‹ Episodes et portraits: Deuxième sérieChapitre 7 sur 32 · LE JOURNAL DU CAPITAINE FRANÇOIS · texte numérisé non relu

LE JOURNAL DU CAPITAINE FRANÇOIS

Le Journal du capitaine François (1) compte deux tomes. Mais il suffit de parcourir le premier volume et de lire attentivement les deux ccnls premières pages de ce premier tome pour se convaincre que le Journal du « Dromadaire d'Egypte » est absolument négligeable, absolument indigne d'être consulté.

Faut-il citer d'innombrables et incroyables méprises dans la transcription des noms propres : C/arembeaii pour Rochambcau; Préville pour Fvcgeville ; Dumas pour Damas; Aiivran, Diichesne et Laiiqiie pour 0' INIoran, Duliem et Larcqucs ; la Marche pour la INIarcq ; Bour pour Bossu ; Dolhain pour Thulin ; Pacougnc pour Vicogne : Bolinnes pour Dourlers ; Baden pour Boussu ; Salvin pour Salme ; Werucli pour Werneck; Savotird pour Saorgio, etc., etc., etc. ?

Faut-il remarquer que le général Guiscard est

(1) Journal du capilaine François {dit le dromadaire d'Egypte) 1792-1830, publié d'après le manuscrit original. Paris, Carringlon, 1903 et 190t.

qualifié de capitaine, et inversement que le capitaine Dejean est qualifié de général ? Faut-il rectifier une quantité d'erreurs? François nous dit que Pichegru succéda à Houchard : ce fut Jourclan. 11 nous dit que le représentant Duquesnoy se trouvait dans Maubeuge assiège ; c'étaient Drouet et Bar, Au lieu de nous dire cjue Kilmaine marcha sur Arras, il nous dit que Kellermann marcha sur Dunkerque !! (1)

Parfois il s'attribue un rôle qu'il n'a pas joué.

11 assure Cju'il était à la bataille de Wattignies ; or, ce jour-là, il s'exerçait à Cambrai, avec son bataillon, au maniement des armes.

11 assure que son bataillon a perdu du monde à Fleurus : or, son bataillon n'était pas à Fleurus !

Il assure cjue la division Valence dont il faisait partie, assistait à la bataille de Jemappes. Or, ni la division Valence, ni le bataillon de François, ni lui-même, François, n'étaient à Jemappes. Et pourtant, à entendre François, il fut « au milieu du massacre » ; il passa par dessus les morts et les blessés » ; il prit de sa main « de grands diables de Hongrois » ; il se battit « à la baïonnette

(1) Mon nom, oui, mon nom, à moi, est dans ce Journal, el je lis, à ma grande et inexplicable slupéfaclion, à la p. IGS le nom d'un général Cbuquet. (« Des horreurs se sont passées dans le Midi du temps des généraux Willol et Chuqucl qui soulenaienl ces partis royalistes»)- Mvslère !

Page 1