A LA RECHERCHE DE SANS -FAÇON
Convertir! Opération aisée, se disait le missionnaire. Toute conversion est une violence faite par la grâce; avec le vieil homme on saurait bien pétrir un homme nouveau. Le sang allait couler, peut-être, hélas! Mais à qui la faute ?
Oui, à qui la faute, si dans un des diocèses de la Grande Nation, sous l'œil de Tévêque, une séquelle d'imbéciles avait sa boîte à Perrette et sentait sa vache à Colas ?... Au ministre des Cultes ou bien au ministre de la Police?
A qui la faute, encore, si toute une armée de gendarmes se trémoussait depuis six semaines, sans réussir à mettre les menottes à un seul de ces mange-bon-Dieu ?... Au ministre de la
Guerre ou bien au ministre de la Police ?. . . Ah ! ah ! ces messieurs des Cultes et ces messieurs de la Guerre montraient tant d'impuissance !... Eh bien, on allait voir à l'œuvre un fonctionnaire delà Police générale. L'Empereur et Roi jugerait.
« Il jugera! » pensa sans doute le baron Henry, qui se mit à envoyer dépêche sur dépêche, réclamant avec instance son infanterie et sa cavalerie : le générai venait de concevoir un plan énorme.
Quant au commissaire Rolland, il se contentait de composer des affiches, — de fort belles affiches, vraiment, imprimées sur papier blanc, timbrées d'un aigle brandissant la foudre, et rédigées en une prose persuasive :
5oo francs de récompense à qui fournirait des renseignements sur les sectaires de la Petite-Église;
■2,000 francs à qui livrerait un de leurs chefs.
Dans les derniers jours du mois de février.