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MALLET ET MOLLET

de la guerre proclamaient « un représentant du peuple connu par son patriotisme » ; mais Prieur de la Marne n'était pas à Paris, et ce fut un autre conventionnel, un député du Nord, Charles-Philippe ^lallet, qui attesta le civisme et les talents de Marc-Antoine Prieur.

La place fut donnée, non à Marc-Antoine Prieur, mais à Tibulle Prieur (1), fils du commissaire-ordonnateur de l'armée du llhin. Les bureaux avaient lu Mollet au lieu de Mallet. Or, Mollet 1^2 , député de l'Ain, avait voté l'appel au peuple et, comme on disait, « mal voté dans l'affaire du ci-devant roi. » De là, l'insuccès de Marc-Antoine Prieur.

Il découvrit l'erreur, et il protesta très vivement, ainsi que Mallet, son patron.

^Mallet, en effet, n'avait pas voté au mois de janvier 1793 la mort de Capet. Mais il n'appartenait pas encore à l'assemblée ; il était alors en Belgique à la tète du 7® bataillon du Nord ou 2" bataillon de Cambrai, et ce fut justement comme chef de ce bataillon qu'il connut durant la retraite de Hollande Marc-Antoine Prieur et

(1) Voir sur ce Tibulle Prieur notre Charles de liesse, p. 158.

(2) Jeon-Luc-Anlhelmc Mollet, homme de loi, élu, lo cinquième sur six, à la Convention par le déparlement de lAin, donna sa démission le 16 août 1793, comme atteint dune fistule hémorroïdalc, et fut remplacé par Antoine Ferrand, premier suppléant et juge au tribunal d'Ambérieux.

Chuquet. Episodes et Portraits. 3.

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le jugea fort intelligent, actif et « bon (l(''tailleur «. Mallet ajoutait qu'il n'était entre à la Convention que le 20 mai, en qualité de premier suppléant, pour remplacer Fockedey démissionnaire (l, qu'il avait siégé sur les bancs de la Montagne, qu'il n'avait jamais varié dans ses principes, qu'en Belgique même devant ses soldats il « votait pour la mort du traître », et il concluait fièrement : « Le moindre soupçon serait pour moi le plus grand outrage ; je défie qu'on puisse me prouver le plus léger mouvement d'incivisme depuis le commencement de la Révolution » !

Le ministre dut reconnaître que Mallet avait raison. Il lui fit écrire que la similitude de son nom avec celui de Mollet avait causé une mépi'ise, que les bureaux lui avaient attribué à tort les opinions de Mollet.

Restait à « rectifier le malentendu ». Tibulle Prieur conserva sa place et Marc-Antoine Prieur fut, comme son homonyme, et à la même date, le 25 août 1703, nommé adjoint aux commissaires des guerres.

(1) Charles-Philippe Mallet remplaça Fockedey le 5 avril 1703 ; il ne rep.-irnit pn?; dans les deux Conseils de l'an IV à l'an VII.

ANTOINE TORTAT

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