UN CANTON DE L EMPIRE FRANÇAIS OJ
maine et la plaine et la montagne; mais la patrie tenait tout entière dans leur lande. De jour et de nuit, une fourche à la main, ils riblaient par la campagne et frappaient impudemment aux portes des fermes isolées : toujours la terreur leur faisait grassement l'aumône. L'audace de tels bandits indignait fort les préfets impériaux, mais cette colère administrative ne sévissait que par de belles phrases : '< Ils se sont mis en dehors de la civilisation,... et pourtant ils ont des enfants. » Oui, certes, et ils multipliaient, ils pullulaient tout à leur aise. En 1812, on comptait jusqu'à 10,000 de ces loges.
Tel était, aux jours de « l'Empereur », le paysan du Bas-Maine, tout pareil à son père, le contemporain du « Roi » : la bête à face humaine. La Révolution avait passé sur lui, détruisant, mais en vain, les deux tyrans de son rorps et de son âme : le noble et le prêtre. Elle lui en avait laissé un plus implacable encore : la grande misère née de la grande ignorance.