les arts et
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parCicuHèreinent la musique. On dit qu'il fut le pra mier tsar qui eut à son senrice des chanteurs et dei joueurs d'instruments. Pendant ses repas on exécu» tait des symphonies, mode de Pologne, toute nouvelle aioES et presque scandaleuse pour les Russes. Bien des gens eussent trouvé bon qu'il s'enivrât avec ses bouffons, comme Ivan le Terrible, au lieu d'écouter des joueurs d'instruments allemands ou polonais. Contre l'usage, alors général en Russie, il ne fidsait jamais la sieste après ses repas; il était toujours en mouvement. Ses divertissements même témoignaient de son besoin d'activité. Les exercices les plus violents étaient ceux qu'il préférait. La chasse au faucon, les courses de chevaux étaient ses délassenaents afMrës ses travaux de cabinet. Écuyer hardi et consommé, il se plaisait à dompter les chevaux les plus rétifs. Un jour à Toininsk, on voulut lui donner le spectacle d'un combat d'ours, amusement des grands seigneurs de cette époque. Un ours traqué dans les bois était lâché au milipu d'une espèce d'arène, et là, des chasseurs armés de piques le tuaient, ou étaient déchirés par l'animal furieux. Le pacifique Fêdor Ivanovitch prenait grand plaisir à ces cruels spectacles. Mais Démétrius n'était pas homme à regarder ces combats du haut d'un balcon»
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Ilalgré les supplications de ses courtisans ^ il voulut lescendre seul dans Tarène, se fit lâcher un ours énorme et le tua d'un coup d'épieu *•
Son adresse dans les exercices guerriers et son intrépidité reconnue lui valurent Tadmiration des soldats et surtout des Cosaques; mais la masse de la nation ne pouvait concilier cette inquiétude et ce goût des dangers inutiles avec l'idée qu'elle se faisait d'un tsar de toutes les Russies. Surtout, les gens scrupuleux trouvaient fort à redire à sa conduite, en ce qui concernait les pratiques religieuses. Il était distrait aux offices, souvent il manquait à saluer les saintes images avant de prendre ses repas, et quelquefois il se levait brusquement de table, oubliant de se laver les mains. Alors, cela passait pour une impiété. On lui faisait encore un crime de ne pas aller régulièrement au bain les samedis*. Le jour de son couronnement, un des jésuites polonais qui l'avaient accompagné lui fit un compliment en latin que personne n'entendit, et le tsar pas plus qu'un autre probablement ; mais les dévots ne doutèrent pas que ce discours ne contint des blasphèmes horribles contre la religion nationale , car tous savaient que le