Jâhns en cite quelques mesures dans son catalogue
iî)2 EPISODES D HISTOIRE MUSICALE
A la période de Stuttgart se rattache celle des séjours à Mannheim, où Weber fit la connaissance de son homonyme, le savant théoricien Gottfried Weber; à Darmstadt, où il se remit à suivre les leçons de l'abbé Vogler, avec son ami Gansbacher et Meyerbeer pouf condisciples, et des excursions à Heidelberg, Bamberg, Aschaffenburg, etc. C'est à Mannheim, en 1810, qu'il écrit l'Adieu de l'artiste {Des Kiinstler's Abschied) sur des vers d'Al. de Dusch S beau-frère de Gottfried Weber^ violoncelliste amateur à qui sont dédiées les rares compositions de Weber pour violoncelle et qui, avec les deux Weber et Meyerbeer, avait fondé une «Société harmonique» dans le genre de celle que Schumann, plus tard, créera à Leipsick avec des émules et des musicographes.
A cette période appartiennent quelques-uns des plus beaux Lieder de Weber : la célèbre Sérénade, sur des vers de Baggesen (1809), qui n'a pas été réunie en recueil, Klage (Plainte), Was ^ieht ^utn deinem Zauberkreise ? — Meine Lieder, meine
I. Celui-ci avait composé des paroles qui faisaient allusion au prochain départ de Weber. Il en éprouvait de la tristesse, car il avait le pressentiment qu'il ne reverrait pas son ami, et c'est ce qui arriva.
Sdnge (1808), Die Zeit (le Temps) (1810) sur lesquels je reviendrai plus loin. A cette période aussi appartiennent quelques-uns des Volkslieder (par exemple Das R'oschen), qui devaient devenir l'un des titres de gloire de Weber par leur succès populaire et leur diffusion rapide. En même temps qu'il exprime en ces courtes pièces l'essence mélodique allemande et le Gemûth de ses compatriotes, il s'exerce aussi au pastiche de l'écriture vocale italienne, avec des can^onette, des arie de concert ou des duetti à vocalises comme il en composera une série à Munich, en 181 1 ^ Il agrémente d'une série de Volkslieder une pièce de Kotzebue : Der arme Minnesdnger, jouée à Munich le 9 juin
Parti de Munich le i^'" décembre suivant, Weber entreprend avec le célèbre clarinettiste Baërmann une tournée de concerts qui le mène à Prague, à Dresde, à Leipsick, où il se lie avec le musicographe Rochlitz, qui, outre les paroles de la cantate : Der Erste Ton (le Premier Son), lui fournira, entre autres textes poétiques, la ballade : Es
I. On en trouvera la liste dans les ouvrages cités et dans le catalogue de ma notice sur Weber (Collection des Musiciens célèbres) i br. in-8°. Laurens, 1906.
19i EPISODES D HISTOIRE MUSICALE
sturmt auf der Flur ; à Weimar, où il fit la connaissance de l'acteur Aug. WolflF, l'auteur futur de Preciosa, dont il deviendra le collaborateur. Astreint à des improvisations journalières, pendant son séjour à Gotha, chez le duc Léopold-Emile- Auguste de Saxe-Gotha, mélomane insatiable, il fit surtout de la musique instrumentale, mais, dans le temps qu'il passa ensuite à Berlin (d'avril à septembre i8i2),il composa toute une série de Lieder à une ou plusieurs voix. Parmi les premiers, le sonnet: Dm liebes,holdes susses Wesen,\Q Lebensansicht : Fret und froh, et In der Berge Riesenschatten. Les œuvres chorales de cette époque comptent au nombre des meilleures productions de l'artiste. Ce sont le Len\ erwacht, à six voix, le Turnierbankett (la Bannière du tournoi) pour deux chœurs d'hommes à quatre voix, destiné au Liedertafel de Zelter ; le Kriegseid (Serment guerrier) pour chœurs d'hommes et harmonie militaire, qui fut exécuté au mois d'août par les soldats de la brigade de Brandebourg, et d'autres Lieder à plusieurs voix : Heisse stille Liebe, pour deux ténors et basse, et le Schw'dbisches Tan^lied, à quatre voix.
