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2. «Ils (les ambassadeurs de Moscovie) ont cette coustume de ne parler ia mais si le Roy n*est habillé, quelquMudisposition quil puisse avoir, et il faut, s*il ne sort du lict, qu*au moins il ait ses habits, et qu'il soit comme assis et soutenu par dessous les bras, autrement ils retournent sans parler. C*est pourquoy Tambassadeur a toujours un assistant pour voir si Ton nu le trompe poiut, et particulièrenicnt pour Hs qualités du Roi et de leur Prince, sur lesquelles il y a lousiours grande contestation. L'ambassadeur les lit pour ne rien oublier : son
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une nouvelle audience où Sigismond lui annonça qu'il accordait au palatin de Sendomir la permission de marier sa fille au tsar de Russie, et, à cet efFet, Mniszçk reçut un passe-port royal qui Tautorisait à se rendre à Moscou pour ses affaires personnelles et celles du roi et de la république. Il y était spécifié que jusqu^à son retour, il serait sursis à toutes les actions judiciaires qui le concernaient; et qui pouvaient être pendantes dans les différents tribunaux de Pologne. Cette clause montre quelle était alors la position de Mniszek^
En prévenant Vlassief que la cérémonie du ma* riage par procuration aurait lieu le dimanche suivant, le roi ajouta qu'il ne retiendrait pas Vambassâdeur, ne voulant pas priver plus longtemps son jeune maître des utiles conseils d'un tel ministre. Le com-
assistant les lit aussi dans sou mémoire. Si on leur en dispute quelqu'une, ils crient pour empesctier qu'on ne poursuive, et bien souvent il faut recommencer et trouver quelque moyen d'accommodement pour faire cesser leur clameur. L'on letir fait aussi la mesme ulfficalté, et quand les qualitez sont terminées de part et d'autre, c'est le principal pôinct de l'ambassade accoraply. Que s*ils se relaschent sans subiect et qtt^ils n'ayent pas assez soutenu le dignité de leur maistre, ils ont des centaines de bastonnades à leur retour. » Le Laboureur Voyage de la Reine de Pologne^ première partie, p. 198. 1. CrOf . Gramoty, II, p. a39.
pliment fut pris pour un nouvel affront. Vlassief avait fort envie de faire un éclat, et Buczyuski ne parvint pas sans peine à le retenir. Peu de jours après , Mnizsek présenta sa fille à Sigismond , en lui disant qu'après Dieu, c'était à Sa Majesté. qu'il rendait grâces de Thonneur fait à sa famille. Marine tomba aux genoux de la reine, humilité peut-^tre;excessive dans sa position, et qui augmenta la mauvaise humeur des Russes présents à Tentrevue. Elle fut à son comble lorsqu'on leur notifia que la cérémonie du mariage n'atu*âit pas lieu dans la cathédrale , à cause de la présence obligée d'un ambassadeur schismatique , mais dans une maison particulière * . Vlassief s'attendait au moins qu'on choisirait le palais du roi, mais on désigna la maison d'un simple négociant florentin, Messer Valerio Montelupi^. C'en était trop pour l'orgueil moscovite. L'ambassadeur protesta qu'il n'assisterait pas à la cérémonie, et il fallut l'ordre exprès de Marine pour l'y contraindre. L'évéque de Gracovie donna la bénédiction et tout se passa d'ailleurs avec la plus grande
1. Il semble évident par là que, même à Gracovie, on faisaU semblant de croire publiquement que le (sar ne s'était pas converti.
a. GUU, p. 62 et suiv
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pompe. Seulement ie représentant de Démétrius, par sa gaucherie autant que par sa mauvaise humeur qui se trahissait à chaque instaivt, apprêta un peu à rire à la cour élégante de Sigismond. Pendant Télévation , il demeura debout , comme pour protester contre l'union de son maître avec une catholique. Au moment de la bénédiction , Tévéque lui ayant demandé, selon la formule consacrée, si le tsar n'était pas déjà marié à une autre femme, Vlassief répondit qu'il n*en savait rien , n'ayant pas reçu d'instructions à cet é^ard. On ne put jamais lui persuader que pour ce jour il représentait son maître, et il s'obstina à rester debout sans manger à côté do la tsarine^ pendant le dîner que donna Sigismond. * Il refusa de danser avec elle au bal qui suivit le banquet. — «Moi! toucher la main de Sa Majesté! » disait-!^ en se reculant avec une sorte d'effroi comique. Brillante de beauté et de jeunesse, couverte de perles et de pierreries, Marine fut Fobjet de l'admiration générale, et chacun la plaignait d'aller ensevelir tant de grâces dans une cour barbare. Cependant, à la fin de la fête, Vlassief prit sa revanche et réussit à éblouir les Polonais, en mettant aux pieds de sa nouvelle souveraine les présents que lui envoyait Démétrius. C'était une nef d'or valant 60,000 rou-
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Mes, des figurines d'argent et d'or d'un prix égal, une pendule à musique, un collier de perles grosses comme des muscades , et enfin quantité de perles moindres, mais d'une valeur immense, pesant ensemble plus de cent vingt-cinq livres ^
Toute cette magnificence ne tirait pas Mniszek de ses embarras. Heureusement, peu après le départ de Ylassief , une somme de 200,000 florins que lui remit un frère de Buczynski, arrivant de Moscou, lui permit de composer ses équipages et de donner une cour à la tsarine sa fille. Mais tous ces préparatifs exigeaient du temps. Ni Mniszek, occupé de composer avec ses créanciers et d'intriguer auprès de Sigismond en faveur de son gendre , ni Marine, charmée de montrer ses parures à ses compagnes, ne se pressaient de quitter la Pologne. A la première joie, à Fexplosion de la vanité satisfaite avaient succédé les regrets de quitter le pays natal , les inquiétudes pour l'avenir sur une terre étrangère. Cependant Timpa-* tience de Démétrius était grande; il accusait, non sans amertume, les lenteurs de son beau-père, TindiiFérence de sa fiancée, et leur écrivait lettre sur lettre pour hâter leur arrivée dans ses États. — « Je