‹ Episodes et portraits: Deuxième sérieChapitre 3 sur 32 · MALLET ET MOLLET · texte numérisé non relu

MALLET ET MOLLET

ou LE PISTON EN 1793

Une ardente et inutile campagne s'engage en ce moment contre le favoritisme, contre le piston, et, vraiment, il n'a jamais tant sévi. Un de nos amis a relevé naguère dans le dossier d'un aspirant cantonnier trente lettres de recommandation, et ledit aspirant était l'un des moins appuyés ! Mais le piston est de toutes les époques, et de temps immémorial les hommes ont cherché à se faire valoir par leurs relations. Personne, ou presque, sous l'ancien régime et sous la Révolution, qui ne soit recommandé aux ministres. Oyez ce curieux et amusant exemple.

Dans l'été de 1793, Marc-Antoine Prieur, de Chàlons, d'abord quartier-maître de la 34" division de gendarmerie, puis quartier-maître trésorier dans un bataillon de la première réquisition, le 2'' bataillon de Saint-Omer, vint solliciter il Paris une place d'adjoint aux commissaires des guerres.

Il aurait pu faire apostiller sa demande par J^rieur de la Marne, son parent, que les bureaux

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