‹ Épisodes d'histoire musicaleChapitre 4 sur 60 · M. Ad. Jullien a cité les paroles de Moline dans son · texte numérisé non relu

M. Ad. Jullien a cité les paroles de Moline dans son

que l'oratorio Esther, de ce maître. Il remplit ses fonctions aux Saints-Innocents de 1784 à 1786.

A propos de son entrée à la maîtrise de Notre- Dame (le 26 juin 1786), on a prétendu qu'il fallait être dans les ordres ou avoir quarante ans pour obtenir le poste de maître de chapelle, et que Le Sueur l'emporta au concours sur 45 compétiteurs^ Tout cela est controuvé. Le Sueur n'eut pas à subir l'épreuve d'un concours, et sa jeunesse ne l'empêcha pas d'être préféré à d'autres candidats. Il avait pour lui d'abord l'expérience des fonctions qu'il allait remplir ^ ses succès au Concert spirituel et la protection de plusieurs grands seigneurs qu'il avait connus à Dijon ou ailleurs. Quant à la prêtrise, elle n'était point exigée, et ce n'est nullement parce qu'on cherchait à le faire entrer dans les ordres, contrairement à ce qui a été écrit, qu'il fut contraint, l'année suivante, de donner sa dé-

livre : La Cour et l'Opéra sous Louis XVI, i vol. in- 18, Paris, 1878, Didier.

1. Notabilités contemporaines, R. Rochette, Stephen de la Madelaine.

2. Et les attestations favorables de tous les chapitres qui avaient pu l'apprécier comme maître de chapelle. Conservées dans les papiers de Le Sueur, aux Archives de l'Opéra, elles m'ont servi à rectifier les dates de ses services.

mission. On verra plus loin de quelle manière il quitta Notre-Dame.

Le seul fait exact, c'est que l'archevêque de Paris, Mgr de Juigné, aurait voulu l'attirer vers la carrière ecclésiastique, tandis que ses protecteurs mondains, MM. de 'Vergennes, de Villequier, de Choiseul, de Breteuil, le poussaient vers le théâtre. Étant aux Saints-Innocents, sur un livret d'un nommé Dercy que Sacchini avait abandonné, Le Sueur avait écrit la partition de Télémaque, qui attendait son tour dans les cartons de l'Opéra. Ses relations avec Gossec, Grétry, Piccini, l'attiraient de ce côté. L'ardeur de la jeunesse devait bouillonner dans le cerveau de ce maître de chapelle de vingt-six ans et le pousser à introduire du dramatique dans la musique d'église. Déjà, dans les compositions « pleines d'esprit et de chaleur » qu'il avait fait entendre au Concert spirituel, le Mercure de France^ avait remarqué que l'auteur, « nourri des ouvrages des bons maîtres », soignait particulièrejnent son orchestre. « Sa musique est très dramatique; peut-être même a-t-elle plus ce caractère que celui de chapelle, ce qui est un heureux défaut. » Cette maniera de voir du rédacteur ano-

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