‹ Épisode de l'histoire de Russie; Les faux DémétriusChapitre 98 sur 150 · DioQ Gassîusy p. 38a · texte numérisé non relu

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à la £[>is ménagé les préjugés populaires et opposé à ses ennemis des hommes dont Torlhodoxie n'étail pas plus douteuse que la valeur. Avec quelques canons et un millier de soldats fidèles il pouvait facilement repousser Tattaque désordonnée de la popu* lace * ', peut-être même eût-il suffi qu'au lieu de leurs inutiles hallebardes ses gardes du corps eussent été armés de bonnes arquebuses. En effet , la plupart des Moscovites qui prirent part à l'insuiTection n'en voulaient pas au tsar, mais seulement aux Polonais. a Les Lithuaniens tuent l'empereur! » tel était le cri des conjurés pour ameuter la multitude; et , comme il arrive dans la plupart des révolutions , un petit nombre d'hommes ambitieux poussèrent en avant une masse aveugle et stupide, qu'ils rendirent à son insu complice de leurs ptojets. Bien qu'habituées depuis longtemps à suivre l'exemple de la capitale , les provinces de Tempire regrettèrent Démétrius , et quelques-unes s'armèrent pour le venger. Partout le peuple disait : « Le tsar était un brave. Il n'a régné

1. En ISU, le capitaine Margeret, alors au service de Sigismond, parvint, avec une centaine de mousquetaires, à com-^ primer un soulèvement bien plus dangereux des habitants da Moscou , soutenus par les troupes du prince Démétrius Pojarski.

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qu*un an , et déjà ses voisins tremblaient. Dieu ju* géra nos boyards , qui ont tué deux empereurs Tun après l'autre. En serons-nous plus heureux * ? »

Quel était cet homme singulier qui, arrivé par rimposture à la plus haute fortune, s'en montra digne par ses grandes qualités? cet aventurier qui , dépouillant les baillons de la misère pour revêtir le manteau impérial, le porta avec aisance; ce souverain auquel, oserai-je le dire, il ne manqua peutêtre que de savoir verser le sang pour devenir le chef d'une dynastie? Ses contemporains n'ont pu éclaircir le mystère qui couvre son origine; peut-on espérer de le pénétrer aujourd'hui?

La plupart des historiens modernes ont supposé que le faux Démétrius était un moine apostat, et qu'il n'était auU*e que Grégoire Otrepief , mais , comme je l'ai dit plus haut, cette opinion n'obtint presque pas de créance parmi les contemporains. Les proclamations de Boris, les excommunications du patriarche Job ne trouvèrent que des incrédules, et en effet l'identité de l'imposteur avec le moine Otrepief ne repose que sur l'affirmation de ses ennemis à bout de ressources pour le combattre.

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