‹ Épisodes de l'histoire de la contre-révolutionChapitre 44 sur 60 · EN ADORATION DEVANT SON DIEU · texte numérisé non relu

EN ADORATION DEVANT SON DIEU

La nuit était sombre, une nuit de mars aux grands nuages pesant sur le sol, lourds de pluie.. .

La petite troupe, gendarmes et soldats, sortit de Sillé et s'engagea rapidement sur la route de Parennes. En avant, marchait un voltigeur de haute taille ; les deux officiers emboîtaient le pas derrière lui

« Parbleu ! dit le sous-lieutenant, — un blancbec sorti de Saint-Gyr, — depuis dix jours à peine que le i3i^ est cantonné dans ce pays, |ue d'enjambées! »

Le capitaine des gendarmes, Philipon, regarda en Pair et répondit :

« Aujourd'hui, 9 mars, nuit sans lune : ma foi, tant mieux! »

Cet échange de pensées fut suivi d'un long silence. Gendarmes à brisques et poussecailloux de la ligne, tous ils jouaient ferme de la jambe : on allait, on allait.

En traversant Parennes, le sous-lieutenant blanc-bec loucha vers le presbytère et dit encore :

« Pourquoi donc a-t-on arrêté le curé du village ? »

Cette fois, le capitaine Philipon n'eut pas même de repartie : c'était un gendarme bien discret...

Le grand voltigeur d'avant-garde pressait le pas, et, derrière lui, chacun trottait de son mieux. . .

Pour la troisième fois, le sous-lieutenant blanc-bec éleva la voix, mais en manière de soliloque :

«■Que diable! on aurait dû costumer en grenadier cette façon-là de tambour-major!... »

Au bas du coteau de la Charnie, le voltigeur s'arrêta net.

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