‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 76 sur 150 · Journal de Marine, p. 80 et soiv · texte numérisé non relu

Journal de Marine, p. 80 et soiv

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mes de pertuisanes , vêtus de cafetans de satin blanc doublés d'hermine, sur lesquels se croisaient de grosses chaînes d'or. A la droite du tsar était le patriarche, à sa gauche Basile Chouiski portant le glaive in;péj*ial ' ; un peu en arrière un boyard tenait un mouchoir^ qui ne devait pas rester inutile dans la cérémonie. Un peu plus loin se pressaient en foule des évéques, des boyards du conseil, et un grand nombre d'officiers du palais, tous magnifiquement habillés. Le palatin baisa la Main du tsar et lui fit sa ha* rangue qui le toucha tellement, que Sa Majesté pleura comme un Castor *. Ainsi conte, dans son style naïf, l'auteur de la relation que je traduis. L'étiquette ou l'émotion ne permettant pas au tsar de répondre lui-même, Afanassi Ylassief , au nom de son maître, complimenta Mniszek sur son heureuse arrivée. Le palatin prit place sur un siège à quelques pas en face du trône, pendant que son fils, le staroste de Sanocz et les princes Wisniowiecki étaient présentés en cérémonie. Alors Démétrius se levant, invitale palatin à dîner, tandis que Basmanof,

1. /d. ibid. ICc serait-ce pas plutôt Sk(tpine-Chouiski ? Ce dernier a le titre de Porte-glaive dans la liste du conseil d« Tempire.

%. On plakal kak Bobr, Journal de Marine, p. 23.

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par son ordre, annonçait aux gentilshommes polonais de sa snite, que le tsar leur faisait le même honneur. Tout semblait étrange dans cette cour aux nobles Polonais, déjà familiarisés avec les recherches de l'Europe occidentale. Le palais de Démétrius, en effet, réunissait les magnificences et la barbarie de rOrient ; il était construit en bois, comme la plupart des maisons de Moscou, mais les pentures des portes étaient recouvertes d'or de ducat ; des poêles de faïence, entourés de grilles d'argent, échauffaient les appartements. Dans la salle à manger, les Polonais admirèrent la prodigieuse quantité de vaisselle d'argent, étalée sur des dressoirs : c'étaient des chevaux, des lions, des griffons, des licornes, des vases de mille formes bizarres s*élevant les uns an-dessps des autres, depuis le plancher jusqu'au plafond; d'énormes tonneaux d'argent avec des cercles de vermeil contenaient l'hydromel et le vin '.Le tsar s'as-

1. Non posso alla Y. M. G. riferire abbastanza che intiDîto namero di bicchieri e tazze di oro si usorno, ed anco che quanlîtà di vasi d'argenio ed indorati stavano iieU* anticamara. Questo banchetto, che duro dair mezzo giorno (ino aile trehore di noue, fu servito con 1800 piatti di oro massicio, e le bicchieri faroiio parimenti tutti d*oro, senza pero toccare quelli che stavano neilô lavole délie credenzc. Relazione fatta ail Imperatore da iV<> Warkotseh, ambase, di S. M. C, mandcUo

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rit sur une estrade devant une table de vermeil, dressée pour lui seul, et rec^^uverte d'une nappe brodée O'or. A sa f^auche une autre table, disposée un peu plus bas, njçut le palatin , son fils, et les deux Wt^znîowiecki, considérés comme les alliés deTempereur. Enfin, en face du tsar, les gentilshommes polonais prirent place à une troisième table avec des boyards russes , chargés de leur en faire les honneurs. On ne donna pas cTassiettes aux convives de cette dernière table , c'était une distinction réservée au palatin et aux parents de la tsarine, encore le tsar prit-ril soin de les avertir qu'en les traitant ainsi , il dérogeait en leur faveur à Tétiquette impériale. Â défaut d'assiettes, le tsar envoya de sa main , à chacun de ses convives, de grandes tranches de pain blanc y dont ils se servirent à la façon des héros, de V Enéide ^ Le dîner dura plusieurs heures, composé d'une interminable suite de plats se succédant sans

ail gran Duea di Itofeovia, 1594. Turgeuîef, Monim. hist,, I, p. 125.

1. J*ai vu en France, à une noce de paysans, des garçons de ferme faire des façons pour s*asseoir à table, et refuser de se servir d'assieUes. Les mauvaises manières d*aujourd'hui sont souvent les façons de cour d'autrefois. Voir dans Saint-Simon des détails sur les habitudes de Louis XIV, qui passeraient pour d'une abominable grossièreté aujourd'hui*

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interruption à la manière orientale. Vers la fin du repas, on servit à boil'e^ Démétrius porta la santé du palatin et celle de ses parents, puis il envoya une coupe dn vin à chacun des autres convives. L'officier porteur de la coupe prononçait à chaque fois la formule suivante : « Démétrius Ivanovitch, imperator, tsar et grand-duc de toutes les Russies, te fait cette grâce. » Enfin l'étiquette cessa, et les tables furent couvertes de cruches remplies d'hydromel , d'eaude-vie, de bière et d^autres liqueurs dont chacun put boire à son gré. Le témoin de cette fête moscovite remarque que les officiers de bouche apportaient les plats sans cérémonie et sans se prosterner. Ils n'ôtaient pas même leur bonnet en passant devant le tsar, et se contentaient de lui faire une inclination de tète. Pendant le festin on présenta à l'empereur une vingtaine de ses nouveaux sujets arrivés de la Sibérie. Ils avaient été une année en route pour venir de leur pays à Moscou, et pendant leur voyage ils avaient, sans le savoir, (rois fois changé de mattre. C'étaient, dit l'auteur polonais, des idolâtres du Japon : probablement des Samoyèdes ou des habitants du nord-^jst de la Sibérie.

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