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Mme de Rémusat, .Mme d'Abrantès, général Thiébault, etc

LES ORATORIOS DE J.-F. LE SUEUR Cl

composition de Le Sueur d'une aussi longue durée, car les trois oratorios dits « du Couronnement » représentent bien deux heures au moins de musique. On sait qu'il écrivit une marche de triomphe pour l'entrée des souverains et qu'il dirigea les chanteurs, choristes et instrumentistes placés dans le fond de la croisée, à gauche du trône, sur un amphithéâtre en gradins. Or, la messe qui fut chantée à Notre-Dame était de Paësiello et le morceau final, un Vivat, avait été composé par l'abbé Roze. Est-il vraisemblable cependant qu'ayant à sa disposition un chœur et un orchestre immenses, Le Sueur, maître de chapelle de l'Empereur, n'ait pas profité d'une occasion aussi solennelle pour faire entendre une œuvre de lui ? Un ou deux numéros de la partition peut-être ont été composés pour le couronnement de Napoléon, ainsi que la marche initiale, mais tout le reste appartient au sacre de Reims, j'en ferai la démonstration plus loin. Il faut donc renoncer à compter les Oratorios du Couronnement parmi les productions de cette époque '- ; mais les autres oratorios de Le Sueur,

I. Du reste, la notice sur Le Sueur dans le Dictionnaire de Choron, publié en 1810, n'en parle pas. Ce silence me paraît significatif.

et notamment ceux tirés de la Bible, datent de la période impériale, je crois pouvoir l'affirmer.

En 1790, la chapelle du Roi comptait 4 surintendants, 4 maîtres de musique dont 2 pour la chapelle proprement dite, et 2 pour la chambre, un organiste, un claveciniste ^ La vocale se composait de 27 chanteurs et 12 pages, l'orchestre de 44 instrumentistes : 16 violons, 6 basses. 5 bassons, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, i trompette, I timbalier.

En i8o5, Le Sueur, directeur de la chapelle impériale avec 10.000 francs de traitement^, a pour second Rey, chef d'orchestre à 4.000 fr. Kreutzer, premier violon de l'Empereur, a les mêmes appointements. L'accompagnateur Rigel a 2.5oo fr. ; Baillot le second violon, le harpiste Dalvimare, Duvernois, cor solo récitant, touchent la même somme. La première flûte, Schneitzhœfîer, a 2.000 francs ; la seconde, Tulou, i .5oo, le premier hautbois, Vogt, i.Soo également. Il y a 26 instru-

1. Constant Pierre, Notes inédites sur la musique de la Chapelle royale, i br. in-8", Paris, 1899, bureau d'édition de la Schola Cantorum.

2. Arch. Nat. O- 62. Lettre adressée à Le Sueur par M. de Rémusat le 3o germinal an XII (Papiers de Le Sueur aux Archives de l'Opéra).

mentistes et lo chanteurs seulement. Ceux-ci, les premiers de l'Opéra, sont ainsi rémunérés : Laïs, 3.000 francs ;MmeBranchu, 3. 000 ;Nourrit, second ténor, 2.000 ; Dérivis, deuxième basse, 2.000. Le personnel fut augmenté par la suite. En 18 10, il compte 34 chanteurs et choristes et 5o instrumentistes. Il devait atteindre, en i8i5, 99 personnes, y compris les employés. Naturellement, la dépense s'accroît en proportion. De 90. 100 fr. en l'an XIII, elle monte, en 1812, à 1 5 3. 800 francs ^

La chapelle réunit tout ce que la France possède de sujets d'élite comme chanteurs et instrumentistes. C'est pour ce personnel que Le Sueurcomposela plupart de ses œuvres religieuses, messes, motets, psaumes et oratorios. Pour les circonstances les plus solennelles, il écrit des Te Deum, des Salvumfac^, une cantate religieuse et le motet : Veni, sponsa mansueta, pour le mariage de Marie-Louise, un autre motet : Joannes

1. Chiffre donné par M. F. Masson, Napoléon che^ lui. Arch. Nat. [Ibid.). Voiraussi Chapelle-musique des Rois de France ; mais dans Castil-Blaze les chiffres sont erronés.

2. Sur le catalogue manuscrit de Grégoire (voir p. 68), j'ai compté quatre Te Deum du temps de l'Empire, dont deux chantés à Notre-Dame, les 23 mai et i3 juin iHi3, à l'occasion des victoires de Lûtzen et de Wurschen, et 18 Domine salvum fac Imperatorem.

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baptisât in deserto, pour le baptême du Roi de Rome, en 1811, à Notre-Dame^; de même qu'il compose, pour les concerts de la Cour, un chant de triomphe sur des paroles de Le Brun -, et pour l'Académie impériale de musique, en société avec Persuis, V Inauguration du Toupie de la Victoire, intermède mêlé de chants et de danses, sur un livret de Baour-Lormian, représenté le 2 janvier 1807, et un autre ouvrage de circonstance : le Triomphe de Trajan, tragédie lyrique en trois actes d'Esménard^ Par ces travaux de commande, Le Sueur acquittait sa dette de reconnaissance envers l'Empereur qui avait prescrit de jouer Ossian ou /es iSar^y^s (10 juillet 1804) et assuré le succès de cet ouvrage en appelant l'auteur dans sa loge pendant la représentation et en donnant le signal des applaudissements \ C'est aussi à la protection im-

1. Catalogue de ses œuvres. Stephen de la Madelainf., L. Petit, etc.

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