Ibid. Notice imprimée en tête de la partition
dant le banquet des Tuileries ^ Cinq ans plus tard, le duc de Berry est mort assassiné, mais la France entière acclame la naissance de son rejeton posthume, le duc de Bordeaux^. Les deux émules sont conviés à la fêter. L'un extrait d'A lexandre à Babylone le finale du premier acte ^, qui devient, avec des paroles latines : Intonuît de cœlo Dominus, la musique du baptême ; l'autre produit une cantate avec chœurs qui est exécutée le 2 mai 182 1 à la fête de l'Hôtel de ville.
Tous les ans, au i" janvier ou pour la Saint- Louis"*, la musique donne au souverain une au-
1. Notices sur Cherubini. Cette cantate fut exécute'e par cinquante-deux musiciens (Arch. nat., ibid.).
2. Lors du baptême du duc de Bordeaux, le 14 mai 1821, l'Opéra représenta un ouvrage de circonstance, Blanche de Provence, dont les auteurs furent, pour la musique, Berton, Boïeldieu, Kreutzer, Paër et Cherubini, qui composa le chœur: Dors, noble enfant! On l'a chanté souvent aux concerts du Conservatoire.
3. Ch. Malherbe, qui possédait ce manuscrit de Le Sueur, daté du 24 avril 1821, m'a affirmé qu'il correspond a,\i finale du premier acte d'Alexandre à Babylone (p. 224 de la partition gravée).
4. Cherubini avait, au début de la Restauration, composé des cantates de circonstance pour la fête de Louis XVIII ; la première fut exécutée le 29 août 1814, la seconde en i8i5. Cherubini et Le Sueur entrèrent à l'Institut en vertu de l'ordonnance royale du 21 mars 1816. Les
bade et se fait entendre pendant le grand concert. Voici, par exemple, le programme du 25 août 1817 : une marche religieuse pour instruments à vent deCherubini, un quatuor pour cor, harpes et violoncelle et un fragment de symphonie de Haydn forment l'aubade. Pendant le concert, en présence des invités du Roi, l'orchestre et les choeurs exécutent l'ouverture de Lodoïska de Cherubini, le choeur de Tat^are de Salieri, un chœur d'Aristippe de R. Kreutzer et le chœur final des Bardes de Le Sueur. Des airs s'intercalent dans ce programme : la polonaise de Pelage de Spontini, chantée par Mme Albert ; un air de Zémire et Aborde Grétry {la Fauvette), Yocalisé par Mme Duret; Mlle Lecler, MM. Rigault et Levasseur disent le trio d' Œdipe à Colone de Sacchini. Avec un quatuor de harpes, cor et violoncelle et l'air royaliste : Vive Henry IV I qui termine obligatoirement la cérémonie, cela fait neuf morceaux. En
musiciens de la chapelle eurent à cœur de prouver leur royalisme, car le 26 septembre 1816 eut lieu le placement solennel, dans la salle où ils avaient coutume de se rassembler, du « portrait de Louis XVIII, peint à leurs frais par M. Grégorius ». A cette occasion, l'on exécuta une marche de R. Kreutzer, une prière et un Vivat composés par Plantade et Le Sueur sur des paroles de M. Viellard. (Rapports des surintendants, O' 291).
1818, il y en a onze, et c'est insuffisant, car, sur le programme manuscrit, au-dessous de la signature de Cherubini, on lit cette observation : « Le Roi étant resté plus longtemps à table que les années précédentes, le concert a été un peu trop court. Il eût fallu un morceau de plus. » Aussi, en 18 19, douze morceaux sont-ils prévus au programme, qui porte ces mots : «Symphonie au besoin S>.
Il ne faut pas confondre la musique de la chapelle royale avec la musique de la chambre, quoique l'une et l'autre soient payées sur le même chapitre du budget et que certains artistes tassent partie également de l'une et de l'autre, La musique de la chapelle, comme son nom l'indique, concourt aux cérémonies religieuses et se fait entendre dans les grandes occasions, à la fête du Roi, par exemple. La musique de la chambre pourvoit aux concerts intimes donnés aux Tuileries en présence du souverain, de sa famille et de sa cour. Beaucoup plus restreinte, elle ne comprend que dix-sept personnes, un compositeur-directeur et deux accompagnateurs ^, les morceaux chan-