EN ADORATION DEVANT SON DIEU 2D
Soudain, la lumière s'éteignit. « Eventés! » murmura Philipon, et il se lança contre la porte.
Brusquement, une des fenêtres s'ouvrit, les volets furent rejetés en arrière : trois hommes sautèrent dans le pré.
« Feu !... »
Ils tombèrent tous trois. . . deux se relevèrent, et, d'un bond, s'abîmèrent dans la haie.
Le capitaine courut au troisième, tandis que les soldats sondaient et piquaient les buissons de leurs baïonnettes.
— « Ce n'est pas lui », dit le voltigeur!
O surprise! de l'intérieur de la maison, filtrait de nouveau une lueur tremblotante... Dix mains jettent bas la porte — et voici ce qu'on aperçut :
Une vaste salle décorée comme une chapelle; sur la terre piétinée, des bancs rangés en ligne; et là-bas, à l'extrémité, une large pierre : un autel. Sur l'autel se dressait un crucifix, et à la lueur fumeuse d'une petite lampe,
scintillait un ciboire d'argent. Un homme se tenait debout, le dos tourné à l'autel, — un homme jeune encore, au visage entièrement rasé, aux longs cheveux rejetés en arrière, — le personnage tant de fois signalé. Silencieux, il regardait fixement ceux qui venaient d'entrer.
— « Rends-toi, Sans-Façon! » cria le capitaine.
L'homme ne répondit pas...
Alors, comme il restait impassible, la tête droite et les bras en croix, Philipon se jeta sur lui:
— « C'est toi, Guittet? »
Et Guittet répondit simplement ;
— « C'est moi! »