Journal de Marine, p
a. Petruui Bosmanno ganiz nackend tosgezogea, bundea
LES FAUX DÈHETRIUS. 233
au milieu des huées et des plus indignes outrages par les principales rues de Moscou, et quand ce jeu barbare eut cessé, on le jeta sur une table dressée dans la grande place. Auprès de lui, mais un peu plus bas, on déposa sur un banc le cadavre de Basmanof, en sorte que les pieds du tsar portaient sur la poitrine de son favori. Un gentilhomme s'approcha de ces restes hideux , montrant au peuple un masque qu'il prétendait avoir trouvé dans la chambre à coucher de Démétrius, au lieu réservé dans les maisons russes pour les images des Saints*. Il jeta ce masque sur le ventre du mort. Un autre lui mit une cornemuse sur la poitrine et lui fit entrer dans la bouche le tuyau de Tinstrument. a Assez longtemps, dit-il, tu t'es joué de nous; à présent joue pour nous ^. » Quelques-uns, frappant le cadavre de leurs fouets, disaient : a Voilà le tsar, le héros des Allemands ! d Dans cette orgie hideuse, les femmes se distinguèrent par leurs excès et les outrages dégoûtants qu'elles
anDem^rii Gemaechte. Petrelus, p. 351. Faut-U voir dans cet ignoble outrage un soupçon populaire sur la cause de la faveur dont jouissait Basmanof ?
1. Il y a dans toutes les maisonâ russes une place destinée aux images , devant lesquelles on entretient une lampe al-^ lamée.
a. Baer, p. 99.
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inventèrent*; partout , dans les fureurs populaires, les plus faibles sont les plus lâches et les plus féroces. Pendant trois jours, les habitants de Moscou purent contempler les restes de celui qui avait été leur empereur. Mais la rage de ces ennemis avait rendu presque illusoire cette exposition publique. Dans cette masse informe, tailladée à coups de sabre, souillée de sang et de boue, qui aurait reconnu le hardi jeune homme qu'on avait vu, peu de jours auparavant, couvert d'or et de pierreries, ceindre la couronne impériale. Quelques-uns crurent remarquer que le cadavre exposé avait de la barbe, et on savait que Démétrius n^en avait point. On commentait la couleur de ce visage balafré, ces traits méconnaissables, et quelques gens crédules se demandaient si les assassins n'avaient pas encore une fois manqué leur victime^?
Le corps de Basmanof fut réclamé par son frère utérin, le prince Galitsine, qui le fit porter dans le tombeau de sa famille; mais le cadavre de Démé* trius demeura trois jours exposé sur la place du marché. La troisième nuit, les gardes placés à l'entour aperçurent une flamme bleue voltigeant aa^