Arch. nat., O
2. Mlle Himm était entrée à l'Opéra en 1806, et en 1810 à la chapelle impériale, en remplacement de Mme Manent. (Arch. nat., O"^ 62.) Elle a créé plusieurs des oratorios de Le Sueur. Elle épousa le danseur Albert, de l'Opéra.
3. Il fut attaché à l'Opéra de 1806 à 1825 (//. Nourrit, par Et. Boutet de Monvel, i vol. in-18, Paris, 1903, Plon- Nourrit).
tion énumère, comme devant cesser leurs fonctions au r" janvier i8i5, Mmes BranchuS Armand, Duret, Albert, Sijas, Lhoste, Granier, Gervasio, Cazot, Lefort, Lefebvre, Demazière, Bizot, Lebrun, Himm (mère de Mme Albert Himm), Gallaux, Dupuis, Persillier, Granville, Emilie; MM. Murgeon, Laïs, Martin, Nourrit, Laforêt, Ch. Martin, Nocart, Gaubert, Éloy, Albert Bonnet, Dérivis, Bertin, Chenard.
En réalité, si, à la suite de la Restauration, les passions politiques exercèrent leur influence dans ce milieu artistique comme dans les autres, elles y firent moins de ravages. La retraite des principaux chanteurs s'explique tout simplement par leur âge déjà mûr et l'usure de leur organe. Ainsi, Murgeon^, qui conduisait au grand chœur les dessus de la gauche, était déjà employé comme récitant à la chapelle de Louis XVI ; il avait chanté, en 1787, la musique de Le Sueur à Notre-Dame. Le
1. En i8i5, Mme Branchu n'avait que trente-cinq ans. Elle ne fut pas conservée à la chapelle royale et elle quitta l'Opéra en 1826.
2. Retraité en i8i5, avec 600 francs de pension qui ne lui suffisaient pas pour faire vivre sa famille, Murgeon demandait un supplément de 900 francs en raison de ce qu'il était employé comme honoraire par MM. Cherubini et Le Sueur. On lui opposa un refus (Arch. nat., O' 291).
baryton Martin avait alors quarante-six ans et Laïs en avait dix de plus. On reprochait à ce dernier son passé révolutionnaire, mais son âge, à lui seul, le désignait pour la retraite K
Il faut reconnaître d'ailleurs que les circonstances rendaient le recrutement du personnel particulièrement délicat. En effet, il convenait de respecter les droits acquis et les services rendus ; mais il fallait aussi donner satisfaction aux demandes exprimées parles membres de l'ancienne chapelle de Louis XVI, à qui l'on tint compte de leur fidélité plus que de leurs qualités vocales, ainsi qu'à celles des candidats nouveaux, patronnés par des protecteurs influents. D'autre part, en cette matière comme en d'autres, la Restauration ne manqua pas de ressusciter les usages de la Monarchie, Alors que, sous Napoléon P'", la chapelle dépendait du ministère de la Maison de l'Empereur, sous Louis XVIII elle fut rattachée à l'intendance des Menus-Plaisirs et placée sous la surveillance des premiers gentilshommes de la chambre, les ducs d'Aumont et de Duras.
Il y eut forcément, au début, d'assez grandes
1. 11 était né à Lay, en Gascogne, le 14 février lySS. Il mourut à Ani'ers le 3o mars i83i.
modifications dans l'organisation du personnel. D'abord, l'emploi des voix de femmes dans le chant sacré étant condamné par l'Église, la partie des dessus fut notablement réduite. Le projet de budget des Menus-Plaisirs de i8i5^ prévoit, pour tenir cette partie, douze pages dont le nombre fut ramené à six dans l'arrêté approuvé par le Roi le 20 juillet i8i5. Il n'y avait donc plus que six dessus femmes, sans compter les solistes récitantes. La liste des premiers sujets énumérés dans ce projet de budget ne mentionne que des noms obscurs ; le premier ténor récitant est Bouffet, conservé dé l'ancienne chapelle impériale, où il était entré en 1810. Mais les artistes frappés de proscription rie tardèrent pas à rentrer dans la troupe, soit avec la qualité d'honoraires, c'est-à-dire chanteurs supplémentaires, soit comme membres appointés. Ainsi, Mmes Armand, Albert furent réintégrées grâce à la réorganisation du r"" juillet 181 5^; Mmes Duret et Gervasio-Staïti ne tardèrent pas à être rappelées. D'autres changent de nom pour cause de mariage et l'on retrouve, par
1. Arch. nat., O^ 290. Cette transformation s'opéra au l'ï janvier 181 5.