Platon, II, p. Ui
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lions de Démétrius? Maiszek et Marine furent peutêtre les premières personnes dont l'estime lui parùl précieuse. Pourobtenir l'approbation de quelques palatins polonais, il risqua sa couronne ; mais chaque homme ne croit -il pas que l'opinion du monde est celle du petit cercle où il s'est accoutumé?
Les envoyés deDémétrius trouvèrent la cour de Cracovie encore plus mal disposée pour leur maître qu'ils ne s'y étaient attendus. Les uns y accusaient l'excès d'orgueil d'un grand-duc de Moscovie, qui osait usurper le litre de César et AHmperator. D*autres le raillaient sans pitié sur le protocole de ses lettres, où il se donnait Tépithète d'invictissimus. Quolques-uns lui supposaient les projets les plus perfides, et prétendaient que ses armements n'étaient point dirigés contre le Turc, mais bien contre la Livonie, qu'il voulait reprendre à la Pologne *. A la tête de la cabale qui se formait contre Démétrius, se trouvaient le palatin de Posnanie elle chancelier de Lithuanie ^. Ces deux personnages, soit qu'ils fussent en relations
avec les mécontents de Russie, soit que panni les
1. Got. Gramoty, Lettre de J. Buczynski à Démétiius, II, p. 85S et 8ui Tantes. — Lettre de MDiszck ili Démétrius. ibiâ . p. SU.
2. Gos. Gramoty^ II, p. 359.— Hss. de Zolkiewski, p. 17.— Karamz., XI, p. 17S.
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personnes attachées à Tainbassade de Démétrius il y eût des traîtres qui les instruisissent des dispositions du peuple à Moscou, accréditaient à la cour de Sigismond les bruits les plu fâcheux sur le compte du nouveau tsar, et représentèrent à leur mattre la Russie comme déjà lasse du joug d'un imposteur, et prête à se jeter dans les bras d'un prince, même étranger, qui la délivrerait de son tyran. Il est possible, mais fort douteux, que dès cette époque quelques boyards eussent songé à demander un tsar à la Pologne et jeté les yeux sur le jeune Wladislas , fils de Sigismond. Au reste, le roi n'encourageait nullement ces ouvertures étranges , mais il permettait les moqueries et les attaques directes contre les prétentions de Démétrius \
Il accueillait avec bienveillance les familles des gentilshommes polonais ou lithuaniens qui avaient
1. « Chouiski eut l'art de faire envoyer en Pologne, auprès de Sigismond I Bezobrazof, qui était son confident. Celui-cf» après avoir fait au roi son compliment o£Bciel, demanda k parler en secret au chancelier de Lithnanie, ce qui lui fut reftasé. Alors il s^adrcssa à Gonciewslii et lui révéla, de ta part de Chouiski et des Gilitsine, que Démétrius était exécré, quMl allait être précipité du trône, ex qu*oii voulait lui donner pour successeur le prince Wladislas. — Le roi fit répondre en secret aus boyards qu'il apprenait avec peine la situation de la Russie; que, pour lui-môme, il ne mettrait pas d'obstacle à leun
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pris part à Texpédition contre Boris , et qui se plaignaient qu'on eût mal récompensé leurs services; il promettait d'intervenir en leur faveur^ et adressait d'amers reproches aux ambassadeurs moscovites. Au milieu de cette cour si mal disposée pour le nouveau tsar, Mniszek se trouvait dans une situation fort difficile , et ne savait comment répondre aux accusations de ses compatriotes. Persécuté par ses créanciers, vivement pressé par le roi lui-même, qui lui avait avancé des sommes considérables , il avait beau vanter la puissance de son gendre, il ne pouvait obtenue de crédit chez les marchands*. D'un autre côté, l'ambassadeur russe, Yiassief , indignait les palatins et Mniszek lui-même par sa hauteur. Heureusement ce n'était pas à lui que les négociations les plus délicates avaient été confiées. Le secrétaire intime de Démélrius, Jean Buczynski, arriva
projets ; quant à son fils Wladislas, il désirait qu'il se coiUentftt de sa position et s^en remit à la volonté de la Providence... Toutes ces communications avaient lieu par Tentremise du chancelier di; Lithuauie. » Mss. de Zolkiewski, p. 15-17. Selon toute apparence, Zolkiewski confond les époques, ou bien cherche à disculper son maître de la guerre entreprise plus tard conire la Russie.
1. Gos. Gratnoty. Lettre de Mniszek au tsur, II, p. iil et •uiv.
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fort à propos porteur d'une grosse somme d'argent pour Mniszek, et d'une promesse formelle du tsar de le cautionner auprès de Sigismond, qui paraît avoir été un créancier fort impatient *. Buczynski était un esprit souple et fertile en expédients. Polonais lui-même, il pouvait mieux que personne plaider la cause du tsar auprès de ses compatriotes, et pénétrer les intrigues qui se tramaient contre lui. Démétrius avait encore un autre défenseur à la cour de Sigismond, c'était le comte Alexandre Rangoni , neveu du légat apostolique en Pologne. Ce seigneur revenait de Moscou, où il avait été envoyé par le Saint- Siège pour complimenter le nouveau tsar et probablement obtenir de lui des promesses favorables à la cause catholique. Le tsar, en retour, comptait sur son intervention et sur celle du nonce pour vaincre les répugnances de Sigismond. — - a En refusant de me donner le titre de César, écrit-il dans une lettre confidentielle au comte Alexandre, le roi encourage les mauvaises dispositions de quelques-uns de mes sujets. Déjà Ton soupçonne que je me suis engagé à lui céder quelques-unes de mes provinces, et il serait également dangereux pour loi et pour moi que cette