Weber aimait beaucoup Berlin. Il était parvenu
non sans obstacles, à y faire représenter sa chère Sylvana, il y recevrait l'hospitalité dans la famille de Meyerbeer^ il y avait noué des amitiés littéraires et artistiques qui lui manquèrent par la suite. Aussi, lorsqu'il fut arrivé à Prague, en janvier i8i3, pour prendre, sur la demande du directeur Liebich, l'emploi de Kapellmeister à l'Opéra allemand, écrivit-il, en souvenir de cet heureux séjour, son Lied : Sind es Schmer^en, sind es Freude ?
Pendant les années passées à Prague, Weber fut extraordinairement occupé par ses fonctions de directeur de la musique et par ses amours avec la danseuse Brunetti, puis avec la chanteuse Carolina Brandt, qu'il devait épouser en 1817. Il écrit deux de ses sonates de piano, la série de Leyer und Schivert (Lyre et Glaive) et la cantate pour soli, chœurs et orchestre : Kaynpf und Sieg (181 5). Cette période comprend cependant : Unbefangenheit, Reigen et le Minnelied sur des vers de Voss, la ballade de Rochlitz : Lebenslied, Gebet um die Geliebte, Mein Verlangen, Der Jïnigling und die Sprode (le Jeune homme et la Prude).
I. L'un de ses recueils : Deutsche Lieder (op. 3o) est dédié à Mme Amélie Béer, la mère de Meyerbeer.
Au temps de son séjour à Dresde (i 819-1826), Weber écrit ses grandes œuvres dramatiques, des cantates, deux messes, ses plus célèbres pièces pour piano, un trio pour flûte, violoncelle et piano, — son meilleur essai de musique de chambre. Dans cette époque de production sans trêve, alternant avec les soins du répertoire et les besognes de kapellmeister, il se repose de ses travaux par la composition de nombreuses pièces vocales, très courtes pour la plupart (aussi en note-t-il parfois plusieurs dans une journée), il fournit à ses éditeurs des recueils de Volkslieder à une ou plusieurs voix, qui sont publiés presque aussitôt.
C'est sur des textes populaires anonymes qu'il écrit ces Lieder, mais il a recours aussi à des poètes plus notoires. De Frédéric Kind, qui lui avait tracé le livret du Freischût^, il voulait faire un collaborateur attitré, car il lui demanda les paroles de plusieurs de ses cantates de circonstance; il devait composer avec lui d'autres opéras : un Alcindor qui resta inachevé, un Cid. Quelques-uns de ces projets auraient vraisemblablement reçu leur exécution, si le poète ne s'était pas brouillé avec le musicien pour la question des droits d'auteur du Freischut^. Néanmoins, Weber mit en
musique plusieurs poésies de Kind : Das Veilchen im Thaïe (1817), qui devint célèbre en Allemagne, le Lied der Hirtin (Chant de pastoure) ; il rythma en boléro des couplets : Alman^or et Zaïde pour une pièce de Kind : Das Nachtlager in Granada (le Gîte à Grenade), introduisit dans une autre pièce du même auteur une ballade : Das Licht im Thaïe, improvisa d'une plume légère cette charmante petite bluette : Bach, Echo und Kuss pour l'idylle de Kind : Der Abendam Waldbrunnen (1818).
C'est généralement pendant ses villégiatures d'été à Hosterwitz, près Pillnitz sur l'Elbe, quand le théâtre lui laisse des vacances, qu'il travaille le mieux. C'est devant son jardin qu'il écrit : Rosen im Haare (Des roses dans les cheveux), A èen^/segen (Bénédiction du soir), Trost (Consolation), un noël : Sehnsucht, La Jeune Fille au perceneige, un chef-d'œuvre. Sur les vers d'un poète oublié aujourd'hui, qui fut recteur de gymnase à Breslau, Kannegiesser. il compose plusieurs L/eder à quatre voix d'hommes : Gute Nacht, Freiheitslied, Ermunterung (Réveil) qui, avec le Schlummerlied (paroles de Castelli)S figureront