LE DAUOX DE COMEAU
rades du régiment de la Fère et du régiment de Grenoble, Lariboisière, Gassendi, Songis, et tant d'autres, sortaient, eux aussi, de la vieille école, et Comeau, entraîné par sa verve de conteur, se trompe en disant qu'il a fait des équations avec Napoléon, puisqu'il n'a été avec lui ni à Brienne ni à Paris.
La connaissance est renouée, et dès lors Comeau sera le conseiller de l'Empereur, il passera même pour son favori, et les Bavarois jaloux le nommeront le coco de Napoléon : « 11 était avec moi de la plus parfaite politesse, recevant mes services, mes avis, mes idées avec attention, douceur, approbation ou objection s'il y avait lieu. Je parlais, j'étais écouté par lui comme si nous avions toujours été deux officiers d'artillerie de la même promotion. Il avait de moi un besoin moral et il craignait que je ne m'en aperçusse. 11 voulait être avec moi officier d'artillerie sans faire ombrage aux chefs des trois corps : artillerie, géographie et génie, et surtout sans détruire le prestige d'aucun de ces généraux divisionnaires ! »
Dans la campagne de 1805, le capitaine Comeau ne se signale pas encore. A Austerlitz, il n'a fait (|uc porter un ordre, l'ordre donné à Kellermann
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de « charger un carré russe de la droite ». Mais en 1806, il prévoit la guerre contre la Prusse, il prédit que la Prusse sera écrasée, et, s'il ne gagne pas la bataille d'Iéna, c'est lui qui reçoit la mission « d'observer l'Autriche en Bohême ». Comeau était un jour dans le groupe de l'état-major impérial : par trois fois Napoléon le regarde sans cjue Comeau baisse les yeux; il l'appelle : « Votre armée est là, n'est-ce pas ? Vos deux généraux Wrède et Deroy ? Je suis content de vous. Vous avez eu une bonne idée de masquer et d'échelonner vos réserves en regard sur la Bohème. Quarante mille hommes, n'est-ce pas ? Allez-y, et si ces bougres-là bougent, tombez-leur dessus. Vous savez comme je fais : tète baissée, sur un seul point, et marche rapide en avant. Vous n'êtes pas général, mais j'ai vos généraux avec moi; vous ne serez pas contrarié. Allez. »
Et Comeau va: il remarque que rien ne remue du côté de l'Autriche, qu'il n'y a que des commandants de poste et un chef subalterne de cordon, pas d'armée, pas de corps détachés. Il revient et revoit l'Empereur à Berlin. Sitôt qu'il aperçoit Comeau, Napoléon le fait approcher : « Je sais, lui dit-il, qu'il y a dans le pays de Bayreuth une forteresse qui passe pour imprenable. C'est trop près de l'Autriche ; s'ils y mettaient du monde, cela me déplairait fort. Elle coupe les communications entre la Bavière et la Saxe. Je