Celui-ci exprimait évidemment les idées de Le Sueur
musique dut sentir les lacunes de ses connaissances techniques, car, l'année d'après, il venait à Paris demander des leçons à l'abbé Roze, maître de chapelle aux Saints-Innocents, qui l'agréa comme sous-maître. « C'était, dit Stephen de la Madelaine, un compositeur médiocre, mais un bon théoricien. »
En 1779, Le Sueur obtint le poste de Dijon et la faveur de M. de Vogue S évêque, amateur passionné de l'art musical, ainsi que l'appui de M. de Vergennes, ambassadeur de France à Venise, qui passait une partie de l'année à Dijon, de M. de La Tour du Pin, gouverneur de la ville, de
On sait que la principale cause de la brouille de Le Sueur avec Sarretie fut la publication de la brochure dans laquelle il proposait de fonder un enseignement musical basé sur les principes des maîtrises. Cette brochure parut en 180 1 .
I. Brochure de Ducancel ; Mémoire pour Le Sueur, l'un des inspecteurs de renseignement au Conservatoire de .musique, au conseiller d'État, chargé de la direction et de la surveillance de l'instruction publique, en réponse à la partie d'un prétendu recueil de pièces imprimé soidisant au nom du Conservatoire et aux calomnies dirigées contre le citoyen Le Sueur par le citoyen Sarrelte, directeur de cet établissement et autres, ses adhérents... par le citoyen G. P. Ducancel, défenseur officieux et ami de Le Sueur. Imp, chez Goujon fils, rue Taranne, n" 787, (Vend, an Xl^.
M. de Surjet, trésorier des États de Bourgogne, et d'autres personnages de marque. En 1782, il se rendit au Mans pour exercer les mêmes fonctions, puis, au bout de quelques mois, à Saint-Martin de Tours. Mais il quitta bientôt la capitale de la Touraine pour celle de la France.
Paris l'attirait pour deux raisons : Legros le conviait à venir entendre exécuter au Concert spirituel des motets de sa composition ^ et il allait succéder à l'abbé Roze comme maître de chapelle aux Saints-Innocents. Le Sueur fut admis sur le rapport favorable d'un jury composé de Gossec, Grétry, Philidor, et il fit à Paris la connaissance de Sacchini, qui le prit en affection au point de corriger plusieurs de ses œuvres. Le disciple ne fut pas un ingrat. Sacchini étant mort à Paris le 8 octobre 1786, Le Sueur composa, sur un poème de Moline, un morceau vocal aux allures d'apothéose, intitulé l'Ombre de Sacchini, qui fut chanté le 8 décembre au Concert spirituel -, en même temps
1. Je n'ai pas trouvé trace de ces exécutions. M. Michel Brenet, dans son excellent travail sur les Concerts en France au XVIII^ siècle, signale à la date du 22 mars 1785 une Ode de J.-B. Rousseau, et les 12 et i5 avril 1786, des chœurs écrits sur les poésies sacrées de Racine et de Corneille (Guide 7nusical du. r"' avril 1900).