Le Sueur avait épousé en 1806 Adeiine jamart de
c'est elle qui, sur le programme manuscrit rédigé par Le Sueur, a fait suivre ces mois : « Jour du Sacre, symphonies de 20 à 25 minutes », de ceux-ci : « exécutées à Notre-Dame de Paris pour le sacre de Napoléon I"" et à Reims pour celui de Charles X ».
En plusieurs passages de la partition, il y a des invocations à saint Rémi. Ces invocations n'auraient pas été justifiées à Notre-Dame. Les paroles du second oratorio relatives à l'histoire de David n'auraient pas été démise pour le sacre de l'Empereur, Quant à la formule du serment récitée par le souverain sur l'Évangile, elle n'a aucun rapport avec celle que prononça Napoléon. Le Gentem Francorum s'exécuta pendant la distribution des drapeaux aux régiments. Or on sait que, pour le couronnement de l'Empereur, cette distribution des drapeaux se fit non dans une cathédrale, mais au Champ-de-Mars. Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que la musique de ce morceau provient en partie du Chant du z" vendémiaire an XI, exécuté aux
Courchamps, fille d'un directeur de l'Enregistrement. Napoléon et Joséphine avaient signé à leur contrat de mariage. Deux fils et trois filles naquirent de cette union. Les garçons moururent en bas âge et l'aînée des filles à dix-neuf ans. En 1827, la cadette épousa X. Boisselot.
Invalides sur des paroles très différentes K Le programme de la marche séraphique avec chœur ne peut s'appliquer qu'à la cérémonie de Reims, puisqu'une note du manuscrit dit qu'elle fut exécutée aussi la veilledu sacre. Il en est de même du Vivat qui commence et termine la partition. On a vu plus haut que le y2Vaf de 1804 était non de Le Sueur, mais de l'abbé Roze. Ace moment final, on admit le peuple dans les bas-côtés de la cathédrale de Reims et on donna la liberté à une foule d'oiseaux de toutes espèces ^. Il n'y eut rien de semblable au sacre du 2 décembre 1804.
Alors, comment expliquer l'affirmation si formelle, gravée en tête de la partition d'orchestre?
i. A ce sujet, M. Constant Pierre a raconté, dans un article très curieux {Paris dramatique et musical, de février 1905), comment Le Sueur transforma en motets ses hymnes politiques de la période révolutionnaire. Son chant dithyrambique pour VEntrée des objets d'art et de science recueillis en Italie (28 juillet 1798) devient une cantate pour le mariage de Marie-Louise. Le morceau en ré majeur du Chant du /"" vend, an IX est utilisé dans le motet : Veni,spo7isa, coronaberis. Inversement, le morceau en sol majeur de cet hymne politique était tiré du passage : Quomodo cantabimus du psaume Super Jlumina, composé à Tours, et lui fit retour plus tard, lors de la transformation de ce psaume.