‹ Épisodes de l'histoire de la contre-révolutionChapitre 16 sur 60 · UN « FRUIT SEC » DE L EPEE · texte numérisé non relu

UN « FRUIT SEC » DE L EPEE

même se sentir condamné, jusqu'à Theurc dernière de la retraite, à porter la culotte chamois et le chapeau en bataille du gendarme!... Rencontrer par les salons ou dans la caserne des êtres, jadis vos subalternes, aujourd'hui vos supérieurs, — et être contraint de leur sourire en les appelant « mon général ! » Oui, douleur sans égale, paraît-il, entre toutes les douleurs humaines... Donc, Cavalier briguait, pétitionnait, sollicitait, suppliait. Les ministres de la Guerre Pavaient pris à la fin en pitié. Le prince de Neufchâtel, ci-devant citoyen Berthier, un ami d'Egypte; le duc de Feltre, cidevant citoyen Clarke, un ami d'Italie, avaient soumis à l'Empereur et Roi de timides propositions d'avancement. Mais, à chaque tentative, l'Empereur et Roi de dire : « Cavalier? je le connais!... un bien brave homme... Pourquoi a-t-il été malheureux ? »

Il n'aimait pas les gens m.alheureux.

Lors, Cavalier s'était résigné. Il s'était marié, marié à la « Beauté », cause peut-être de tant

gS LIVRE DEUXIÈME

d'infortune, et sa famille croissait, absorbant sa pensée, gênant ses mouvements. Aujourd'hui, adieu le beau zèle d'autrefois ; plus rien qu'une simple régularité méthodique. On s'en plaignait aux bureaux de la Guerre; on y tenait le colonel pour un gendarme sans conviction. En 1809, les bandes de réfractaires du Bas-Maine n'avaient pas été exterminées par lui d'une façon satisfaisante. En 181 2, lors de la disette normande, Cavalier, en entendant le grand cri de la faim, s'était senti pâlir, et il n'avait pas sabré en conscience. Aussi, maintenant, les notes de son dossier contenaient d'inquiétantes mentions : honnête homme, mais mou et sans énergie.

Le 12 janvier 181 3, Jacques Cavalier recevait l'ordre de se transporter à Sillé et d'y réprimer « à outrance » le brigandage.

Le 19, le colonel faisait son entrée dans la nlle.

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