UN COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE LA POLICE IMPÉRIALE
Le commissaire général Rolland de Bussy était un personnage peu connu du vulgaire, mais ayant presque de la renommée parmi les familiers de la Police : on le disait la créature choyée du duc de Rovigo.
Sa fortune était de date récente. Longtemps Fouché l'avait laissé croupir dans les bas-fonds de ses bureaux, réservant, sans doute, la gratification et Tavancement à d'anciens copains en Jésus-Christ, des défroqués comme lui, aujourd'hui ses frères en Notre-Dame la Police. Aussi, n'ayant jamais été majoré, minoré, même tonsuré, Rolland de Bussy demeura longtemps petit gratte-papier subalterne. En
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ces jours-là, humble de cœur, il ne s'appelait encore que Rolland tout court.
Mais dès son arrivée au ministère, Savary tirait de l'ombre cet obscur commis pour le produire en pleine lumière. Peut-être l'ancien colonel des gendarmes d'élite, l'exécuteur des haines consulaires, l'homme du fossé de Vincennes, avait-il connu ce Rolland et eu l'occasion de l'apprécier ?...
En 1810, nous trouvons Rolland un des quatre « directeurs chefs des bureaux de MM. les conseillers d'État et maîtres des requêtes chargés des arrondissements de la police générale de l'Empire )'. Sous les ordres du comte Real, un de ceux qu'avait éclaboussés le sang du duc d'Enghien, il expérimente ses facultés policières et se fait la main sur 38 départements de la vieille France et 1 3 de la France nouvelle... En si délicate fonction, Rolland avait donné des gages d'une incontestable habileté. Il avait prouvé qu'il connaissait et les choses et les hommes, — bien que, par métier,