‹ Épisodes d'histoire musicaleChapitre 5 sur 60 · I. Numéro du 29 avril · texte numérisé non relu

I. Numéro du 29 avril

nyme, un ami probablement, était évidemment celle de Le Sueur, car, dès son entrée à Notre- Dame, il fit exposer au chapitre, dans la réunion du 3 juillet 1786, par un de ses partisans, M. de Mondran, ses vues pour la fête de l'Assomption ^ 11 demandait « la permission d'ajouter de la symphonie à sa musique pour les quatre grandes fêtes de l'année », sauf à compenser ces frais supplémentaires par des économies sur l'emploi des instruments les autres jours. Le chapitre y consentit. Le premier essai eut lieu les 14 et 1 5 août 1786^. Encouragé par le succès, le chapitre autorisa le renouvellement de la tentative pour les fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de l'Assomption et de Noël, et, dans sa séance du 17 novembre 1786, il porta à 2.400 francs le chiffre de la subvention extraordinaire accordée au maître de chapelle, à ces deux conditions : 1° que le nombre des symphonistes

1. Archives nationales : Registre des délibérations du chapitre de Notre-Dame ll 232io. Voir le livre de l'abbé Chartier, sur l'Ancien Chapitre de Notre-Dame de Paris et sa maîtrise, i vol. in-i8. Paris, 1897, Perrin.

2. Le Journal de Paris du i3 août 1786 annonçait, pour le 14, un Te Deum à orchestre aux matines, et pour le i5, messe et vêpres de l'abbé Le Sueur. Jusque-là, dit l'auteur de la note anonyme, la musique vocale de Notre Dame n'était accompagnée que de basses et de bassons.

ne gênerait pas les cérémonies du choeur ; 2" que l'accès en serait sévèrement interdit à tout chanteur de théâtre et qu'aucun ne pourrait y être admis sous aucun prétexte. Le Sueur n'avait pas respecté cette défense ; il avait introduit « les gens de spectacle dans la première église pour y chanter pendant la célébration de nos redoutables mystères», et les personnes pieuses en avaient été chagrinées ^ Il donnait des motets et des messes à grand orchestre à Notre-Dame. La foule s'y rendait par curiosité. Aussi ces solennités musicales furent-elles surnommées «les opéras des gueux». Pour répondre aux critiques qui lui étaient adressées, Le Sueur fit paraître chez la veuve Hérissant, imprimeur du chapitre, un Essai de musique sacrée, ou musique motivée et méthodique pour la fête de Noël^. Joignant l'exemple au précepte, il avait composé pour cette tête une messe d'un genre particulier. Cette messe est devenue ce qu'on a appelé V Oratorio de Noël. La partition

1. Abbé Chartier, O. Fouque. L'abbé Tiron rapporte que l'archevêque de Paris, Mgr de Juigné, blâmait Le Sueur d'introduire dans le sanctuaire des chanteurs de TOpéra, Laïs entre autres et surtout un certain Murgeon, qui avait une voix de soprano. Il le croyait castrat, à tort du reste.

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