‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 97 sur 150 · Margerct, p. lii · texte numérisé non relu

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Ses allures de soldat, sa familiarité avec tout ce qui l'entourait étaient peut-être une imitation maladroite autant qu'un reste de ses anciennes habitudes d'aventurier. Mais les Russes du xvn« siècle dilFéraient au* tant des Français que le génie de Démétrius de celui de Henri lY. La profonde politique du Béarnais lui avait échappé y et pour ressembler à son héros, il eût fallu l'étudier ailleurs que dans les camps ou dans les ruelles.

Ce fut encore un malheur pour Démétrius que de triompher trop vite et trop complètement. Henri IV, si la bataille de Centras lui eût donné la France, n'aurait peut-être pas su encore son métier de roi. A vingt-trois ans, Démétrius se trouva maître d*un empire immense. Avec la présomption de la jeunesse , il voulut réformer un peuple encore sauvage et grossier, avant de s^en être fait aimer, ou de s'en être fait craindre. Naturellement doux et humain ,

d'ailleurs entraîné à suivre le contre-pied de la politique de Boris , son ennemi , il crut qu'en se montrant généreux jusqu'à la prodigalité, clément jus* qu'àladébonnaireté, il se ferait aimer et obéir. Il prétendit châtier par des humiliations , souvent par des railleries, des hommes accoutumés par Ivan et

Boris à ne respecter que la hache toujours levée sur

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leurs têtes. Basile Chouiski avait conspiré contre sa vie: pour tonte vengeance ^ il le contraignit à jouer à sa cour le rôle de valet : mais il connut trop tard qu'un serpent qui rampe n^est' pas à mépriser.

Au reste , il fallut qu'à cette clémence imprudente et qu'à toutes les fautes qu'il commit en offensant les préjugés et les croyances de ses sujets , il ajoutât une inconcevable témérité pour que la conjuration du 27 mai lui fît perdre la couronne et la vie. Sans doute il avait Fàge où l'on aime les dangers inutiles, où Ton croit honteiix de montrer que Ton craint quelque chose. Les héros ont aussi leurs préjugés. César, à cinquante-sept ans , après avoir affronté la mort dans cent batailles , ne put supporter l'idée que les Romains doutassent de son courage, et il renvoya sa garde espagnole pour prouver qu'il ne craignait pas un coup de poignard ^ Démétrius n'eut ' des gardes que pour faire montre de pourpoints de velours et de toques à plumes. Si, au lieu de ses Allemands, qui le défendirent si mal, et qui le rendirent suspect aux Moscovites , il s'était entouré des six cents Cosaques qui , dans Kromy, avaient résisté aux quatre- vingt mille soldats de fioris, il eût tout

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