‹ Épisodes d'histoire musicaleChapitre 16 sur 60 · Arch. Nat. O · texte numérisé non relu

Arch. Nat. O

nière courante. Ce fonds ne possède malheureusement pas les programmes de la période impériale, ni même ceux des deux premières années de la Restauration. J'en étais donc réduit aux conjectures, sauf pour Déborah, car plusieurs des ouvrages consultés affirment que Napoléon goûtait particulièrement cet oratorio ^ J'expliquerai plus loin la raison de cette préférence. Mais il est impossible de fixer exactement les dates de composition et d'exécution. Le Moniteur n'en fait pas mention et les journaux de musique n'existaient pas alors. Il m'a donc fallu recourir aux manuscrits, puisque la publication des partitions n'a eu lieu que sous Charles X et sous Louis-Philippe, par les soins et aux frais de l'auteur. Grâce à l'obligeance extrême de feu Charles Malherbe, j'ai pu retrouver dans sa collection d'autographes plusieurs manuscrits de Le Sueur, ainsi qu'un document plus précieux encore pour l'histoire musicale. C'est un Répertoire des messes et oratorios de Le Sueur, établi le i5 janvier iSBg, à la demande de sa veuve, par Grégoire, secrétaire de la chapelle impériale. Ce document donne la liste des œuvres de Le Sueur exécutées à la chapelle des Tuileries 1. Souvenirs de Blangini ; Stephen delà Madelaine.

LES ORATORIOS DE J.-F. LE SUEUR f.9

jusqu'en mai 1814, et sinon les dates d'exécution, du moins les noms des solistes. En m'aidant des états d'émargement des membres de la chapelle conservés aux Archives Nationales et de quelques mentions portées sur les manuscrits, j'ai pu arriver à déterminer l'époque approximative de l'exécution.

Ainsi, le style des Oratoî'îos de la Passion et du Carême^ m'avait fait penser d'abord qu'ils dataient de sa jeunesse, d'abord en raison de ses allures d'opéra qui rappellent les procédés dramatiques de Gluck et Sacchini, ensuite à cause de l'emploi simultané de deux chants contrepointés tant bien que mal et qui souvent sont peu faits pour s'ajuster aussi étroitement, procédé qui caractérise plusieurs morceaux de Y Oratorio de Noël. En réalité, ils datent de l'époque impériale. Le catalogue de Grégoire donne à Vlntroibo du troisième oratorio le n" 14 et le n° i5 à un air de soprano : Ab ira tuâ, avec sextuor et chœur qui fait partie du second. Il attribue par contre le n" 25 ou 26 à une

I. Ces trois oratorios, ainsi que les oratorios bibliques et la plupart des œuvres religieuses de Le Sueur, se trouvent chez Lemoine, 17, rue Pigalle. L'Oratorio de Noël appartient à Gallet, 6, rue Vivienne.

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dernière messe de carême {les Lamentations de Jérémie) et indique qu'elle fut donnée sous Charles X. C'est l'oratorio qui commence par le cœur : Threni id est lamentationes^.

Passons aux oratorios bibliques. Pour montrer combien il est difficile d'arriver à la précision dans l'histoire des œuvres religieuses de Le Sueur, dont les manuscrits ne portent pas une date, je citerai le cas de Rachel. Plusieurs notices bibliographiques prétendent que c'est une production de sa vieillesse ; il aurait écrit cet oratorio à l'âge de soixante-quinze ans^. En réalité, Rachel figure non seulement sur des programmes de 1818, mais une note inscrite sur un feuillet du manuscrit indique comme solistes Laïs, qui se retira en i8i5, et Mlle Armand aînée, qui chantait à la chapelle impériale^. Le catalogue de Grégoire lui donne le n» 17 et indique comme soliste pour l'air : Circumspice ad Ofientem, Mme Branchu, et comme

1. Il fait erreur : Le chœur : Threni, le duo 0 spes salutis, le quatuor : Plange tristi carminé furent entendus à la chapelle royale les 22 décembre 1822 et 4 mai 1823.

Programmes manuscrits (Arch. Nat., O' 291).

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