LE COMMISSAIRE ROLLAND DE HLSSY I
treize années du gouvernement de Napoléon le Grand, on pût encore découvrir en France des partisans des ci-devant rois?... Évidemment, non. Autant eût valu dire qu'aux jours fortunés de Trajan, le peuple de Rome gardait souvenance des vieux Tarquins!... »
Le général Henry hochait la tête; rriême, il crut devoir émettre d'irréfutables objections :
— Quoi! ce ne sont pas des Chouans, les bandits qui depuis un mois m'ont abattu tant de gendarmes ?
— Non.
— Les brigands qui m'ont assassiné le lieutenant Lacroix ?
— Non.
— Les mandrins qui portent du ruban blanc à leurs chapeaux et des cœurs de drap rouge sur leurs vestes?
— Non... Mon cher baron, reprit alors le commissaire, familier et souriant, avez- vous étudié la théologie? »
I 7o LIVRE TROISIEME
Ce fut au tour du « cher baron » de répondre : Non.
— La symbolique chrétienne?
" — Non.
— Les prophètes, les Pères et les Mystiques ?
— Non!... non!...
— Alors vous ne connaissez pas ce texte de Salomon : « Tu es belle et tu es blanche, ma grande amie; ma colombe, il n'est pas de tache en toi. » Non, sans doute?... Et cet autre de Marie Alacoque : « Le voilà, ce cœur qui a tant aimé les hommes... « Non, encore?... Tant pis!... Salomon et Marie Alacoque vous auraient donné le sens précis des rubans blancs et des cœurs écarlates. . . Vos prétendus Chouans ne sont que des sectaires : Sans-Façon doit être le pape de la Petite-Église.
— La Petite- Église!...
Quelle était donc cette Petite-Église dont le commissaire Rolland, cet homme si docte en théologie, venait de révéler l'existence ?